11/07/2008
Le contrat de travail mixte comme fondement d'un état providence participatif.
Voilà concrètement ce que je souhaite :
Je souhaite pouvoir travailler ½ à 1 journée par semaine (durée à ajuster à l’issue d’un débat) dans le domaine de la dépendance (personnes âgées, handicapés, enfants) ou dans le domaine socio-culturel (associations diverses, accompagnement des toxicomanes, parrainnage de délinquants, aide à la réinsertion de prisonniers...) alors que mon contrat de travail de référence est passé avec une entreprise productiviste (y compris administration, ou que je sois au chômage). Je souhaite que ce temps soit pris sur mon temps de travail productiviste et qu’il soit reconnu par une rémunération (monnaie fondante?, Chèque Universel Emploi Service*?) ou une indemnité. Je souhaite enfin pouvoir bénéficier de temps de formation pris en charge par l’entreprise ou la collectivité pour assurer correctement ce second travail. C'est le souhait que chacun puisse pratiquer un travail productiviste (privé ou public) et un travail social (privé ou public) comme norme.
Il est aussi possibe de décliner l'organisation de ce travail social autrement qu'hebdomadairement. On peut imaginer grouper ces 10 à 20% de temps actif social mensuellement, annuellement, voire une année sur dix.
Le choix serait donné à chacun soit de participer directement au travail social, soit de cotiser comme nous le faisons aujourd'hui. L'idée est qu'il soit plus intéressant de prendre part au travail social.
En y regardant d'un peu plus près, une telle proposition serait à même de réduire sensiblement le chômage. Les "actifs" dépenseraient un peu de leur temps dans le domaine "social", ce qui créerait une aspiration des chômeurs dans le domaine "actif", sans créer de catégorisation du type "les bons dans le domaine productif / les moins bons dans le domaine social".
Voilà une proposition qui rentrerait dans le cadre de la pluriactivité et qui permettrait de développer une véritable économie plurielle à la base d'un état providence participatif.
*Le chèque universel emploi service devrait fortement aider au développement de l'activité "d'aide à la personne". Il ne s'inscrit pourtant pas dans une démarche d'état providence participatif mais oriente cette activité de façon productiviste fortement subventionnée. En définitive il "nous" maintient dans notre culture de client vis à vis du domaine social et reste donc dans le cadre d'un état providence du client-roi. D'autre part il n'évitera pas la confusion des genres activité productive/activité sociale, ni une catégorisation des actifs (tout à fait comme elle existe entre actifs du privé et actifs fonctionnaires à cause des fortes différences de statuts).
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27/06/2008
PIB et PIBED
L'économie durable est la conjonction de trois aspects de l'activité, un aspect économique, un aspect écologique et un aspect social.
Le PIB est souvent critiqué parcequ'il agrège des activités qui ne nous enrichissent pas, comme les déraillements de trains. Il serait sans doute plus efficace de mesurer la richesse d'un pays et son évolution sur la base de données comparables au capital propre et au résultat d'exploitation employées pour les entreprises. Toutefois, il est possible de contourner les inconvénients du PIB en le pondérant par des critères écologiques et sociétaux. Ci-dessous, une tentative de mesure de la richesse que j'ai appelée le PIBED (PIB équitable et durable) qui serait le PIB divisé par un coefficient d'empreinte sans nombre Ce (Empreinte par habitant divisée par la biocapacité pour 8.5 milliards d'habitants, soit environ 1.33ha/personne) et divisé par un coefficient d'inégalité Ci (GINI de revenus disponibles/GINI optimum soit environ 0.22). Il est probable que l'indice GINI d'équité sociale optimum soit réalisé par les pays nordiques, il se situe vers 0.22 (l'indice GINI est compris entre 0 et 1. La valeur 1 correspond au cas ou toutes les richesses d'un pays sont concentrées dans les mains d'une personne; 0 correspond au cas d'une égalité parfaite). On obtiendrait un PIBED=PIB dans le cas d'un indice d'empreinte écologique de 1, c'est à dire sans dépassement de la biocapacité de la terre, couplé à des revenus disponibles pas plus dispersés que ceux des pays nordiques. Un PIBED supérieur au PIB indique qu'il reste des marges de biocapacité. Un PIBED inférieur au PIB indique qu'on surexploite les ressources, donc qu'on contracte une dette écologique
(c'est le cas, et très largement, de tous les pays dits développés ou en développement). Dans le graphe, le PIB par habitant en dollars est celui de l'année 2003 (source OCDE); l'empreinte écologique en ha est celle de l'année 2003 (source Global Footprint Network) l'indice GINI des revenus disponibles est celui de l'année 2000 (source OCDE, je n'ai pas trouvé l'équivalent pour 2003, mais cet indice évolue assez lentement et l'utilisation des chiffres de l'année 2000 pour le GINI est acceptable). La mesure n'est pas tout, mais un indicaeur de mesure comme le PIBED pourrait valoriser les efforts écologiques et sociétaux et redonner sens à la notion de progrès (Discussion sur le blog de Jean Gadrey d'Alternatives économiques à ce sujet des indices alternatifs et du PIBED).
