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  • Le contrat de travail mixte productif/social comme fondement d'un état providence participatif ou de mutualisation du travail social.

    Voilà concrètement ce que je souhaite :
    Je souhaite pouvoir travailler ½ à 1 journée par semaine (durée à ajuster à l’issue d’un débat) dans le domaine de la dépendance (personnes âgées, handicapés, enfants) ou dans le domaine socio-culturel (associations diverses, accompagnement des toxicomanes, parrainnage de délinquants, aide à la réinsertion de prisonniers...) alors que mon contrat de travail de référence est passé avec une entreprise productive (y compris administration, ou que je sois au chômage). Je souhaite que ce temps soit pris sur mon temps de travail productif et qu’il soit reconnu par une rémunération (monnaie complémentaire (fondante) dédiée?  Chèque Universel Emploi Service*?) ou une indemnité. Je souhaite enfin pouvoir bénéficier de temps de formation pris en charge par la collectivité (l'état providence investisseur dans le domaine social. Le paiement de ce travail en monnaie complémentaire peut se concevoir) pour assurer correctement ce second travail. C'est le souhait que chacun puisse pratiquer un travail productif (privé ou public) et un travail social (privé ou public) comme norme. Symétriquement, tout ce qui est en notre pouvoir doit être fait pour aménager une place à chacun, pour que chacun puisse contribuer à la marche de la société. Par exemple, développer l'incitation à embaucher des handicapés, des anciens prisonniers, des étrangers et tous ceux qui sont exclus du domaine productif parce que décrêtés inemployables.

    Dans l'état providence participatif, l'individu ordinaire distribue son temps entre 3 domaines principaux, un domaine affectif, un domaine productif et un domaine social J'ai tenté de définir les dominantes de ces trois domaines en termes d'entités et de caractéristiques. Aujourd'hui, les domaines affectifs (stabilisé par les fonctions de reproduction et d'élevage des enfants) et productifs (stabilisé par son efficacité à produire biens et services standardisables, sans doute à réorienter urgemment afin de vraiment devenir durable, de se désintoxiquer du mythe de la croissance quantitative -cf par exemple le livre de Jean Gadrey 2010 "Adieu à la croissance" et enfin d'adopter une organisation un peu plus démocratique, par exemple qu'il adopte les principes d'organisation sociocrates) sont bien développés, mais le domaine social n'a pas encore trouvé sa place (Ainsi que le fait remarquer Roger Sue par exemple) ni tous les outils adéquats (il y a tout de même le statut associatif loi 1901 et les SCIC, société coopérative d'intérêt collectif) dans une société de l'individu (c'est le coeur de l'état providence Participatif). Dans chaque domaine, les principes de division de l'activité peuvent s'appliquer (appelée division du travail pour le domaine productif), mais le domaine social n'est plus compris ni comme relevant exclusivement de l'état (Etat providence actuel), ni comme un sous-domaine de l'activité productive (c'est la tendance en cours), ni comme un sous-domaine de l'activité affective** (c'était la réalité d'hier).

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    Il est aussi possibe de décliner l'organisation de ce travail social autrement qu'hebdomadairement. Une gestion quotidienne peut être mieux adaptée. On peut aussi imaginer grouper ces 10 à 20% de temps actif social mensuellement, annuellement, voire une année sur dix.

    Le choix serait donné à chacun soit de participer directement au travail social, soit de cotiser comme nous le faisons aujourd'hui (combinaison participation directe-cotisation ajustable pour ne pas s'enfermer dans une logique binaire). L'idée est qu'il devienne plus intéressant de prendre part au travail social. Les moins favorisés du domaine productif seraient relativement avantagés à une participation au domaine social, à la fois sur le plan des ressources et sur le plan du statut. C'est tant mieux si on se place du côté du besoin de main d'oeuvre social et si on se place du côté de l'équité. Un décalage massif de mentalité est recherché et attendu, pour un peu moins de tyrannie des biens et un peu plus d'humanité. Comme je le propose par ailleurs, dans le cas où les prélèvements obligatoires se déplaceraient  du travail productif vers un prélèvement indirect sur la consommation et sur un prélèvement direct sur le revenu, c'est sur ce prélèvement direct que la cotisation sociale serait appliquée pour ceux qui choisissent de ne pas participer directement au travail du domaine social. Selon la nouvelle terminologie du parti socialiste (mai 2010), la proposition qui est développée ici s'inscrit dans le cadre d'une société de "soin mutuel".

