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projets de société

  • Le contrat de travail mixte productif/social comme fondement d'un état providence participatif ou de mutualisation du travail social.

    Voilà concrètement ce que je souhaite :
    Je souhaite pouvoir travailler ½ à 1 journée par semaine (durée à ajuster à l’issue d’un débat) dans le domaine de la dépendance (personnes âgées, handicapés, enfants) ou dans le domaine socio-culturel (associations diverses, accompagnement des toxicomanes, parrainnage de délinquants, aide à la réinsertion de prisonniers...) alors que mon contrat de travail de référence est passé avec une entreprise productive (y compris administration, ou que je sois au chômage). Je souhaite que ce temps soit pris sur mon temps de travail productif et qu’il soit reconnu par une rémunération (monnaie complémentaire (fondante) dédiée?  Chèque Universel Emploi Service*?) ou une indemnité. Je souhaite enfin pouvoir bénéficier de temps de formation pris en charge par la collectivité (l'état providence investisseur dans le domaine social. Le paiement de ce travail en monnaie complémentaire peut se concevoir) pour assurer correctement ce second travail. C'est le souhait que chacun puisse pratiquer un travail productif (privé ou public) et un travail social (privé ou public) comme norme. Symétriquement, tout ce qui est en notre pouvoir doit être fait pour aménager une place à chacun, pour que chacun puisse contribuer à la marche de la société. Par exemple, développer l'incitation à embaucher des handicapés, des anciens prisonniers, des étrangers et tous ceux qui sont exclus du domaine productif parce que décrêtés inemployables.

    Dans l'état providence participatif, l'individu ordinaire distribue son temps entre 3 domaines principaux, un domaine affectif, un domaine productif et un domaine social J'ai tenté de définir les dominantes de ces trois domaines en termes d'entités et de caractéristiques. Aujourd'hui, les domaines affectifs (stabilisé par les fonctions de reproduction et d'élevage des enfants) et productifs (stabilisé par son efficacité à produire biens et services standardisables, sans doute à réorienter urgemment afin de vraiment devenir durable, de se désintoxiquer du mythe de la croissance quantitative -cf par exemple le livre de Jean Gadrey 2010 "Adieu à la croissance" et enfin d'adopter une organisation un peu plus démocratique, par exemple qu'il adopte les principes d'organisation sociocrates) sont bien développés, mais le domaine social n'a pas encore trouvé sa place (Ainsi que le fait remarquer Roger Sue par exemple) ni tous les outils adéquats (il y a tout de même le statut associatif loi 1901 et les SCIC, société coopérative d'intérêt collectif) dans une société de l'individu (c'est le coeur de l'état providence Participatif). Dans chaque domaine, les principes de division de l'activité peuvent s'appliquer (appelée division du travail pour le domaine productif), mais le domaine social n'est plus compris ni comme relevant exclusivement de l'état (Etat providence actuel), ni comme un sous-domaine de l'activité productive (c'est la tendance en cours), ni comme un sous-domaine de l'activité affective** (c'était la réalité d'hier).

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    Il est aussi possibe de décliner l'organisation de ce travail social autrement qu'hebdomadairement. Une gestion quotidienne peut être mieux adaptée. On peut aussi imaginer grouper ces 10 à 20% de temps actif social mensuellement, annuellement, voire une année sur dix.

    Le choix serait donné à chacun soit de participer directement au travail social, soit de cotiser comme nous le faisons aujourd'hui (combinaison participation directe-cotisation ajustable pour ne pas s'enfermer dans une logique binaire). L'idée est qu'il devienne plus intéressant de prendre part au travail social. Les moins favorisés du domaine productif seraient relativement avantagés à une participation au domaine social, à la fois sur le plan des ressources et sur le plan du statut. C'est tant mieux si on se place du côté du besoin de main d'oeuvre social et si on se place du côté de l'équité. Un décalage massif de mentalité est recherché et attendu, pour un peu moins de tyrannie des biens et un peu plus d'humanité. Comme je le propose par ailleurs, dans le cas où les prélèvements obligatoires se déplaceraient  du travail productif vers un prélèvement indirect sur la consommation et sur un prélèvement direct sur le revenu, c'est sur ce prélèvement direct que la cotisation sociale serait appliquée pour ceux qui choisissent de ne pas participer directement au travail du domaine social. Selon la nouvelle terminologie du parti socialiste (mai 2010), la proposition qui est développée ici s'inscrit dans le cadre d'une société de "soin mutuel".

    La principale résistance à ce changement d'organisation viendrait très probablement de tous ceux qui sont aujourd'hui engagés professionnellement dans un travail social. Il faudrait leur réserver un rôle très important de formation et d'encadrement de toute cette nouvelle main d'oeuvre peu formée au travail social. Des structures mixtes professionnels/volontaires me semblent pouvoir répondre au problème en douceur. Les structures d'accueil de ce travail pourraient prendre la forme de coopératives municipales sociales ou structures privées, SCIC...

    En y regardant d'un peu plus près, une telle proposition serait à même de réduire sensiblement le chômage. Les "actifs" dépenseraient un peu de leur temps dans le domaine social, ce qui créerait une aspiration des chômeurs dans le domaine productif, sans créer de catégorisation du type "les bons dans le domaine productif/les moins bons dans le domaine social". Un autre but recherché est de découpler l'activité sociale des turbulences de la globalisation, afin que la façon dont on s'occupe de grand mère soit le moins possible connectée au CAC 40. Il serait même souhaitable de favoriser encore plus l'emploi de personnes handicapées dans l'entreprise, c'est tout à fait cohérent avec l'idée directrice de faire une place à chacun.