A partir de ce PIBED, il serait simple de transcrire l'effort à accomplir pour tendre vers un développement équitable et durable en faisant le ratio (PIB-PIBED)/PIB=1-1/CeCi. Plus ce ratio serait élevé et plus l'effort serait important et plus il serait faible et plus le développement serait équitable et durable. Le gros avantage que je vois à utiliser un PIBED plutôt qu'un indice, c'est qu'il est facilement et directement compréhensible par les acteurs économiques. D'autre part, il ne dicte pas comment faire, à chaque population d'imaginer la façon de s'y prendre pour être à la fois compatible avec les ressources disponibles et que les richesses créées soient réparties assez équitablement pour que les personnes adhèrent à ce projet social.
Les valeurs négatives pour le Maroc et l'Inde sont dues à la faible empreinte écologique de ces deux pays (0.8ha par personne) qui ont un GINI de revenus disponibles assez élevé (0.30). Globalement, le développement n'a pas, jusqu'ici, été contraint sur le plan énergétique et sur le plan matériaux, ce qui fait qu'on a actuellement une très forte corrélation PIB et empreinte écologique. Toute la question est de savoir si nous sommes capables d'une révolution culturelle et d'une révolution technologique qui nous permettraient de faire converger PIB et PIBED. Les évolutions du marché vont nous y aider. En effet, le prix de l'énergie, en particulier du pétrole (et très bientôt du nucléaire étant donné les faibles réserves en Uranium, donc inutile de rêver voir le nucléaire remplacer le pétrole), ainsi que le prix des matières vont nous orienter vers plus de frugalité, ce qui ne signifie pas que nous allons retourner à l'âge de pierre. Le mode de vie des américains et le nôtre sont négociables. Quelques uns s'y sont déjà mis sérieusement comme le rapporte l'excellent reportage "Mouloud passe au vert".
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10/06/2008
Coup de blues, glissade communautariste ou carcérale?
En 15 ans, je n'ai pas réussi à convaincre grand monde de l'intérêt de construire un état providence participatif et j'ai aujourd'hui un gros coup de fatigue. Deux commentateurs ont critiqué ce projet, essentiellement sur le plan de la mise en oeuvre (casse tête de l'agenda) et sur la difficulté à convaincre (Incognitototo qui fait par ailleurs des propositions institutionnelles et économiques intéressantes qu'il juge plus urgentes, alors que je crois qu'il faut attaquer l'isolement et la société de consommation à la source; et Infreequentable qui essaie de m'aider à trouver un cadre juridique à ce projet-sans succès jusqu'ici malgré son immense talent). Vous êtes quelques centaines de visiteurs assidus, si vous souhaitez que ce travail continue, manifestez-vous, critiquez, proposez...jusqu'ici je ne peux pas me plaindre que beaucoup de parasites nous brouillent l'écoute.
Depuis 1993 j'ai engagé une réflexion sur le "malaise dans notre société". Cette réflexion a été amorcée sur un constat frappant: le processus d'isolement des personnes.
L'état providence actuel ponctionne 45% du PIB et malgré celà il est en train d'échouer à faire société, contesté par ceux qui donnent trouvant qu'ils donnent trop aussi bien que par ceux qui recoivent, trouvant qu'ils recoivent trop peu. Une défiance générale s'est installée chez nous.
Basé sur une distinction entre activité productive et activité sociale pouvant inspirer un cadre légal, le projet de l'état providence participatif vise à impliquer, à engager chacun dans une action sociale d'une façon qui soit assez gratifiante pour nous convaincre de nous y engager et pérénniser cette participation. Quand on passe de l'autre côté du guichet nous passons de client à acteur et notre opinion sur la boutique s'en trouve transformée. Notre indifférence actuelle pour l'état providence pourrait ainsi se muer en militantisme. D'un point de vue économique, une partie des prélèvements pourrait ainsi être remplacée par une participation directe à l'état providence. D'un point de vue exode des mentalités, nous pourrions déplacer un peu le curseur pour plus d'humanité et un peu moins de préoccupations de rentabilité.
Sans une démarche volontariste, l'évolution naturelle de notre société sera communautariste (pudiquement dite multiculturaliste), parce que c'est la seule façon de s'occuper des plus démunis, des moins autonomes si l'état n'y parvient pas ou ne parvient pas à organiser une dynamique sociale, ou bien elle sera carcérale comme aux USA. Ce sera donc la fin d'un cycle qui a commencé vers notre révolution et dont le point d'orgue est la loi (trop) radicale de Lechapellier. Cette parenthèse libertaire aura vu le rêve de liberté se transformer en isolement et puis enfin en individualisme, en égoisme qui est un isolement militant. Les marchands n'ont pas seulement stimulé notre économie, ils ont aussi, après bien d'autres, conquis le domaine public, le dénaturant du même coup. N'aurons nous comme réponse que la répession et l'enfermement dans des prisons et des hopitaux psychiatriques de tous les récalcitrants au modèle idividualiste hégémonique? (noter que plus de 1/100 de la population américaine est sous les verrous contre 1/1000 en évolution croissante en France).
12:11 Publié dans philosophie politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
04/05/2008
Le poids de l'institution et de la culture.
On me demande parfois pourquoi je ne mets pas en application la pluriactivité que je préconise ici sous la forme d'un état providence participatif. La réponse est assez simple: que je le fasse ou non ne changera rien au monde qui nous entoure (Sur le peu de temps libre que j'ai, je le fais ou l'ai fait pour du soutien scolaire, du voiturage de sportifs en herbe, de la garderie d'handicapé...). Imaginons que je réussisse à monter un projet comme Jean-Baptiste Godin avait su le faire en son temps avec son familistère. Ce sera une belle aventure et elle finira comme le familistère de Godin, aux oubliettes ou bien en musée, ce qui revient à peu près au même. Sans un soutien institutionnel, sans une norme culturelle, tout projet social est voué à l'oubli, aussi bien construit soit-il.