    La principale résistance à ce changement d'organisation viendrait très probablement de tous ceux qui sont aujourd'hui engagés professionnellement dans un travail social. Il faudrait leur réserver un rôle très important de formation et d'encadrement de toute cette nouvelle main d'oeuvre peu formée au travail social. Des structures mixtes professionnels/volontaires me semblent pouvoir répondre au problème en douceur. Les structures d'accueil de ce travail pourraient prendre la forme de coopératives municipales sociales ou structures privées, SCIC...

    En y regardant d'un peu plus près, une telle proposition serait à même de réduire sensiblement le chômage. Les "actifs" dépenseraient un peu de leur temps dans le domaine social, ce qui créerait une aspiration des chômeurs dans le domaine productif, sans créer de catégorisation du type "les bons dans le domaine productif/les moins bons dans le domaine social". Un autre but recherché est de découpler l'activité sociale des turbulences de la globalisation, afin que la façon dont on s'occupe de grand mère soit le moins possible connectée au CAC 40. Il serait même souhaitable de favoriser encore plus l'emploi de personnes handicapées dans l'entreprise, c'est tout à fait cohérent avec l'idée directrice de faire une place à chacun.

    Les trois pôles de la production de richesses que je propose sont liés mais ils ont aussi leur propre autonomie. Dans un premier temps, j'ai pris acte de la forte domination productive sur l'activité, mais le pôle social serait amené à exprimer de plus en plus sa propre dynamique en tant qu'outil de distribution d'accès à l'activité, en tant que support de l'existence sociale. Au fond ce qui m'importe, c'est que les règles sociales  en cours permettent au plus grand nombre, et pourquoi pas à tous, de trouver une place. Si le progrès me semble encore avoir du jus, le productivisme me semble devoir réduire les gaz, sa légitimité perd du terrain tous les jours au gré de la consommation de la planète et des personnes.

    *Le chèque emploi service universel (CESU) devrait fortement aider au développement de l'activité "de service à la personne". Il ne s'inscrit pourtant pas dans une démarche d'état providence participatif mais oriente cette activité de façon productiviste fortement subventionnée. En définitive il "nous" maintient dans notre culture de client vis à vis du domaine social et reste donc dans le cadre d'un état providence du client-roi. Ensuite, le succès du CESU serait aussi sa perte par manque de solvabilité s'il venait à se généraliser. D'autre part il n'évitera pas la confusion des genres activité productive/activité sociale, ni une catégorisation des actifs (tout à fait comme elle existe entre actifs du privé et actifs fonctionnaires à cause des fortes différences de statuts). Enfin, le nouvel Eldorado de l'emploi que devait être celui du service à la personne se révèle être un générateur de travailleurs pauvres très inégalitaire (voir "La France des travailleurs pauvres" de Denis Clerc-2008). L'observatoire des inégalités montre que ce système profite aux plus aisés.

    **Ces trois domaines font partie d'un seul dans le schéma de trifonctionnalité du monde Indo-Européen proposé par Georges Dumézil, le domaine de la fécondité et des nourritures. Les 3 domaines de Dumézil sont: 1)un ordre -appuyé ou non sur une mystique; 2)La force guerrière capable de défendre le 1) et 3)la fécondité et les nourritures, les biens. Toutefois, ce domaine de production des richesses présuppose un équilibre entre affectivité, productivité et socialité et non pas une hégémonie du seul pôle productif. Il suppose un équilibre entre le je et le nous, une équité au-dessus des autres valeurs.

    MAJ du 16/09/2013 La suppression de l'ANSP démontre que l'activité du domaine social nécessite un étayage institutionnel qui n'est pas celui du domaine productif.

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  • PIB et PIBED

    durable.pngL'économie durable est la conjonction de trois aspects de l'activité, un aspect économique, un aspect écologique et un aspect social. 