    Les trois pôles de la production de richesses que je propose sont liés mais ils ont aussi leur propre autonomie. Dans un premier temps, j'ai pris acte de la forte domination productive sur l'activité, mais le pôle social serait amené à exprimer de plus en plus sa propre dynamique en tant qu'outil de distribution d'accès à l'activité, en tant que support de l'existence sociale. Au fond ce qui m'importe, c'est que les règles sociales  en cours permettent au plus grand nombre, et pourquoi pas à tous, de trouver une place. Si le progrès me semble encore avoir du jus, le productivisme me semble devoir réduire les gaz, sa légitimité perd du terrain tous les jours au gré de la consommation de la planète et des personnes.

    *Le chèque emploi service universel (CESU) devrait fortement aider au développement de l'activité "de service à la personne". Il ne s'inscrit pourtant pas dans une démarche d'état providence participatif mais oriente cette activité de façon productiviste fortement subventionnée. En définitive il "nous" maintient dans notre culture de client vis à vis du domaine social et reste donc dans le cadre d'un état providence du client-roi. Ensuite, le succès du CESU serait aussi sa perte par manque de solvabilité s'il venait à se généraliser. D'autre part il n'évitera pas la confusion des genres activité productive/activité sociale, ni une catégorisation des actifs (tout à fait comme elle existe entre actifs du privé et actifs fonctionnaires à cause des fortes différences de statuts). Enfin, le nouvel Eldorado de l'emploi que devait être celui du service à la personne se révèle être un générateur de travailleurs pauvres très inégalitaire (voir "La France des travailleurs pauvres" de Denis Clerc-2008). L'observatoire des inégalités montre que ce système profite aux plus aisés.

    **Ces trois domaines font partie d'un seul dans le schéma de trifonctionnalité du monde Indo-Européen proposé par Georges Dumézil, le domaine de la fécondité et des nourritures. Les 3 domaines de Dumézil sont: 1)un ordre -appuyé ou non sur une mystique; 2)La force guerrière capable de défendre le 1) et 3)la fécondité et les nourritures, les biens. Toutefois, ce domaine de production des richesses présuppose un équilibre entre affectivité, productivité et socialité et non pas une hégémonie du seul pôle productif. Il suppose un équilibre entre le je et le nous, une équité au-dessus des autres valeurs.

    MAJ du 16/09/2013 La suppression de l'ANSP démontre que l'activité du domaine social nécessite un étayage institutionnel qui n'est pas celui du domaine productif.

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  • PIB et PIBED

    durable.pngL'économie durable est la conjonction de trois aspects de l'activité, un aspect économique, un aspect écologique et un aspect social. 

    Le PIB est souvent critiqué parcequ'il agrège des activités qui ne nous enrichissent pas, comme les déraillements de trains. Il serait sans doute plus efficace de mesurer la richesse d'un pays et son évolution sur la base de données comparables au capital propre et au résultat d'exploitation employées pour les entreprises. Toutefois, il est possible de contourner les inconvénients du PIB en le pondérant par des critères écologiques et sociétaux.  Sur ce site, et dans ce document de Jean Gadrey 2006, des présentations très pédagogiques de la question du PIB, des nouveaux indicateurs et des enjeux de la mesure des richesses. Ci-dessous, une tentative de mesure généraliste de la richesse que j'ai appelée le PIBED (PIB équitable et durable) qui serait le PIB divisé par un coefficient d'empreinte sans dimension Ce (Empreinte par habitant divisée par la biocapacité pour 8.5 milliards d'habitants, soit environ 1.33ha/personne) et divisé par un coefficient d'inégalité Ci aussi sans dimension (GINI de revenus disponibles/GINI optimum soit environ 0.22). Il est probable que l'indice GINI d'équité sociale optimum soit réalisé par les pays nordiques, il se situe vers 0.22 (l'indice GINI est compris entre 0 et 1. La valeur 1 correspond au cas ou toutes les richesses d'un pays sont concentrées dans les mains d'une personne; 0 correspond au cas d'une égalité parfaite).  

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       On obtiendrait un PIBED=PIB dans le cas d'un indice d'empreinte écologique de 1, c'est à dire sans dépassement de la biocapacité de la terre, couplé à des revenus disponibles pas plus dispersés que ceux des pays nordiques. Un PIBED supérieur au PIB indique qu'il reste des marges de biocapacité (ou théoriquement que l'indice d'inégalité GINI des revenus disponibles est inférieur à 0.22, ce qui n'existe nulle part). Un PIBED inférieur au PIB indique qu'on surexploite les ressources (et/ou dans une moindre mesure que l'indice d'inégalité est élevé), donc en général qu'on contracte une dette écologique (c'est le cas, et très largement, de tous les pays dits développés ou en développement).

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     La mesure n'est pas tout, mais un indicateur de mesure comme le PIBED pourrait valoriser les efforts écologiques et sociétaux et redonner sens à la notion de progrès. Jean GADREY expose avec sa compétence dans le domaine les intérêts que peuvent avoir le PIBED. Il ne faut toutefois pas perdre de vue que la tendance actuelle du monde développé est sous-traiter sa pollution aux pays émergents et qu'un indice comme le PIBED pourrait même favoriser cette tendance. La façon de comptabiliser les échanges dans le PIBED est donc très importante.