J'aime à citer l'expérience d'Azouz Begag rapportée dans son excellent livre "Le gone du Chaâba". Le Chaâba est une sorte de petite communauté du Nord Afrique avec un chef respecté. En France elle est hors de son milieu "naturel", c'est à dire quelle n'est pas soutenue institutionnellement ni culturellement. Ce que raconte Azouz dans ce livre, c'est la vie dans la banlieue lyonnaise et l'inexorable disparition d'un petit Chaâba dont son père était le chef. Il a suffit qu'une femme mette en question l'autorité du chef pour que le Chaâba se dissolve rapidement dans l'environnement individualiste. Pourtant, la structure du Chaâba est une structure éprouvée, très ancienne, cqfd.
Voilà pourquoi ma démarche est politique, c'est à dire qu'elle vise à s'inscrire dans la loi et dans les institutions afin de ne pas être la xième tentative marginale vouée à l'oubli de recréer des solidarités dans notre société qui se découd . Je pense en particulier aux SEL (Système d'échange local). Leur place institutionnelle entre l'entraide et le travail au noir est si mince que leur succès serait assurément leur perte. Je pense au projet SOL qui a si peu défini son champ d'action qu'il risque d'avoir le même sort.
Avoir un appui institutionnel n'est pas suffisant, encore faut-il que chacun y trouve son compte. Par exemple, les Scop ont bien un cadre légal. Pourquoi ne se développent-elles pas plus? Il s'agit d'entreprises productives qui ont tenté d'intégrer des normes sociales et solidaires et pratiquant l'égalité entre les membres. Dans les Scop, celui qui se défonce finit par trouver qu'il n'est pas assez reconnu par rapport à celui qui bosse moins et qu'il finit par ressentir comme un parasite et qui pourtant gagne autant que lui. A la fin, personne ne fait plus rien par crainte d'en faire plus que le collègue. Une structure doit pouvoir apporter une reconnaissance équitable pour perdurer, ou/et avoir un système de direction assez fort et légitime capable de faire appliquer les règlements et règler les conflits de façon acceptable. Il doit pour celà être appuyé par les institutions et correspondre à une norme sociale ou culturelle .
Le projet que je propose ne présuppose pas de structure particulière , il pose un principe de pluriactivité et un principe de marché social encadré et soutenu par la loi et sur lequel les structures les mieux adaptées pourront se développer. Pas de doute que la maîtrise de l'agenda devrait y jouer fortement!
22:02 Publié dans philosophie politique | Lien permanent | Commentaires (31) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
La maîtrise de l'agenda, prix de la liberté.
Dans une société intégrée, communautaire, les agendas sont rares et peu individualisés, chacun sait ce qu'il a à faire et ce n'est pas bien différent chaque jour.
Notre société issue de la liberté et du progrès a développé l'art de l'agenda à un niveau inégalé. Chacun doit avoir son agenda sans lequel il n'est pas possible d'être intégré. Il y a aussi des agendas organisant les groupes, les plannings. Parmi les plannings les plus élaborés figurent ceux des écoles. C'est tellement compliqué que l'ordinateur n'y suffit pas et qu'il faut l'aider un peu à la main.
L'agenda est la contrepartie de la liberté et de la division du travail. Au passage, on a un peu oublié de plannifier les tâches sociales qui sont pourtant assez répétitives. C'est que ce n'est en général pas très rentable selon les critères productivistes actuels (sauf pour certaines activités comme les crèches, n'est-ce pas i2?).
En conclusion, si on veut s'occuper des tâches sociales comme je le propose ici, selon des critères différents de l'activité dominante en cours, ce sera en contrepartie d'un effort d'agenda supplémentaire. Il est possible que cet effort soit trop lourd et que le prix à payer soit trop élevé mais le jeu en vaut la chandelle, car il s'agit de tenter de recoudre du lien social sans renoncer à notre liberté. Sans cet effort, il se peut que la tentation communautaire rampante (le multiculturalisme) prenne assez de force pour une transformation sociale qui sera une régression.
21:39 Publié dans philosophie politique | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
10/03/2008
Groupe de discussion Etat Providence Participatif
L'Etat Providence Participatif ouvre une boucle de discussion. Venez nous aider à le construire.
| Etat Providence Participatif |
| Visiter ce groupe |
L'état providence redistributif éprouve des difficultés économiques, pratiques et symboliques à assurer la réalisation de notre pacte social égalitariste. C'est que le transfert de richesses assuré au moyen de l'impôt se révèle insuffisant ou inadapté. La richesse réside en premier dans les connaissances et dans les relations. Le projet de l'état providence participatif est de mobiliser le stock de temps considérable dont notre société dispose afin de prendre soin des plus dépendants (service à la personne), de développer le soutien et l'encadrement à la lutte contre l'addiction, de soutenir la formation, en particulier des plus jeunes et, d'une façon générale, procurer une vraie reconnaissance au travail associatif bénévole. Il fonde le projet d'établir la pratique de deux métiers comme norme, un métier productif (privé ou public) soutenu par une économie de marché capitaliste et un métier social (privé ou public) soutenu par une économie de marché fluide ou distributif disposant d'une monnaie fondante. Il s'agit d'un projet d'essence socio-démocrate donnant toute sa place à l'acteur, aussi bien sur le plan économique que sur le plan social.