    Le PIB est souvent critiqué parcequ'il agrège des activités qui ne nous enrichissent pas, comme les déraillements de trains. Il serait sans doute plus efficace de mesurer la richesse d'un pays et son évolution sur la base de données comparables au capital propre et au résultat d'exploitation employées pour les entreprises. Toutefois, il est possible de contourner les inconvénients du PIB en le pondérant par des critères écologiques et sociétaux.  Sur ce site, et dans ce document de Jean Gadrey 2006, des présentations très pédagogiques de la question du PIB, des nouveaux indicateurs et des enjeux de la mesure des richesses. Ci-dessous, une tentative de mesure généraliste de la richesse que j'ai appelée le PIBED (PIB équitable et durable) qui serait le PIB divisé par un coefficient d'empreinte sans dimension Ce (Empreinte par habitant divisée par la biocapacité pour 8.5 milliards d'habitants, soit environ 1.33ha/personne) et divisé par un coefficient d'inégalité Ci aussi sans dimension (GINI de revenus disponibles/GINI optimum soit environ 0.22). Il est probable que l'indice GINI d'équité sociale optimum soit réalisé par les pays nordiques, il se situe vers 0.22 (l'indice GINI est compris entre 0 et 1. La valeur 1 correspond au cas ou toutes les richesses d'un pays sont concentrées dans les mains d'une personne; 0 correspond au cas d'une égalité parfaite).  

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       On obtiendrait un PIBED=PIB dans le cas d'un indice d'empreinte écologique de 1, c'est à dire sans dépassement de la biocapacité de la terre, couplé à des revenus disponibles pas plus dispersés que ceux des pays nordiques. Un PIBED supérieur au PIB indique qu'il reste des marges de biocapacité (ou théoriquement que l'indice d'inégalité GINI des revenus disponibles est inférieur à 0.22, ce qui n'existe nulle part). Un PIBED inférieur au PIB indique qu'on surexploite les ressources (et/ou dans une moindre mesure que l'indice d'inégalité est élevé), donc en général qu'on contracte une dette écologique (c'est le cas, et très largement, de tous les pays dits développés ou en développement).

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     La mesure n'est pas tout, mais un indicateur de mesure comme le PIBED pourrait valoriser les efforts écologiques et sociétaux et redonner sens à la notion de progrès. Jean GADREY expose avec sa compétence dans le domaine les intérêts que peuvent avoir le PIBED. Il ne faut toutefois pas perdre de vue que la tendance actuelle du monde développé est sous-traiter sa pollution aux pays émergents et qu'un indice comme le PIBED pourrait même favoriser cette tendance. La façon de comptabiliser les échanges dans le PIBED est donc très importante.

    Le gros avantage que je vois à utiliser un PIBED plutôt qu'un indice, c'est qu'il est facilement et directement compréhensible par les acteurs économiques. D'autre part, il ne dicte pas comment faire, à chaque population d'imaginer la façon de s'y prendre pour être à la fois compatible avec les ressources disponibles et que les richesses créées soient réparties assez équitablement pour que les personnes adhèrent à ce projet social. Globalement, le développement n'a pas, jusqu'ici, été contraint sur le plan énergétique et sur le plan matériaux, ce qui fait qu'on a actuellement une très forte corrélation PIB et empreinte écologique. Toute la question est de savoir si nous sommes capables d'une révolution culturelle et d'une révolution technologique qui nous permettraient de faire converger PIB et PIBED. Les évolutions du marché vont nous y aider. En effet, le prix de l'énergie, en particulier du pétrole (et très bientôt du nucléaire étant donné les faibles réserves en Uranium, donc inutile de rêver voir le nucléaire remplacer le pétrole; les énergies renouvelables de la mer nous donnent une seconde chance, saurons-nous la saisir?), ainsi que le prix des matières vont nous orienter vers plus de frugalité, ce qui ne signifie pas que nous allons retourner à l'âge de pierre. Le mode de vie des américains et le nôtre sont négociables.

    Des membres du FMI ont même publié (juin 2015) un rapport pointant l'effet négatif des inégalités sur le développement économique.

  • Groupe de discussion Etat Providence Participatif

    L'Etat Providence Participatif ouvre une boucle de discussion. Venez nous aider à le construire.