    Le gros avantage que je vois à utiliser un PIBED plutôt qu'un indice, c'est qu'il est facilement et directement compréhensible par les acteurs économiques. D'autre part, il ne dicte pas comment faire, à chaque population d'imaginer la façon de s'y prendre pour être à la fois compatible avec les ressources disponibles et que les richesses créées soient réparties assez équitablement pour que les personnes adhèrent à ce projet social. Globalement, le développement n'a pas, jusqu'ici, été contraint sur le plan énergétique et sur le plan matériaux, ce qui fait qu'on a actuellement une très forte corrélation PIB et empreinte écologique. Toute la question est de savoir si nous sommes capables d'une révolution culturelle et d'une révolution technologique qui nous permettraient de faire converger PIB et PIBED. Les évolutions du marché vont nous y aider. En effet, le prix de l'énergie, en particulier du pétrole (et très bientôt du nucléaire étant donné les faibles réserves en Uranium, donc inutile de rêver voir le nucléaire remplacer le pétrole; les énergies renouvelables de la mer nous donnent une seconde chance, saurons-nous la saisir?), ainsi que le prix des matières vont nous orienter vers plus de frugalité, ce qui ne signifie pas que nous allons retourner à l'âge de pierre. Le mode de vie des américains et le nôtre sont négociables.

    Des membres du FMI ont même publié (juin 2015) un rapport pointant l'effet négatif des inégalités sur le développement économique.

  • Groupe de discussion Etat Providence Participatif

    L'Etat Providence Participatif ouvre une boucle de discussion. Venez nous aider à le construire.

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    Etat Providence Participatif
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    L'état providence redistributif éprouve des difficultés économiques, pratiques et symboliques à assurer la réalisation de notre pacte social égalitariste. C'est que le transfert de richesses assuré au moyen de l'impôt se révèle insuffisant ou inadapté. La richesse réside en premier dans les connaissances et dans les relations. Le projet de l'état providence participatif est de mobiliser le stock de temps considérable dont notre société dispose afin de prendre soin des plus dépendants (service à la personne), de développer le soutien et l'encadrement à la lutte contre l'addiction, de soutenir la formation, en particulier des plus jeunes et, d'une façon générale, procurer une vraie reconnaissance au travail associatif bénévole. Il fonde le projet d'établir la pratique de deux métiers comme norme, un métier productif (privé ou public) soutenu par une économie de marché capitaliste et un métier social (privé ou public) soutenu par une économie de marché fluide ou distributif disposant d'une monnaie fondante. Il s'agit d'un projet d'essence socio-démocrate donnant toute sa place à l'acteur, aussi bien sur le plan économique que sur le plan social.

    Le but de ce groupe de discussion est de confronter et d'enrichir ce projet, en particulier sur le plan économique, sur le plan juridique et par une confrontation avec des situations très concrètes. 

     

    "La société industrielle liait un mode de production et un mode de protection. Elle scellait ainsi l'unité de la question économique et de la question sociale. La société post-industrielle, elle, consacre leur séparation et marque l'aube d'une ère nouvelle." Daniel COHEN, économiste.

  • Des indices de développement en croissance mais pas le culte PIBien de l'obésité.

    Le PIB (et ses petits) rythme l'activité et la confiance. Que cet indice chute et la confiance baisse et le moral se met en berne. Qu'il augmente et tout va mieux. Le problème bien connu de cet indice c'est qu'il intègre tout, y compris les déraillements de trains. Tout le monde sait que cet indice est en train de nous rendre complètement schyzophrènes, solidaires et écologistes 5 mn et PIBistes le reste du temps.

     

    Les adeptes de la décroissance oublient un élément majeur, c'est que la décroissance est désespérante et qu'elle n'est psychologiquement pas supportable pour les occidentaux. Que faire? Ce que Sarkozy vient de proposer à deux prix Nobel d'économie, Amartya SEN et Joseph STIGLITZ, c'est à dire de créer un nouvel indice (ou imposer un ou plusieurs de ceux déjà créés  IDH, IPH, IPF, ISS, cf collectif FAIR, voir la commission des deux Nobel ). Voir article de Jean Gadrey et Forence Jany-Catrice par exemple . En fait, le terme de décroissance est malheureux, parce que les adeptes de la décroissance visent bien, pour la plupart, à poursuivre le développement. C'est à dire qu'ils ne sont pas en rupture avec l'idée de progrès, mais plutôt avec la conception quantitative de croissance que le PIB lui confère aujourd'hui. Il conviendrait donc de bien différencier les thèses de décroissance qui proposent une rupture avec le mythe du progrès  de celles qui proposent un développement vraiment durable et qui ne sont pas en rupture avec le progrès. Encore que ce développement durable n'est bien souvent qu'un cache sexe pour faire survivre la croissance (lire Serge Latouche qui n'est pas en rupure avec l'idée  progrès mais qui est un fin analyste des divers travestissements du développement quantitatif).

     

    Pour fonctionner, ce nouvel indice (sans doute faudrait-il plutôt s'appuyer sur un ensemble d'indices, parce que la société est complexe et qu'on n'imagine pas estimer son état de santé par exemple sur le seul critère de la température) devra respecter les principes d'une économie durable et en même temps pouvoir croître pour fonder la confiance sans laquelle il n'est pas d'économie...durable. D'autre part, l'actualité nous démontre qu'il existe une tendance des gouvernements à manipuler les indices (chômage, coût de la vie). J'ajouterais que la société civile ne peut se mobiliser que pour des indicateurs assez transparents et assez significatifs (calculez votre empreinte écologique). Le fait que le PIB ne colle plus avec le progrès explique en partie la désaffection populaire pour cet indice. L'indice d'évolution du coût de la vie est en train d'être déconsidéré parce qu'il ne colle plus avec la vie quotidienne (en grande partie à cause des loyers et maintenant des produits alimentaires, de l'énergie...) alors que celui du chômage l'est depuis longtemps, d'autant plus que l'ANPE s'oriente vers une politique de radiation de plus en plus marquée.