Le but de ce groupe de discussion est de confronter et d'enrichir ce projet, en particulier sur le plan économique, sur le plan juridique et par une confrontation avec des situations très concrètes.
"La société industrielle liait un mode de production et un mode de protection. Elle scellait ainsi l'unité de la question économique et de la question sociale. La société post-industrielle, elle, consacre leur séparation et marque l'aube d'une ère nouvelle." Daniel COHEN, économiste.
18:40 Publié dans Etat Providence Participatif | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : projets de société, politique, ps, modem, mouvement démocrate, economie sociale et solidaire, ess
23/02/2008
Des indices de développement en croissance mais pas le culte PIBien de l'obésité.
Le PIB (et ses petits) rythme l'activité et la confiance. Que cet indice chute et la confiance baisse et le moral se met en berne. Qu'il augmente et tout va mieux. Le problème bien connu de cet indice c'est qu'il intègre tout, y compris les déraillements de trains. Tout le monde sait que cet indice est en train de nous rendre complètement schyzophrènes, solidaires et écologistes 5 mn et PIBistes le reste du temps.
Les adeptes de la décroissance oublient un élément majeur, c'est que la décroissance est désespérante et qu'elle n'est psychologiquement pas supportable pour les occidentaux. Que faire? Ce que Sarkozy vient de proposer à deux prix Nobel d'économie, Amartya SEN et Joseph STIGLITZ, c'est à dire de créer un nouvel indice (ou imposer un ou plusieurs de ceux déjà créés IDH, IPH, IPF, ISS, cf collectif FAIR). Voir article de Jean Gadrey et Forence Jany-Catrice par exemple . En fait, le terme de décroissance est malheureux, parce que les adeptes de la décroissance visent bien, pour la plupart, à poursuivre le développement. C'est à dire qu'ils ne sont pas en rupture avec l'idée de progrès, mais plutôt avec la conception quantitative de croissance que le PIB lui confère aujourd'hui. Il conviendrait donc de bien différencier les thèses de décroissance qui proposent une rupture avec le mythe du progrès de celles qui proposent un développement vraiment durable et qui ne sont pas en rupture avec le progrès. Encore que ce développement durable n'est bien souvent qu'un cache sexe pour faire survivre la croissance (lire Serge Latouche qui n'est pas en rupure avec l'idée progrès mais qui est un fin analyste des divers travestissements du développement quantitatif).
Pour fonctionner, ce nouvel indice (sans doute faudrait-il plutôt s'appuyer sur un ensemble d'indices, parce que la société est complexe et qu'on n'imagine pas estimer son état de santé par exemple sur le seul critère de la température) devra respecter les principes d'une économie durable et en même temps pouvoir croître pour fonder la confiance sans laquelle il n'est pas d'économie...durable. D'autre part, l'actualité nous démontre qu'il existe une tendance des gouvernements à manipuler les indices (chômage, coût de la vie). J'ajouterais que la société civile ne peut se mobiliser que pour des indicateurs assez transparents et assez significatifs (calculez votre empreinte écologique). Le fait que le PIB ne colle plus avec le progrès explique en partie la désaffection populaire pour cet indice. L'indice d'évolution du coût de la vie est en train d'être déconsidéré parce qu'il ne colle plus avec la vie quotidienne (en grande partie à cause des loyers et maintenant des produits alimentaires, de l'énergie...) alors que celui du chômage l'est depuis longtemps, d'autant plus que l'ANPE s'oriente vers une politique de radiation de plus en plus marquée.
Si ces deux Nobel arrivent à créer cet indice (ces indices) et qu'il s'impose, ce sera une des révolutions économiques les plus importantes depuis l'avènement de l'économie. En effet, notre société repose sur le mythe du progrès et la flèche principale qui mesure ce progrès est le PIB. La croissance (du progrès) est l'augmentation du PIB. Nous confondons croissance et obésité. Il ne s'agit pas de remettre en cause le mythe du progrès (comme le croit Claude Allègre, suivi par Jacques Attali, quand ils fustigent le principe de précaution), mais de lui redonner un contenu sensé en accord avec des objectifs sociaux et environnementaux solidaires et responsables. On pourrait promouvoir un indice du type PIB/(empreinte écologiquexindice d'inégalité). Est-ce impossible? Le développement "réel" (par similitude avec l'expression de communisme ou socialisme "réel") ne peut-il avoir d'autre forme que la forme destructrice que nous lui connaissons?
13:00 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : projets de société, politique, ps, modem, mouvement démocrate, economie sociale et solidaire, ess
03/02/2008
La société de défiance
Le groupe CEPREMAP (centre pour la recherche économique et ses applications) a publié courant 2007 un ouvrage intitulé "La société de la Défiance; comment le modèle français s'autodétruit" sous la direction de Daniel COHEN. Cet ouvrage de moins de 100 pages très documenté peut apporter beaucoup d'éléments de réponses à tous ceux qui penchent fortement vers le "tous pourris", sans bien comprendre d'où cela vient. Un lien entre les traits fortements corporatistes de notre état providence, le fort étatisme (l'état fourre son nez partout) et la défiance généralisée des français y est clairement établi. A lire par tous les révoltés, même si ça fait un peu mal!