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    Etat Providence Participatif
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    L'état providence redistributif éprouve des difficultés économiques, pratiques et symboliques à assurer la réalisation de notre pacte social égalitariste. C'est que le transfert de richesses assuré au moyen de l'impôt se révèle insuffisant ou inadapté. La richesse réside en premier dans les connaissances et dans les relations. Le projet de l'état providence participatif est de mobiliser le stock de temps considérable dont notre société dispose afin de prendre soin des plus dépendants (service à la personne), de développer le soutien et l'encadrement à la lutte contre l'addiction, de soutenir la formation, en particulier des plus jeunes et, d'une façon générale, procurer une vraie reconnaissance au travail associatif bénévole. Il fonde le projet d'établir la pratique de deux métiers comme norme, un métier productif (privé ou public) soutenu par une économie de marché capitaliste et un métier social (privé ou public) soutenu par une économie de marché fluide ou distributif disposant d'une monnaie fondante. Il s'agit d'un projet d'essence socio-démocrate donnant toute sa place à l'acteur, aussi bien sur le plan économique que sur le plan social.

    Le but de ce groupe de discussion est de confronter et d'enrichir ce projet, en particulier sur le plan économique, sur le plan juridique et par une confrontation avec des situations très concrètes. 

     

    "La société industrielle liait un mode de production et un mode de protection. Elle scellait ainsi l'unité de la question économique et de la question sociale. La société post-industrielle, elle, consacre leur séparation et marque l'aube d'une ère nouvelle." Daniel COHEN, économiste.

  • Des indices de développement en croissance mais pas le culte PIBien de l'obésité.

    Le PIB (et ses petits) rythme l'activité et la confiance. Que cet indice chute et la confiance baisse et le moral se met en berne. Qu'il augmente et tout va mieux. Le problème bien connu de cet indice c'est qu'il intègre tout, y compris les déraillements de trains. Tout le monde sait que cet indice est en train de nous rendre complètement schyzophrènes, solidaires et écologistes 5 mn et PIBistes le reste du temps.

     

    Les adeptes de la décroissance oublient un élément majeur, c'est que la décroissance est désespérante et qu'elle n'est psychologiquement pas supportable pour les occidentaux. Que faire? Ce que Sarkozy vient de proposer à deux prix Nobel d'économie, Amartya SEN et Joseph STIGLITZ, c'est à dire de créer un nouvel indice (ou imposer un ou plusieurs de ceux déjà créés  IDH, IPH, IPF, ISS, cf collectif FAIR, voir la commission des deux Nobel ). Voir article de Jean Gadrey et Forence Jany-Catrice par exemple . En fait, le terme de décroissance est malheureux, parce que les adeptes de la décroissance visent bien, pour la plupart, à poursuivre le développement. C'est à dire qu'ils ne sont pas en rupture avec l'idée de progrès, mais plutôt avec la conception quantitative de croissance que le PIB lui confère aujourd'hui. Il conviendrait donc de bien différencier les thèses de décroissance qui proposent une rupture avec le mythe du progrès  de celles qui proposent un développement vraiment durable et qui ne sont pas en rupture avec le progrès. Encore que ce développement durable n'est bien souvent qu'un cache sexe pour faire survivre la croissance (lire Serge Latouche qui n'est pas en rupure avec l'idée  progrès mais qui est un fin analyste des divers travestissements du développement quantitatif).

     

    Pour fonctionner, ce nouvel indice (sans doute faudrait-il plutôt s'appuyer sur un ensemble d'indices, parce que la société est complexe et qu'on n'imagine pas estimer son état de santé par exemple sur le seul critère de la température) devra respecter les principes d'une économie durable et en même temps pouvoir croître pour fonder la confiance sans laquelle il n'est pas d'économie...durable. D'autre part, l'actualité nous démontre qu'il existe une tendance des gouvernements à manipuler les indices (chômage, coût de la vie). J'ajouterais que la société civile ne peut se mobiliser que pour des indicateurs assez transparents et assez significatifs (calculez votre empreinte écologique). Le fait que le PIB ne colle plus avec le progrès explique en partie la désaffection populaire pour cet indice. L'indice d'évolution du coût de la vie est en train d'être déconsidéré parce qu'il ne colle plus avec la vie quotidienne (en grande partie à cause des loyers et maintenant des produits alimentaires, de l'énergie...) alors que celui du chômage l'est depuis longtemps, d'autant plus que l'ANPE s'oriente vers une politique de radiation de plus en plus marquée.

