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Du mouvement des planètes politiques en France - suite

L'épisode de recomposition Macron se positionne assez logiquement dans le mouvement des planètes politiques que j'avais essayé de décrire en Janvier 2016 et que je rappelle ci-dessous, toujours à très grands traits et sans la moindre assurance de fiabilité!!!

Le mouvement que je décrivais montrait une mutation de la gauche et de la droite, avec un mouvement "libertaire" pour la gauche qui voyait la puissance de l'étoile autoritaire communiste s'évaporer. La droite quant à elle se recomposait en venant renforcer le pôle autoritaire (FN influence) et aussi nourrir le centre droit. Macron a saisi ce mouvement et aidé à condenser cette tendance (ce n'était pas la seule façon, il aurait pu être un peu plus à gauche, mais aussi un peu plus à droite). Le pôle autoritaire est parti de trop loin, encore embarrassé de Le Pen père et de son caractère autodestructeur, mais c'était aussi une des possibilités d'accès au pouvoir qui se dégageait de ce mouvement général.

Voilà la nouvelle représentation proposée, les deux gandes flèches bidirectionnelles représentent l'axe de tension idéologique qui est passé de PC-Libéralisme à FN-solidarisme libertaire (pas encore de parti pour vraiment incarner cette nouvelle tension, l'intelligence collective, je veux dire le savoir faire pratique en intelligence collective, me semble être la condition préalable à l'émergence d'un tel parti):

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Rappel de l'article de Janvier 2016

Il n'a échappé à personne que l'attraction du communisme ou plus exactement de la gauche autoritaire a fondu depuis les années 80. C'était un gros morceau, une grosse planète, dont la disparition ne peut manquer de modifier tous les équilibres du cosmos politique. Je vais m'aventurer à une hypothèse sur cette évolution, ou plutôt cette révolution en cours. Attention, article très prospectif, très schématique et très succinct, donc peu fiable!

 

Tout d'abord, le cadre de réflexion.

Je me place dans une représentation (arbitraire donc) 2D du cosmos politique. Un des axes va de la gauche à la droite (ou collectivité à individualité) et l'autre axe va d'autoritaire à libertaire, ce qui divise grossièrement le monde politique en 4 quartiers: (gauche/autoritaire); (gauche/libertaire); (droite/autoritaire); (droite/libertaire).

Au cours des épisodes précédents, le communisme a occupé le terrain de la gauche autoritaire. La gauche libertaire était représentée par le parti socialiste qui est demeuré sous forte influence de la planète communiste. Notre pacte social qui s'est incarné dans le programme du CNR nous a laissé des institutions sociales construites par le haut pour l'essentiel, ainsi qu'en témoigne notre état providence.

Pendant ce temps, la droite libertaire nous est surtout venue de l'extérieur sous la forme d'un libéralisme mondial. Il n'y a guère que Madelin qui ait tenté d'occuper le terrain de la droite libertaire en France. Notre droite est plutôt demeurée centriste jusqu'il y a peu. 

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Episode récent: la gauche autoritaire se dissout, son influence sur la gauche s'estompe. Le PS longtemps travaillé par les vestiges marxistes, se divise entre des tendances gauche libertaire encore très faibles (cf l'anarchisme pragmatique de Ph. Corcuff par exemple) et des tendances droitières qui s'affirment (se décomplexent). Pendant ce temps, la droite se divise aussi entre des tendances de gauche libertaire assez faibles et une importante droitisation autoritaire emmenée par le FN qui mène la danse idéologique. Le néolibéralisme mondial (anarchie) a conduit à l'émergence d'acteurs économiques échappant au contrôle des états. Ces puissances deviennent des oligarchies (pouvoir politique issu de la puissance financière) ayant pour obsession le contrôle, au détriment des processus démocratiques qu'elles contrarient, pas par complot, mais seulement par développement/protection de leur puissance. Elles constituent un des éléments à l'origine des forces de réaction nationalistes (étoile sombre),  une autre étant la reconversion de l'ancienne étoile rouge et enfin la relative impuissance des autres partis à proposer des solutions opérationnelles au chômage, au logement, à la sécurité.

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Au final (momentané) on a un très important renforcement de la droite autoritaire qui devient un attracteur politique majeur de la période, ainsi que la gauche autoritaire l'avait été sur la période précédente. Symétriquement, la gauche libertaire se renforce considérablement, mais sous une forme dispersée, sans tête de file ou de planète politique bien identifiable. Chez nos voisins hispaniques, la planète Podemos a réussi à agréger une bonne part de la sensibilité gauche libertaire. Les contradictions internes de la cosmologie qui se dessine sont moins élevées que celles de la période précédente. La gauche autoritaire a conduit à écraser les personnes au  nom du collectif et la philosophie de droite libérale a conduit à masquer les innombrables atteintes à la liberté individuelle sous le couvert de liberté privée. Toutefois, la période qui s'annonce est grosse de deux risques principaux. Un risque d'excès d'autoritarisme à une époque où les besoins d'adaptation par le bas, qu'il faudrait comprendre et étayer, sont très importants et de l'autre, la poursuite de la tyrannie de l'absence de structure maintenant durablement la gauche libertaire dans l'impuissance. Il me semble que la gauche libertaire devrait se préoccuper un peu plus de sa structuration, en particulier en apprivoisant l'intelligence collective, vaste chantier non sans écueils! Quelle évolution pour les oligarchies Off-Shore (les états me semblent conserver une très grande puissance, mais encore faudrait-il qu'ils s'en servent)?

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