     

    Si ces deux Nobel arrivent à créer cet indice (ces indices) et qu'il s'impose, ce sera une des révolutions économiques les plus importantes depuis l'avènement de l'économie. En effet, notre société repose sur le mythe du progrès et la flèche principale qui mesure ce progrès est le PIB. La croissance (du progrès) est l'augmentation du PIB. Nous confondons croissance et obésité. Il ne s'agit pas de remettre en cause le mythe du progrès (comme le croit Claude Allègre, suivi par Jacques Attali, quand ils fustigent le principe de précaution), mais de lui redonner un contenu sensé en accord avec des objectifs sociaux et environnementaux solidaires et responsables. On pourrait promouvoir un indice du type PIB/(empreinte écologiquexindice d'inégalité). Est-ce impossible? Le développement "réel" (par similitude avec l'expression de communisme ou socialisme "réel") ne peut-il avoir d'autre forme que la forme destructrice que nous lui connaissons?

    Un échange sur le même thème sur le blog de Paul JORION

     Jorion18 03 2008.pdf

  • La société de défiance

    Le groupe CEPREMAP (centre pour la recherche économique et ses applications) a publié courant 2007 un ouvrage intitulé "La société de la Défiance; comment le modèle français s'autodétruit" sous la direction de Daniel COHEN. Cet ouvrage de moins de 100 pages très documenté peut apporter beaucoup d'éléments de réponses à tous ceux qui penchent fortement vers le "tous pourris", sans bien comprendre d'où cela vient. Un lien entre les traits fortements corporatistes de notre état providence, le fort étatisme (l'état fourre son nez partout) et la défiance généralisée des français y est clairement établi. A lire par tous les révoltés, même si ça fait un peu mal!

     

     

  • Le trou démocratique et le débat sur les départements

    Supprimer les départements est une réponse au lieu commun qui dit que la France comporte trop de niveaux administratifs. Entre l'état et la commune, il y a la région, les départements et les cantons, ce qui fait 5 étages. Si on fait une analyse complète de la société, il faudrait ajouter l'individu ou plutôt le citoyen (ou la famille ou groupe de vie qui est le lieu ou les échanges quotidiens ont lieu et qui peut à ce titre être considéré comme l'échelon politique de base). D'un point de vue quantitatif, on a 26 régions pour un état, 4 départements par région, 44 cantons par département et 8 communes par canton. Soit quelques unités à quelques dizaines d'unités d'un niveau à l'autre.

     

    Mais il y a environ 1700 individus en moyenne pour une commune (soit environ 500 familles si on se réfère à ce critère). Cette fois la proportion n'est plus de quelques dizaines mais de quelques centaines. Il y a donc ici une rupture, un trou démocratique, entre d'une part les élites et les professionnels de la politiques qui sont capables de décoder les enjeux des choix politiques à faire et d'autre part les individus dans leur ensemble manipulables parce qu'isolés. Il y a un trou entre ceux qui ont prise sur l'actu, qui en font partie et ceux qui la subissent. L'explosion des NTIC (nouvelles technologies de l'information et de la communication) permet à des groupes de réflexion, des forums en tous genres de combler en partie ce vide. La démocratie participative se forme cahin caha en dehors des cadres institutionnels, sans accéder à une maturité suffisante pour devenir délibérative. Cette question du trou démocratique me semble mériter une attention beaucoup plus grande que l'actuel débat sur les départements lancé par le "plan" Attali. En effet, comment expliquer le hiatus qui s'est formé entre les classes dominantes, politiques, économiques et médiatiques appelant très majoritairement à voter pour le oui au projet de constitution européenne en 2005 et le succès sans réserve du non?

    Entité Nombre d’entités Nombre moyen de personnes par entité
    Etat 1 63000000
    Région 26 2423077
    Département 100 630000
    Canton (4500) 14000
    Commune 36000 1750
    Citoyen 63000000 1
  • Etat Providence Participatif

    Presque tout le blog Etat Providence Participatif.pdf organisé selon trois piliers:

    1. Contrat de pluriactivité pour modérer l'expansion "cancéreuse" de la division du travail.
    2. Une monnaie fondante dédiée aux activités sociales et socio-culturelles en tandem avec la monnaie capitalisable dédiée aux activités productivistes.
    3. La connaissance au service de collectifs ouverts pour créer une alternative attractive, une altérité à l'individualisme.

    Eduardo Galeano : "L' utopie est à l' horizon. Quand je fais deux pas vers elle, elle s' éloigne de deux pas. Je fais dix pas et elle est dix pas plus loin. A quoi sert l' utopie ? Elle sert à ça, à avancer."

  • Assistance contractuelle

    Dans un monde marchand réel, la concurrence n'est jamais complètement libre et non faussée. Si le libéralisme affaiblit les rentiers et les privilégiés dans un premier temps, on peut se demander s'il ne joue pas le rôle de bretelle d'accès au conservatisme financier. Le renard libre dans le poulailler libre finit toujours par voir le renard dominer la situation.