     

    Si ces deux Nobel arrivent à créer cet indice (ces indices) et qu'il s'impose, ce sera une des révolutions économiques les plus importantes depuis l'avènement de l'économie. En effet, notre société repose sur le mythe du progrès et la flèche principale qui mesure ce progrès est le PIB. La croissance (du progrès) est l'augmentation du PIB. Nous confondons croissance et obésité. Il ne s'agit pas de remettre en cause le mythe du progrès (comme le croit Claude Allègre, suivi par Jacques Attali, quand ils fustigent le principe de précaution), mais de lui redonner un contenu sensé en accord avec des objectifs sociaux et environnementaux solidaires et responsables. On pourrait promouvoir un indice du type PIB/(empreinte écologiquexindice d'inégalité). Est-ce impossible? Le développement "réel" (par similitude avec l'expression de communisme ou socialisme "réel") ne peut-il avoir d'autre forme que la forme destructrice que nous lui connaissons?

    Un échange sur le même thème sur le blog de Paul JORION

     Jorion18 03 2008.pdf

  • La société de défiance

    Le groupe CEPREMAP (centre pour la recherche économique et ses applications) a publié courant 2007 un ouvrage intitulé "La société de la Défiance; comment le modèle français s'autodétruit" sous la direction de Daniel COHEN. Cet ouvrage de moins de 100 pages très documenté peut apporter beaucoup d'éléments de réponses à tous ceux qui penchent fortement vers le "tous pourris", sans bien comprendre d'où cela vient. Un lien entre les traits fortements corporatistes de notre état providence, le fort étatisme (l'état fourre son nez partout) et la défiance généralisée des français y est clairement établi. A lire par tous les révoltés, même si ça fait un peu mal!

     

     

  • Le trou démocratique et le débat sur les départements

    Supprimer les départements est une réponse au lieu commun qui dit que la France comporte trop de niveaux administratifs. Entre l'état et la commune, il y a la région, les départements et les cantons, ce qui fait 5 étages. Si on fait une analyse complète de la société, il faudrait ajouter l'individu ou plutôt le citoyen (ou la famille ou groupe de vie qui est le lieu ou les échanges quotidiens ont lieu et qui peut à ce titre être considéré comme l'échelon politique de base). D'un point de vue quantitatif, on a 26 régions pour un état, 4 départements par région, 44 cantons par département et 8 communes par canton. Soit quelques unités à quelques dizaines d'unités d'un niveau à l'autre.

     

    Mais il y a environ 1700 individus en moyenne pour une commune (soit environ 500 familles si on se réfère à ce critère). Cette fois la proportion n'est plus de quelques dizaines mais de quelques centaines. Il y a donc ici une rupture, un trou démocratique, entre d'une part les élites et les professionnels de la politiques qui sont capables de décoder les enjeux des choix politiques à faire et d'autre part les individus dans leur ensemble manipulables parce qu'isolés. Il y a un trou entre ceux qui ont prise sur l'actu, qui en font partie et ceux qui la subissent. L'explosion des NTIC (nouvelles technologies de l'information et de la communication) permet à des groupes de réflexion, des forums en tous genres de combler en partie ce vide. La démocratie participative se forme cahin caha en dehors des cadres institutionnels, sans accéder à une maturité suffisante pour devenir délibérative. Cette question du trou démocratique me semble mériter une attention beaucoup plus grande que l'actuel débat sur les départements lancé par le "plan" Attali. En effet, comment expliquer le hiatus qui s'est formé entre les classes dominantes, politiques, économiques et médiatiques appelant très majoritairement à voter pour le oui au projet de constitution européenne en 2005 et le succès sans réserve du non?

    Entité Nombre d’entités Nombre moyen de personnes par entité
    Etat 1 63000000
    Région 26 2423077
    Département 100 630000
    Canton (4500) 14000
    Commune 36000 1750
    Citoyen 63000000 1
  • Monnaie fondante affectée, monnaie travailliste, monnaie de gauche?