20:10 Publié dans Etat Providence | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : projets de société, politique, ps, MoDem, Mouvement Démocrate, economie sociale et solidaire, ESS
28/01/2008
Le trou démocratique et le débat sur les départements
Supprimer les départements est une réponse au lieu commun qui dit que la France comporte trop de niveaux administratifs. Entre l'état et la commune, il y a la région, les départements et les cantons, ce qui fait 5 étages. Si on fait une analyse complète de la société, il faudrait ajouter l'individu ou plutôt le citoyen (ou la famille ou groupe de vie qui est le lieu ou les échanges quotidiens ont lieu et qui peut à ce titre être considéré comme l'échelon politique de base). D'un point de vue quantitatif, on a 26 régions pour un état, 4 départements par région, 44 cantons par département et 8 communes par canton. Soit quelques unités à quelques dizaines d'unités d'un niveau à l'autre.
Mais il y a environ 1700 individus en moyenne pour une commune (soit environ 500 familles si on se réfère à ce critère). Cette fois la proportion n'est plus de quelques dizaines mais de quelques centaines. Il y a donc ici une rupture, un trou démocratique, entre d'une part les élites et les professionnels de la politiques qui sont capables de décoder les enjeux des choix politiques à faire et d'autre part les individus dans leur ensemble manipulables parce qu'isolés. Il y a un trou entre ceux qui ont prise sur l'actu, qui en font partie et ceux qui la subissent. L'explosion des NTIC (nouvelles technologies de l'information et de la communication) permet à des groupes de réflexion, des forums en tous genres de combler en partie ce vide. La démocratie participative se forme cahin caha en dehors des cadres institutionnels, sans accéder à une maturité suffisante pour devenir délibérative. Cette question du trou démocratique me semble mériter une attention beaucoup plus grande que l'actuel débat sur les départements lancé par le "plan" Attali.
| Entité | Nombre d’entités | Nombre moyen de personnes par entité |
| Etat | 1 | 63000000 |
| Région | 26 | 2423077 |
| Département | 100 | 630000 |
| Canton | (4500) | 14000 |
| Commune | 36000 | 1750 |
| Citoyen | 63000000 | 1 |
18:35 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : projets de société, politique, ps, modem, mouvement démocrate, economie sociale et solidaire, ess
30/12/2007
Le cul entre deux modèles
Selon Alternatives Economiques N°265 de Janvier 2008, dans un article de Guillaume Duval, la France a le cul entre deux modèles sociaux.
"Il existe fondamentalement deux types de modèles sociaux, qui ont une certaine cohérence interne et permettent, de ce fait, aux pays qui les adoptent de s'en tirer dans la mondialisation. D'une part, il s'agit de sociétés très inégalitaires, comme les sociétés anglo-saxonnes, qui ne s'efforcent pas de corriger ces inégalités à travers des niveaux de prélèvements obligatoires élevés. La fonction principale de l'intervention publique est alors de maintenir en permanence l'activité économique à un niveau tel que le chômage reste faible. Et cela marche, même si les soutiers de l'économie y vivent dans des conditions difficiles. Et puis, on trouve des sociétés nettement plus égalitaires qui, elles, mettent en commun beaucoup de ressources, comme les pays scandinaves. Ce qui leur permet de disposer d'une main-d'oeuvre très qualifiée grâce à une éducation de bonne qualité, d'investir beaucoup dans la recherche, tout en bénéficiant d'une vie sociale stable, sans conflits majeurs. Et cela marche aussi, malgré un coût du travail très élevé.
Enfin, il y a la France, assise entre deux chaises. Elle est beaucoup plus anglo-saxonne qu'elle ne le croit sur le plan de l'inégalité des revenus primaires, mais elle refuse de l'admettre et s'efforce de brancher sur cette base inégalitaire un Etat et une protection sociale de taille scandinave. Sans surprise, cela ne fonctionne pas bien: elle n'obtient au bout du compte ni les avantages en termes de souplesse des sociétés anglo-saxonnes, ni les retombées en termes de cohésion sociale des sociétés scandinaves. En France, les riches se plaignent d'être spoliés mais, compte tenu de l'ampleur des inégalités de départ, l'action publique est bien incapable de les corriger. Du coup, les pauvres sont, eux aussi, légitimement mécontents."
Il faudrait sans doute noter que les pays qui s'en sortent ont aussi un marché du travail très souple, qu'il soit supporté par un système de flexisécurité comme dans les pays du nord ou pas comme dans sociétés dites anglo-saxonnes.
L'état providence participatif dévelopé ici propose une solution à l'impasse dans laquelle nous nous sommes engagés, en rendant la société moins inégalitaire et en rendant l'état providence meilleur marché et plus efficace.
Pourquoi l'état providence participatif permet-il de réduire l'inégalité?: parce qu'il permet aux plus démunis d'accroître leur valeur sur le marché global de l'activité. Dans le domaine social, une heure d'un PDG ne vaut pas plus qu'une heure d'un employé, d'un chômeur de longue durée ou d'un bénéficiaire du RMI.
Pourquoi est-il plus efficace?: parce que pour une part de l'activité de l'état providence, il réduit la lourde mécanique prélèvement/redistribution et la remplace par la couverture directe des besoins en temps passé, en main d'oeuvre sociale. Il est aussi plus efficace parce que plus pertinent dans le sens où il aide à redistribuer le temps et pas seulement l'argent. Il peut être ouvert aux jeunes (peut-être à partir de 14 ans, à débattre), aux retraités qui souhaitent encore participer activement à la vie de la cité.