    Un des rôles de l'Etat Providence Participatif (le troisième pilier) est de mettre la connaissance au service de structures collectives ouvertes. Faire des choix passe par une bonne maîtrise des enjeux et des contrats. Dans un monde marchand, les dominés sont influencés par des médias eux-même sous l'emprise des dominants; les cercles de relations des dominés manquent souvent de compétence juridique, politique, .... Un parti de gauche se doit de promouvoir le développement d'outils d'aide à la formation du jugement et au choix. Il peut s'agir de médias (journaux, télé, radio), de forum internet spécialisés, d'associations de consommateurs. Dans l'esprit de l'Etat Providence Participatif, cette activité pourrait entrer, au moins pour la partie associative, dans le champ de l'activité sociale ou socio-culturelle (rappel: dans l'Etat Providence Participatif, la norme est d'avoir deux métiers, un métier productif ou le critère de productivité domine et un métier social ou le critère relationnel domine).

  • Marché productiviste et marché social.

    Quand José Bové lance "le monde n'est pas une marchandise" il disqualifie le principe de marché en amalgamant un mouvement productiviste capitaliste envahissant et le principe de marché. Ce point est très important pour comprendre ce blog libéral solidaire et pas néolibéral. En effet, une des principales distinctions faites dans ce projet d'Etat Providence Participatif passe par la distinction entre une activité qui met en oeuvre une démarche à dominante productiviste en phase avec un système monétaire capitaliste et une activité à dominante relationnelle sociale (ou plus précisément non utilitariste -quel mot utiliser? sociale) en phase avec une monnaie fluide ou fondante. La démarche productiviste est utilitariste, elle consiste essentiellement à améliorer la productivité, à réduire le temps passé à faire quelque chose (privé ou public). Une démarche relationnelle sociale (privé  ou public) n'est pas utilitariste, le gain de temps ou de productivité n'y a que peu de sens, l'investissement matériel n'y a aucun intérêt et c'est pour celà que la monnaie capitalisable n'y est pas adaptée.

    Aucune de ces deux optiques n'est antagoniste avec un principe de marché, c'est à dire de demande libre dans la mesure de ce que peut fournir le marché et d'offre libre de ce qui est permis. D'autre part, il y a des activités productivistes dans le giron de l'état, surtout quand le principe de concurrence est inefficace et bien entendu dans le privé quand la concurrence est effective. Les activités relationnelles peuvent se répartir entre public et privé suivant les cas de figure et le besoin en maillage du territoire. On peut avoir des assistantes sociales attachées au service public et des associations en concurrence sur un marché relationnel (on peut bien choisir le club de foot où on souhaite jouer par exemple).

    Cette distinction entre productivisme et relationnel ou social me semble plus efficace pour repenser l'organisation sociale que la distinction, plus usuelle aujourd'hui,  entre marchand et non marchand (aucune catégorisation n'est indiscutable, mais les catégorisations actives jouent un grand rôle dans nos orientations politiques).

     Remarque: dans beaucoup de notes de ce blog, écrites avant celle-ci, le mot marchand est souvent employé abusivement pour désigner la démarche productiviste.

  • Economie des biens symboliques, domaine public et liberté, égalité, fraternité.

    Le fond politique qui m'anime peut se résumer ainsi: faire vivre, renouveler "liberté, égalité , fraternité" comme un processus, comme un mouvement, comme un horizon plutôt que comme un but qui serait tout de suite obsolète. 

    A cette fin, je suis particulièrement attentif au domaine public. Je tiens Pierre Bourdieu pour le plus grand économiste de notre temps avec sa notion "d'économie des biens symboliques" qui me semble indépassable. Les médias sont aujourd'hui les banquiers de cette économie des biens symboliques. C'est là que s'y distribuent les bons et les mauvais points. Ils sont, à ce titre, une partie du domaine public, de l'Agora. On peut analyser l'histoire comme celle de la convoitise et de la prise de pouvoir du domaine public. Les religieux ont longtemps occupé le terrain, la bureaucratie s'en est emparé sous le joug dit communiste et il nous en reste quelques vestiges importants, les militaires le possèdent ici et là, les médias occupent fortement ce terrain dans les démocraties avancées et les marchands qui l'ont compris tentent de s'emparer des médias. Faire vivre notre devise, c'est faire en sorte que personne ne possède ce domaine public, que personne ne se l'approprie, mais que tous les acteurs y aient accès, qu'ils puissent y puiser dans l'échange leur énergie et leur valeur, que cette banque des biens symboliques soit la plus généreuse possible pour tous. La rénovation politique que j'appelle de mes voeux préconise d'abandonner tout ce qui viendrait entraver notre devise et la domination d'une quelconque partie de la société sur le domaine public. Ce domaine doit en quelque sorte être sacralisé et ouvert à tous (participatif). Ne laissons pas le règne des marchands alliés aux médias s'enraciner et faire d'eux les alliés objectifs d'une prochaine révolution, réformons plutôt.

  • Les immigrés: des bras, pas des bouches!

    Le fameux sketch antiraciste de Fernand Reynaud sur les "étrangers qui mangent le pain des français" est toujours d'actualité. Si nous voyons les immigrés comme des bouches et non comme des bras, c'est en partie à cause de la panne d'intégration de notre société. Notre pacte laïque est bien joli, mais s'il n'est pas assorti des moyens d'intégration des immigrés (et des exclus), il devient illégitime. L'armée de conscription et le parti communiste qui ont joué un très grand rôle dans l'équilibre pacte laïque/moyens d'intégration ont disparu.