    On connaît la monnaie capitalisable, celle que tout le monde utilise. Mais que pourrait être une monnaie fondante, et à quelle fin - Jean-Marie HARRIBEY 2002; André-Jacques HOLBECQ 2004; The Transitioner ; projet SOL ; Article sur le Berliner .

    Une monnaie peut fondre de plusieurs manières, en faisant diminuer sa valeur ou en faisant diminuer sa masse, sa quantité avec le temps. Pour qu'une monnaie soit fondante, il faut que l'épargne ne rapporte rien et même moins. Dans cette condition, il y a plus intérêt à consommer au plus vite cette monnaie qu'à la capitaliser sous une forme ou sous une autre. Une telle monnaie n'est pas adaptée à toute activité qui nécessiterait un investissement. Elle ne viserait donc pas à remplacer la monnaie capitalisable mais à fonctionner en tandem avec elle sur un domaine d'activité défini. Elle se rapproche du travail et le travail ne se trouverait pas en infériorité relativement à cette monnaie (contrairement à la situation du travail devant le capital). En définitive il s'agit d'une monnaie plus proche du temps passé que des biens matériels, d'une monnaie "travailliste" par opposition à la monnaie "capitaliste".

    La solution inflationniste (diminution de la valeur) nécessite de modifier sans cesse la valeur de référence de la monnaie. Je préfère la méthode de diminution programmée du volume. La technologie actuelle permet de faire diminuer la quantité en temps réel d'une monnaie qui n'existerait que sous forme numérique. D'un point de vue pratique la carte à puce et toute la technologie associée permettrait de manipuler facilement cette monnaie fondante.

    Dans l'optique d'une économie plurielle comportant un domaine social régi par une monnaie fondante (donc monnaie fondante affectée dans ce cas au domaine "social" ou "socio-culturel"), une banque pourrrait périodiquement (mensuellement par exemple) distribuer une allocation aux personnes dépendantes correspondant à la fonte programmée. Ces personnes pourraient dépenser cette monnaie pour des activités de service à la personne ou toute autre activité qui ferait partie de ce domaine ou le profit n'a pas de sens (activité socio-culturelle en général). Toute une économie parrallèle du non profit (un marché) pourrait ainsi être stimulé par cette monnaie. Il y a fort à parier que toute l'économie pourrait bénéficier de ce noyau d'activité, de ce surplus de vitalité.

    Il y a déjà eu une vingtaine d'expériences d'utilisations, plutôt réussies, de monnaies fondantes dans l'histoire, à chaque fois sur une étendue géographique très limitée mais sans délimitation de secteur d'activité particulier. Dès que leur succès et leur réussite deviennent importants, elles se retrouvent de fait en situation de concurrence avec la monnaie capitalisable en place. Le choix politique de les évincer en les interdisant devient alors inévitable sans une révolution. Ce que je propose ici est différent, il s'agit d'une proposition réformiste où la monnaie fondante ne serait pas en situation de concurrence avec la monnaie capitalisable, mais lui serait complémentaire. Je propose d'étendre une monnaie fondante à l'échelle d'un état mais en la cantonnant à des activités pour lesquelles les gains de productivité n'ont que très peu de sens (les activités sociales de prise en charge des dépendants et les activités associatives socio-culturelles).

    En définitive, ce que je propose, c'est une monnaie de gauche, apte à gérer efficacement nos besoins sociaux directement du point de vue du temps passé , sans passer par la dissipation de l'état providence, allégeant les prélèvements, déconnectée de la bourse et du capital, non marchandisable.

    Roger SUE (Quelle démocratie voulons nous , 2006 La découverte, p.30) adhère à l'idée d'une monnaie alternative: "...les activités non marchandes des associations ne donnant pas lieu directement à une création monétaire, il serait utile de généraliser un titre d'échange (une monnaie, pourquoi pas fondante, ndr) reconnaissant les services rendus et permettant en retour d'en acquérir d'autres (services)."

    Y a-t'il des économistes qui pourraient alimenter ce débat (à partir de considérations économiques, bien entendu!)?