La société est un lieu qui peut nous rendre plus humain, un lieu ou notre écoute et nos soins peuvent être source de "mise au monde" réciproque, au lieu de la mise à l'écart qu'elle génère si fortement aujourd'hui. Voilà l'essentiel, bien plus essentiel que la richesse matérielle.
13:15 Publié dans Etat Providence | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
29/12/2007
Et les grecs?
Même Régis Debray dit qu'il assume sa culture Judéo-Chrétienne. Ce qui m'étonne c'est que l'héritage Grec que nous avons reçu grace aux Arabes au travers de nos abominables croisades vers l'an Mil passe toujours aux oubliettes. Aristote, Platon, Socrate pour ne citer que ces trois immenses philosophes ont pourtant été à l'origine du développement de la raison, des philosophies prérévolutionnaires, les lumières comme ils se sont appelés, la séparation progressive de l'église et de l'état (Victor Hugo vers 1850 suite à la révolution de 1848 avec cette déclaration "l'état chez lui, l'église chez elle" ) et enfin la loi de 1905 consacrant cette séparation.
D'autant que l'héritage chrétien a été sérieusement bousculé au cours du temps. Si l'origine chrétienne signe la fin du bouc-émissaire sacrificiel (Selon René GIRARD) et l'origine de la réflexivité (JC, au travers de son propre sacrifice injuste aux yeux de tous, nous tend un mirroir et nous dit de d'abord regarder en nous pour chercher la solution à nos problèmes, rejoignant par là le fameux "connais-toi toi-même" (c'est à dire maintenant et avec ton propre regard) de Socrate, repris depuis par FREUD et plus récemment par Jiddu KRISHNAMURTI), il y a belle lurette (vers Saint Paul semble t'il si on en croit Michel ONFRAY) que l'église (au moins la catholique) s'est détournée de la parabole de la paille et de la poutre, sauf dans le non sens masochiste de la flagellation. Au message simple et toujours vérifiable de JC: la vérité c'est maintenant, c'est le réel (donc inaccessible à nos représentations toujours carricaturales et figées, situées dans le passé, toujours en retard et imparfaites), s'est substitué un message de domination d'une vérité indiscutable et brutale imposé par une secte qui a réussi (du point de vue de la domination sociale mais pas du point de vue de la libération spirituelle).
Il me semble donc légitime de considérer que notre culture est plus largement Judéo-Gréco-Chrétienne que Judéo-Chrétienne.
14:35 Publié dans philosophie politique | Lien permanent | Commentaires (16) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : philosophie, société
14/12/2007
Etat Providence Participatif
Presque tout le blog Etat Providence Participatif.pdf organisé selon trois piliers:
- Contrat de pluriactivité pour modérer l'extension de la division du travail.
- Une monnaie fondante dédiée aux activités sociales et socio-culturelles en tandem avec la monnaie capitalisable dédiée aux activités productivistes.
- La connaissance au service de collectifs ouverts pour créer une alternative attractive, une altérité à l'individualisme.
Eduardo Galeano : "L' utopie est à l' horizon. Quand je fais deux pas vers elle, elle s' éloigne de deux pas. Je fais dix pas et elle est dix pas plus loin. A quoi sert l' utopie ? Elle sert à ça, à avancer."
18:41 Publié dans Etat Providence Participatif | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : projets de société, politique, ps, modem, mouvement démocrate, économie sociale et solidaire
05/12/2007
Service civique obligatoire, les 100 heures de Bernard Laporte
Dommage que ce projet de service civique pour les jeunes soit si "autoritaire", comme B. Laporte, et si limité. Le marché social mériterait mieux, est-ce un début ou est-ce tuer le projet dans l'oeuf?
13:10 Publié dans Etat Providence Participatif | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : ps, modem, gauche moderne
22/11/2007
Monnaie fondante affectée, monnaie travailliste, monnaie de gauche?
On connaît la monnaie capitalisable, celle que tout le monde utilise. Mais que pourrait être une monnaie fondante, et à quelle fin - Jean-Marie HARRIBEY 2002; André-Jacques HOLBECQ 2004; The Transitioner ; projet SOL ; Article sur le Berliner .
Une monnaie peut fondre de plusieurs manières, en faisant diminuer sa valeur ou en faisant diminuer sa masse, sa quantité avec le temps. Pour qu'une monnaie soit fondante, il faut que l'épargne ne rapporte rien et même moins. Dans cette condition, il y a plus intérêt à consommer au plus vite cette monnaie qu'à la capitaliser sous une forme ou sous une autre. Une telle monnaie n'est pas adaptée à toute activité qui nécessiterait un investissement. Elle ne viserait donc pas à remplacer la monnaie capitalisable mais à fonctionner en tandem avec elle sur un domaine d'activité défini. Elle se rapproche du travail et le travail ne se trouverait pas en infériorité relativement à cette monnaie (contrairement à la situation du travail devant le capital). En définitive il s'agit d'une monnaie plus proche du temps passé que des biens matériels, d'une monnaie "travailliste" par opposition à la monnaie "capitaliste".