    Le temps est la principale richesse de l'Etat Providence Participatif et la France dispose de beaucoup de temps inutilisé. Encourager, gratifier et permettre à chacun de participer aux diverses fonctions de l'état providence (volet social et socio-culturel non solvable (dans un esprit d'égalité) et volet service public pour en assurer la continuité dans les zônes de faible densité et la complétude pour les activités jugées utiles mais non évidemment rentables) permettrait de faire de nous des acteurs de l'état providence et non plus des clients. Nous pourrions alors changer notre regard et notre perception des immigrés. Nous pourrions les percevoir comme des bras et non plus comme des bouches et les souhaiter.  L' état providence aujourd'hui perçu comme trop généreux et inefficace à résorber la fracture sociale et aider à l'intégration des immigrés pourrait redevenir, en devenant participatif, un levier d'hospitalité, d'accueil et d'intégration. Il permettrait en outre de rationnaliser une économie relationnelle que nous avons perdue avec la division du travail et l'individualisation des modes de vie promues par le marché/la liberté/le progrès (ce n'est pas une remise en question du trio marché/liberté/progrès que je souhaite faire, mais plutôt doter la société de mécanismes qui équilibrent ce trio de développement vainqueur qui nous conduit à la "dissociété"-selon le terme de Jacques Généreux).

    Il faudra bien ça pour garder le boulanger immigré de Fernand Reynaud, sinon qui fera le pain?

    Une enquête de parlementaires en 2011 démontre que le bilan économique des immigrés en France est positif, c'est à dire qu'ils rapportent plus qu'ils ne coûtent. Rapport complet (333 pages)

  • Le marché et les pissenlits des bois.

    Malgré l'énorme succès de "l'erreur boréale" de Richard Desjardins, la forêt boréale canadienne continue très probablement d'être spoliée par des intérêts privés.  L'exploitation, aujourd'hui faite avec des engins de plusieurs dizaines de tonnes afin d'accroître production et productivité, conduit à une inévitable "coupe à blanc" de la forêt. Y a-t'il une seule bonne raison économique, sinon quelques intérêts privés, pour sacrifier cette forêt? Le marché est censé renfermer des moyens de régulation qui stabilisent les prix autour de l'équilibre offre/demande. Le problème de ce mécanisme dans le cas de la forêt boréale, c'est que cette forêt sera quasiment détruite quand la régulation commencera à se mettre en route si elle se met en route. En effet, le marché du bois est en partie mondial, notamment avec le papier. Donc une pénurie locale n'entraine pas nécessairement la mise en route de la régulation du marché. Les pissenlits des bois, les sapins, qui sont de bien moins bonne qualité que les pins coupés prennent en premier la place et il faudra des centaines, voire des milliers d'années pour que l'équilibre de la forêt à pousse très lente puisse être à nouveau atteint. Il manque donc aux mécanismes régulateurs du marché des facteurs qui permettraient de ne pas détruire un patrimoine tel que la forêt boréale.

    L'expérience de la forêt boréale canadienne n'est ici qu'un très malheureux exemple, mais il s'agit d'une question générale d'économie durable qui concerne toutes les activités et pas seulement l'environnement.

    Quels facteurs entrer dans les mécanismes de prix afin de gérer politiquement le niveau d'équilibre prix/offre/demande souhaitable dans une perspective d'économie durable avec marché régulé?

  • Logement, mobilité, accueil, tourisme, écologie, formation.

    Assembler en un seul projet la possibilité de se loger, d'être mobile, de créer des logements à basse consommation d'énergie et ainsi d'être formé à cette technique, favoriser l'accueil des immigrés, la réintégration des chômeurs et des SDF qui le souhaitent, participer à l'accueil des touristes, voilà qui semble bien utopique. Et pourtant. J'imagine un réseau de groupes de logements (quelques logements à quelques dizaines de logements) répartis sur le territoire et même au-delà, gérés sur un mode coopératif, construits selon les connaissances les plus récentes sur le plan de la consommation, voire de la production en énergie, équipés de quelques salles communes (multimédia, micromusée du logement écologique), restaurant collectif de taille modérée (30 à 100 personnes). L'accès à ce réseau de logements serait grandement facilité pour ceux qui participeraient à leur construction (priorité pour des immigrés? des chômeurs? des SDF?...). L'accès à prix coûtant serait réservé aux membres de la coopérative. Il serait intéressant de pouvoir exploiter  en location hôtelière une partie des logements de façon à garanrtir une ouverture et des ressources qui diminueraient le coût de location pour les membres et aussi fournir quelques emplois. Le fait de créer un réseau de tels ensembles serait primordial afin d'assurer l'accès à la mobilité aux membres de la coopérative et vitaliser ces structures collectives ouvertes.
    Des coopératives en réseau ou obéissant à une charte ou une convention me semble le meilleur moyen de développer ce mode de logement qui permettrait de réaliser une solidarité et une hospitalité active propice à une immigration généreuse et intégratrice.
    Encore faudrait-il que les terrains constructibles existent! Etude_Benard_PDF2007.pdf

  • L’ordre, le désordre et les ornithorynques ou le mieux est l’ennemi du bien.

    Quand le génie humain de la classification  s’applique aux animaux, aux végétaux ou aux astres, les limites des catégories créées et les espèces qui n'entrent pas dans le cadre (les exclus de ces systèmes de classifications) ne donnent lieu qu’à des querelles d’experts. Les ornithorynques (mammifère douteux) et les lichens (mi-champignon mi-algue) continuent de vivre leur vie, pluton se moque de la perte de son statut de planète.