La solution inflationniste (diminution de la valeur) nécessite de modifier sans cesse la valeur de référence de la monnaie. Je préfère la méthode de diminution programmée du volume. La technologie actuelle permet de faire diminuer la quantité en temps réel d'une monnaie qui n'existerait que sous forme numérique. D'un point de vue pratique la carte à puce et toute la technologie associée permettrait de manipuler facilement cette monnaie fondante.
Dans l'optique d'une économie plurielle comportant un domaine social régi par une monnaie fondante (donc monnaie fondante affectée dans ce cas au domaine "social" ou "socio-culturel"), une banque pourrrait périodiquement (mensuellement par exemple) distribuer une allocation aux personnes dépendantes correspondant à la fonte programmée. Ces personnes pourraient dépenser cette monnaie pour des activités de service à la personne ou toute autre activité qui ferait partie de ce domaine ou le profit n'a pas de sens (activité socio-culturelle en général). Toute une économie parrallèle du non profit (un marché) pourrait ainsi être stimulé par cette monnaie. Il y a fort à parier que toute l'économie pourrait bénéficier de ce noyau d'activité, de ce surplus de vitalité.
Il y a déjà eu une vingtaine d'expériences d'utilisations, plutôt réussies, de monnaies fondantes dans l'histoire, à chaque fois sur une étendue géographique très limitée mais sans délimitation de secteur d'activité particulier. Dès que leur succès et leur réussite deviennent importants, elles se retrouvent de fait en situation de concurrence avec la monnaie capitalisable en place. Le choix politique de les évincer en les interdisant devient alors inévitable sans une révolution. Ce que je propose ici est différent, il s'agit d'une proposition réformiste où la monnaie fondante ne serait pas en situation de concurrence avec la monnaie capitalisable, mais lui serait complémentaire. Je propose d'étendre une monnaie fondante à l'échelle d'un état mais en la cantonnant à des activités pour lesquelles les gains de productivité n'ont que très peu de sens (les activités sociales de prise en charge des dépendants et les activités associatives socio-culturelles).
En définitive, ce que je propose, c'est une monnaie de gauche, apte à gérer efficacement nos besoins sociaux directement du point de vue du temps passé , sans passer par la dissipation de l'état providence, allégeant les prélèvements, déconnectée de la bourse et du capital, non marchandisable.
Roger SUE (Quelle démocratie voulons nous , 2006 La découverte, p.30) adhère à l'idée d'une monnaie alternative: "...les activités non marchandes des associations ne donnant pas lieu directement à une création monétaire, il serait utile de généraliser un titre d'échange (une monnaie, pourquoi pas fondante, ndr) reconnaissant les services rendus et permettant en retour d'en acquérir d'autres (services)."
Y a-t'il des économistes qui pourraient alimenter ce débat (à partir de considérations économiques, bien entendu!)?
18:21 Publié dans Monnaie fondante | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : autogestion, ess, économie sociale et solidaire, ps, modem
29/06/2007
TVA Sociale, résultat économique discuté, effet sociétal positif.
TVA sociale, question à réfléchir. Les sources de revenu social de l'état providence redistributif peuvent s'appuyer sur trois assiettes: le producteur (prélèvement actuel), le consommateur (TVA sociale), les revenus (CSG). Que choisir? Le plus juste semble être la CSG (mais doucement car fuite de capitaux en vue?).
En ce qui concerne la mise en place de la TVA sociale, le flou le plus artistique est entretenu sur la réduction de prélèvement social dont il s'agit, les prélèvements patronaux ou les prélèvements sur salaire? Il s'agit de réduire le coût pour le patron dans le projet actuel (politique de l'offre, donc plutôt de droite) Une alternative proposée par la CFTC: réduire les prélèvements sociaux effectués sur les salaires plutôt ou en tandem avec la réduction des cotisations patronales.
Les simulations de TVA sociales faites par le gouvernement en 2004 ne sont pas vraiment concluantes, c'est le moins qu'on puisse dire. Voici une autre évaluation beaucoup plus positive et très bien exposée émanant d'un spécialiste de l'entreprise et des organisations. L'avantage de la TVA sociale sur le mode actuel de prélèvement sur la production ne serait pas seulement social mais aussi sociétal dans la mesure où nous sommes tous consommateurs alors que le taux actifs/population décroît. Transférer les prélèvements sociaux du travail vers la consommation peut donc avoir comme effet principal de désamorcer un conflit de générations. L'acceptation d'une taxe ou d'une cotisation est d'autant meilleure que son assiette est plus large.
Question pratique: il semble qu'il serait beaucoup plus adroit d'appeler cet impôt CSVA (Cotisations sociales sur la valeur ajoutée) ou CVA ou CSC (cotisation sociale sur la consommation) plutôt que taxe. Les taxes sont assujéties aux réglementations internationales, européennes...alors que les cotisations ne le sont pas et ont l'avantage de sonner plus solidaire!
Autre point positif rarement évoqué, la CSVA permet à chaque consommateur de moduler immédiatement son taux de cotisation en fonction de ses ressources. En période de vaches maigres, il est possible individuellement, sans attendre une quelconque mesure venue d'en haut, de se limiter au strict minimum et quand ça va mieux d'ajuster ses dépenses (bien entendu ce n'est valable que si le niveau de ressources demeure au dessus d'un certain plancher, mais cette remarque vaut quel que soit le mode de prélèvement). Si les taux de cotisation sont modulés en fonctions de la nécessité des biens, on aura des taux faibles pour les produits de première nécessité et des taux élevés pour les produits de luxe, ce qui donne un effet progressif à cette cotisation.