    Quand ce génie de la classification s’applique à la politique, alors les exclus le paient au prix fort de leur statut , parfois de leur vie, ou en souffrent dans leur chair. Le mieux est l’ennemi du bien. Ainsi le communisme a-t-il exclus les plus créatifs et les plus libres et ainsi le (néo)libéralisme est-il en train d’exclure les plus faibles et les moins individualistes, ceux qui sont "fatigués d’être soi". Si "le livre noir du communisme" a déjà été écrit, le livre noir du (néo)libéralisme est en train de s’écrire sous nos yeux, canal Saint Martin ces jours-ci, aux restos du coeur de plus en plus, petites parties visibles de cet iceberg de précarité.

    Serait-il possible de créer volontairement un désordre, ou plutôt une combinaison d’ordres bien choisis afin d’en recueillir plus d’harmonie ?

    Tout le projet politique de ce blog est construit sur ce principe: il tend à combiner la liberté avec la solidarité, sans oublier ni l’une ni l’autre, avec l'idée que l'un renforce l'autre et lui donne sens et non pas qu'on aurait à choisir sur un axe entre liberté et solidarité:

    La liberté donne du sens à la solidarité qui sans elle n’est qu’aliénation.

    La solidarité donne du sens à la liberté qui sans elle n’est qu’isolement.

    Voila pourquoi on trouvera ici la coexistence d’un marché marchand avec monnaie accumulable (le mot capitaliste renvoie à une relation particulière des acteurs du domaine productif entre actionnaire, dirigeant et employé qui ne fait pas une place à chacun, loin s'en faut) avec un marché socio-culturel (on n'a pas encore de mot pour caractériser positivement un tel domaine, on dit toujours "à but non lucratif" ou "non marchand" ou "non capitaliste" etc... ce qui illustre bien où se situe la référence actuelle de notre activité utilitariste (protestante). Attali parle de marché relationnel), la coexistence d’une monnaie capitalisable affectée avec une monnaie fondante affectée, la coexistence d’entreprises libérales classqiues avec des projets de collectivités ouvertes. Voila ce qui fonde et féconde ma démarche d’économie plurielle avec marchés (marché marchand avec monnaie capitalisable tel qu'on le connaît en tandem avec un marché à but non lucratif pour le domaine socio-culturel et celui de la dépendance avec une monnaie fondante).

    Le droit du travail, par exemple ne pourra être assoupli que quand un principe de solidarité crédible viendra l'équilibrer, par exemple au moyen d'une "sécurisation des parcours professionnels" comme on dit. La flexsécurité d'accord, la flexprécarité pas d'accord. 

    (Le néolibéralisme n'est que le dévoiement du libéralisme, la question est de rechercher les bons outils de régulation, en particulier la limitation du marché capitaliste qui n'est qu'une forme particulière de marché qui se retourne aujourd'hui contre le libéralisme).

  • Réflexions sur le pragmatisme, le dogmatisme, l'idéologie et la liberté d'expression

    La communication est difficile dès que le dogmatisme prend le pas sur le pragmatisme. J'ai tenté de m'éclaircir un peu les idées à ce sujet et je vous fais part d'un petit résumé de mes (doctes :)) réflexions.

    Pragmatisme = "Les moyens justifient la fin", c'est la prise de conscience que chacun de mes actes a une conséquence. A mon sens, le pragmatisme  est indispensable au dialogue, à la liberté d'expression, à une analyse sereine des choix.

    Dogmatisme = "La fin justifie les moyens", comme s'il était possible d'effacer les conséquences réelles, objectives  de ses actes sous prétexte qu'on sert une bonne cause. L'attitude dogmatique classe vite en "pour et contre" en "ami/ennemi". La disqualification et souvent l'insulte, l'étiquetage précèdent l'analyse, l'examen. Le dogmatisme nous renvoie à nos réflexes ancestraux (naturels?) d'animal de meute, à nos réflexes identitaires les plus primaires, au communautarisme.

    Idéologie (en politique) = Choix, projet de société qui nous anime (la "fin" en quelque sorte).

    Pragmatisme et dogmatisme apparaissent donc comme des méthodes qui ne remplacent en rien le projet, le choix de société, l'idéologie qui nous anime. Par exemple l'idéologie qui m’anime est le projet d'une société qui soit à la fois libérale (au sens général et non réduit à sa seule dimension économique) et solidaire, mais ce n'est en aucun cas le pragmatisme qui est pourtant le mode que je tente d’appliquer.

    On a beau faire volontairement le choix difficile (bien qu'à la mode) du pragmatisme, c'est à dire de liberté d'expression, la formule percutante de Saint Benoît (12ème siècle je crois) "l'enfer est pavé de bonnes intentions" nous incite à l'humilité et surtout à la vigilence!

  • Prise en charge collective des enfants= émancipation des femmes

    Toutes les lois visant à l'égalité homme/femme n'ont pour l'instant que bien peu d'effet. C'est que la prise en charge effective des enfants passe pour l'essentiel par les femmes. L'état providence participatif propose un contrat mixte permettant une prise en charge collective et directe de tous les dépendants, y compris des enfants. En ce sens, il s'agit d'un programme d'émancipation effectif des femmes. Voir la note sur le contrat de travail mixte comme fondement d'un état providence participatif.

  • Gérer sa vie dans une société de l’individu n’est pas désirable par tout le monde, ou des limites du libéralisme individualiste.