La mise en oeuvre d'une CSC modifiearit le mode de financement l'état providence, le faisant passer de corporatiste ou conservateur à socio-démocrate (selon le classement de Gosta Esping-Andersen ) puisque nous sommes tous consommateurs. Ce mode de financement socio-démocrate est en général plus favorable à l'intérêt général contrairement à notre système actuel qui favorise les acquis des cotisants et est donc pour cette raison conservateur.
Parallèle CSC et exception culturelle. La gauche (celle de Fabius au moins) a utilisé la TVA sociale comme arme électorale entre les deux tours des législatives 2007. Or, le parallèle TVA sociale (ou plutôt Cotisation sociale sur la consommation) et exception culturelle bien défendu par le PS met en évidence une contradiction idéologique. Citons Wikipedia sur l'exception culturelle: "Dans chaque branche (cinéma, théatre, télévision, ou autres moyens de communications), il y a un système d'aide automatique à la création. C'est ainsi que le CNC (Centre national de la Cinématographie) qui prélève un petit pourcentage sur tout billet de cinéma, peut, grâce à cet argent, apporter des aides à l'écriture, à la création ou à la diffusion d'œuvres d'expression française." Il n'est pas très difficile de transposer ce mécanisme pour financer très légitimement nos besoins sociaux.
Le principal inconvénient que je vois à la TVA sociale est q'il lie notre état providence, notre protection sociale, à la consommation. Or, il est de plus en plus clair que notre modèle de croissance n'est pas viable à long terme, en premier pour des raisons écologiques évidentes et en second pour des raisons sociales (on ne peut construire une société sur le culte de l'individualisme). Voilà une raison de plus de militer pour l'état providence participatif qui est beaucoup plus indépendant des aléas de l'économie mondialisée.
18:30 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique
27/06/2007
Assistance contractuelle
Dans un monde marchand réel, la concurrence n'est jamais complètement libre et non faussée. Si le libéralisme affaiblit les rentiers et les privilégiés dans un premier temps, on peut se demander s'il ne joue pas le rôle de bretelle d'accès au conservatisme financier. Le renard libre dans le poulailler libre finit toujours par voir le renard dominer la situation.
Un des rôles de l'Etat Providence Participatif (le troisième pilier) est de mettre la connaissance au service de structures collectives ouvertes. Faire des choix passe par une bonne maîtrise des enjeux et des contrats. Dans un monde marchand, les dominés sont influencés par des médias eux-même sous l'emprise des dominants; les cercles de relations des dominés manquent souvent de compétence juridique, politique, .... Un parti de gauche se doit de promouvoir le développement d'outils d'aide à la formation du jugement et au choix. Il peut s'agir de médias (journaux, télé, radio), de forum internet spécialisés, d'associations de consommateurs. Dans l'esprit de l'Etat Providence Participatif, cette activité pourrait entrer, au moins pour la partie associative, dans le champ de l'activité sociale ou socio-culturelle (rappel: dans l'Etat Providence Participatif, la norme est d'avoir deux métiers, un métier productif ou le critère de productivité domine et un métier social ou le critère relationnel domine).
13:25 Publié dans Etat Providence Participatif | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : projets de société, politique
22/06/2007
Marché productiviste et marché social.
Quand José Bové lance "le monde n'est pas une marchandise" il disqualifie le principe de marché en amalgamant un mouvement productiviste capitaliste envahissant et le principe de marché. Ce point est très important pour comprendre ce blog libéral solidaire et pas néolibéral. En effet, une des principales distinctions faites dans ce projet d'Etat Providence Participatif passe par la distinction entre une activité qui met en oeuvre une démarche à dominante productiviste en phase avec un système monétaire capitaliste et une activité à dominante relationnelle sociale (ou plus précisément non utilitariste -quel mot utiliser? sociale) en phase avec une monnaie fluide ou fondante. La démarche productiviste est utilitariste, elle consiste essentiellement à améliorer la productivité, à réduire le temps passé à faire quelque chose (privé ou public). Une démarche relationnelle sociale (privé ou public) n'est pas utilitariste, le gain de temps ou de productivité n'y a que peu de sens, l'investissement matériel n'y a aucun intérêt et c'est pour celà que la monnaie capitalisable n'y est pas adaptée.
Aucune de ces deux optiques n'est antagoniste avec un principe de marché, c'est à dire de demande libre dans la mesure de ce que peut fournir le marché et d'offre libre de ce qui est permis. D'autre part, il y a des activités productivistes dans le giron de l'état, surtout quand le principe de concurrence est inefficace et bien entendu dans le privé quand la concurrence est effective. Les activités relationnelles peuvent se répartir entre public et privé suivant les cas de figure et le besoin en maillage du territoire. On peut avoir des assistantes sociales attachées au service public et des associations en concurrence sur un marché relationnel (on peut bien choisir le club de foot où on souhaite jouer par exemple).
Cette distinction entre productivisme et relationnel ou social me semble plus efficace pour repenser l'organisation sociale que la distinction, plus usuelle aujourd'hui, entre marchand et non marchand (aucune catégorisation n'est indiscutable, mais les catégorisations actives jouent un grand rôle dans nos orientations politiques).
Remarque: dans beaucoup de notes de ce blog, écrites avant celle-ci, le mot marchand est souvent employé abusivement pour désigner la démarche productiviste.