    La pierre d’angle du libéralisme et son mythe fondateur suppose que chacun d’entre nous possède le potentiel de se gérer, d’être autonome et le souhaite. Ce mythe participe à la construction de la société des individus que nous créons. L’homo individualis responsabilis est une des utopies, des mythes fondateurs de la philosophie libérale.

    A partir de ce grand principe libéral, deux grands courants politiques se développent, un dit à droite et l’autre dit à gauche, Le courant de droite sera plus enclin à forcer le trait, à croire aveuglément dans les vertus du marché (la catallaxie). Il sera plus enclin à considérer l’état providence comme un générateur d’assistanat promouvant le contraire de sa philosophie. Le courant de gauche considérera que des facteurs sociaux sont aussi à l’origine des situations individuelles et il tentera de corriger cette source d’inégalité par un état providence plus développé.

    Les deux courants finiront peut-être par se rendre compte que le mythe fondateur qui les sous-tend est insuffisant pour englober tout le monde, dans le sens où, comme tout ordre, comme tout système, le libéralisme, ou plutôt l'individualisme créé des exclus et que dans le cas du libéralisme-individualisme il s'agit des plus faibles, de ceux qui ont le plus besoin de structures pour les soutenir. Quand bien même il est légitime d’encourager la responsabilisation et la prise en charge individuelle, il faut reconnaître que chacun d’entre nous n’a pas le potentiel ou le désir pour accéder à l’autonomie dans une société d’individus, dans une société de l'individu. Pour s’en convaincre pleinement je conseillerais la lecture de deux livres de témoignages et de réflexions qui me semblent incontournables pour qui veut réfléchir à cette question politique de première importance : « Les naufragés » de Patrick Declerck et « L’homme qui prenait sa femme pour un chapeau » d’Oliver Sacks. Le premier est une enquête anthropologique parmi les clochards doublé d’une réflexion profonde et le second relate les expériences d’un spécialiste du système nerveux doublé d’un humaniste. Bien que ces livres relatent des situations extrêmes, ils n’en sont pas moins exemplaires et essentiels à la fondation d’une philosophie politique. Qui d’entre vous ne connaît pas dans son entourage ou même dans sa propre famille le cas de tel ou tel jeune qui ne réussit pas à décoller, qui ne réussit pas à gérer ses affaires, à se prendre en charge à 20 ans, 30 ans? Et après, que deviennent ces anciens jeunes quand le support familial s’est évanoui ?

    Les deux livres mentionnés relatent des cas de personnes réussissant à très bien vivre dans un cadre collectif et qui pour cette raison sont déclarés aptes à la réinsertion et se retrouvent mis dans le grand bain de la société « réelle ». Le résultat est systématique: ils coulent et en meurent souvent rapidement.

    Ces deux livres et mes observations m’ont amené à concevoir qu’une société solidaire non Eugéniste se devait de penser des structures collectives ouvertes (donc pas des prisons) et laïques. Ces structures pourront accueillir les personnes les plus inadaptées à la vie individuelle, non pas seulement par choix, mais par nécessité. Elles pourront aussi accueillir les collectivistes, les « fatigués d’être soi » que la vie individualiste, froide et superficielle dégoûte et qui pourront trouver à s’épanouir dans un cadre de vie collective. Ces structures collectives ont un potentiel d’efficacité économique évident ne serait-ce que par un fort abaissement des dépenses. Je propose que la société de la connaissance (autre utopie solidaire) mette une part de ses capacités à concevoir, rôder, faire évoluer des structures collectives. D’après les données démographiques, nous aurons besoin d’une immigration plus forte demain qu’aujourd’hui si nous tenons à conserver notre bonne vitalité nataliste actuelle. L’accueil des immigrés pourra se faire beaucoup plus facilement en s’appuyant sur des structures collectives organisées, plutôt que de laisser des « Chaâba » se constituer misérablement pour se dissoudre ensuite douloureusement.

    Le cas des Kibboutz est très certainement à méditer, quand bien même il ne s’agit pas ici de songer à les copier. Au plus fort de leur développement, les Kibboutz (et autres structures voisines) ont accueilli jusqu’à 6% de la population Israélienne (moins de 2% aujourd’hui, sans doute par manque d’évolution. On peut noter une apparition en Israël de la pauvreté typique des pays d’individus, y a-t-il un lien avec la dissolution progressive des structures collectives ?). Aucun pays n’a eu à absorber autant d’immigrés qu’Israël et les Kibboutz ont considérablement aidé à leur intégration.

    Un dernier avantage à penser et mettre en place des structures collectives tient du contraste indispensable à la liberté qu'elles peuvent générer. Les structures collectives et les individus autonomes constituent les deux versants, les deux domaines indispensables à l’existence du choix de vie et de la liberté réelle.

  • Conflit de génération en vue

    Sans une prise en charge massive et populaire, c'est à dire par la plupart des actifs, des vieux dépendants, nous sommes à peu près certains d'assister à un conflit de générations d'un genre inédit. En effet, comment la population jeune  pourra-t'elle supporter de compter dans ses rangs de plus en plus de chômeurs et de travailleurs pauvres (en particulier dans le domaine du service à la personne) alors que la proportion des vieux dépendants apparaîtra de plus en plus comme celle qui pompe l'énergie et l'argent de la société. Cette catastrophe annoncée peut être évitée en organisant la prise en charge de la dépendance hors du marché et non pas comme on est en train de la faire actuellement dans le marché en comptant ainsi créer des emplois. Tout ce blog propose une piste d'organisation d'un état providence participatif qui pourrait éviter cette catastrophe régressive et violente, n'en doutons pas.