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27/06/2008
PIB et PIBED
L'économie durable est la conjonction de trois aspects de l'activité, un aspect économique, un aspect écologique et un aspect social.
Le PIB est souvent critiqué parcequ'il agrège des activités qui ne nous enrichissent pas, comme les déraillements de trains. Il serait sans doute plus efficace de mesurer la richesse d'un pays et son évolution sur la base de données comparables au capital propre et au résultat d'exploitation employées pour les entreprises. Toutefois, il est possible de contourner les inconvénients du PIB en le pondérant par des critères écologiques et sociétaux. Ci-dessous, une tentative de mesure de la richesse que j'ai appelée le PIBED (PIB équitable et durable) qui serait le PIB divisé par un coefficient d'empreinte sans dimension Ce (Empreinte par habitant divisée par la biocapacité pour 8.5 milliards d'habitants, soit environ 1.33ha/personne) et divisé par un coefficient d'inégalité Ci aussi sans dimension (GINI de revenus disponibles/GINI optimum soit environ 0.22). Il est probable que l'indice GINI d'équité sociale optimum soit réalisé par les pays nordiques, il se situe vers 0.22 (l'indice GINI est compris entre 0 et 1. La valeur 1 correspond au cas ou toutes les richesses d'un pays sont concentrées dans les mains d'une personne; 0 correspond au cas d'une égalité parfaite). On obtiendrait un PIBED=PIB dans le cas d'un indice d'empreinte écologique de 1, c'est à dire sans dépassement de la biocapacité de la terre, couplé à des revenus disponibles pas plus dispersés que ceux des pays nordiques. Un PIBED supérieur au PIB indique qu'il reste des marges de biocapacité. Un PIBED inférieur au PIB indique qu'on surexploite les ressources, donc qu'on contracte une dette écologique
(c'est le cas, et très largement, de tous les pays dits développés ou en développement). Dans le graphe, le PIB par habitant en dollars est celui de l'année 2003 (source OCDE); l'empreinte écologique en ha est celle de l'année 2003 (source Global Footprint Network) l'indice GINI des revenus disponibles est celui de l'année 2000 (source OCDE, je n'ai pas trouvé l'équivalent pour 2003, mais cet indice évolue assez lentement et l'utilisation des chiffres de l'année 2000 pour le GINI est acceptable). La mesure n'est pas tout, mais un indicaeur de mesure comme le PIBED pourrait valoriser les efforts écologiques et sociétaux et redonner sens à la notion de progrès (Discussion sur le blog de Jean Gadrey d'Alternatives économiques à ce sujet des indices alternatifs et du PIBED).
A partir de ce PIBED, il serait simple de transcrire l'effort à accomplir pour tendre vers un développement équitable et durable en faisant le ratio (PIB-PIBED)/PIB=1-1/CeCi. Plus ce ratio serait élevé et plus l'effort serait important et plus il serait faible et plus le développement serait équitable et durable. Le gros avantage que je vois à utiliser un PIBED plutôt qu'un indice, c'est qu'il est facilement et directement compréhensible par les acteurs économiques. D'autre part, il ne dicte pas comment faire, à chaque population d'imaginer la façon de s'y prendre pour être à la fois compatible avec les ressources disponibles et que les richesses créées soient réparties assez équitablement pour que les personnes adhèrent à ce projet social.
Les valeurs négatives pour le Maroc et l'Inde sont dues à la faible empreinte écologique de ces deux pays (0.8ha par personne) qui ont un GINI de revenus disponibles assez élevé (0.30). Globalement, le développement n'a pas, jusqu'ici, été contraint sur le plan énergétique et sur le plan matériaux, ce qui fait qu'on a actuellement une très forte corrélation PIB et empreinte écologique. Toute la question est de savoir si nous sommes capables d'une révolution culturelle et d'une révolution technologique qui nous permettraient de faire converger PIB et PIBED. Les évolutions du marché vont nous y aider. En effet, le prix de l'énergie, en particulier du pétrole (et très bientôt du nucléaire étant donné les faibles réserves en Uranium, donc inutile de rêver voir le nucléaire remplacer le pétrole; les énergies renouvelables de la mer nous donnent une seconde chance, saurons-nous la saisir?), ainsi que le prix des matières vont nous orienter vers plus de frugalité, ce qui ne signifie pas que nous allons retourner à l'âge de pierre. Le mode de vie des américains et le nôtre sont négociables. Quelques uns s'y sont déjà mis sérieusement comme le rapporte l'excellent reportage "Mouloud passe au vert".
11:47 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : projets de société, politique, ps, modem, mouvement démocrate, economie sociale et solidaire, ess












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Commentaires
Pourquoi pas ?
Mais est-ce à dire que quand je vis tout seul dans un grand désert, j'ai un IDE fort ?
Manque donc l'Alégrie, dans ton diagramme...
Y'a-t-il aussi un indice pour Coconuts Island ? Tu sais cet archipel au large de l'Australie, dans l'Océan Indien, qui concentre une activité financière et Internet telle qu'il n'y a pas d'impôt ni de costiations sociales pour un fort bon niveau de vie...
Une sorte de paradis Monégasque sous les tropiques !
Et puis une question : pourquoi cet idée que la richesse de ce monde doit être partagée égalitairement ?
Juste comme ça, à quoi ça te sert d'être très, immensément riche ?
Tu ne l'emporteras pas dans ta tombe, à ce que je sache...
Rappelle-toi combien de gagnant au loto finissent quasiment ruiné, tôt ou tard...
Ils ont dépenser leur fric à faire bosser autrui, qui eux-mêmes en ont proftier pour vivre un peu mieux, à ce que je sache : Tout rien que du PIB brut !
Ecrit par : L'Ignoble Infreequentable | 30/06/2008
L'algérie y est. J'ai estimé que chacun avait droit à la même empreinte écologique. C'est une moyenne, il est évident que si tu habites au nord du Canada, tu vas avoir légitimement besoin de plus d'énergie à cause du climat.
Quel que soit l'ince qu'on construira, on trouvera des cas particuliers qui seront très bien lotis et d'autres très mal, faut-il pour cela renoncer à passer du PIB à utre chose? Dans l'économie américaine, il est clair que depuis les années 70 je crois (à vérifier la date) il y a un découplage entre PIB et GINI, ce qui signifie que la croissance ne profite plus à tous. Les 10 ou 20% les plus riches le deviennent au détriment des autres 80%.
Immensément riche, pourquoi faire? En effet. Je ne vois pas ce que tu veux dire par rapport à cette note qui va dans le sens d'une meilleure qualité de croissance plutôt que d'une immensité égoiste et suicidaire.
Ecrit par : Michel MARTIN | 30/06/2008
Excuse... je n'avais pas vu !
Ton commentaire au mien touche à la bonne question...
Pourquoi s'enrichir, pour quelques-uns seulement, à en saccageant la planète de tous ?
Je n'avais pas tout compris auparavent... nain du neurone que je peux être parfois !
Oui, pourquoi ?
Sinon que la "richesse" du compte en banque, nourrit aussi nbécessairement les autres (à plus ou moins brève ou longue échéance).
Je le répète, on ne part pas dans sa tombe avec son pognon.
Donc celui-ci devient celui d'autrui, par la force des choses.
Et comme je le dis sur un autre commentaire, l'argent n'est qu'un outil, rien de plus qu'un marteau ou un tournevis : la vrai richesse, c'est de savoir s'en servir.
Sur ce coup-là, Bill Gates me donne réellement à réfléchir : il y a du génie dans ce type là, à n'en pas douter !
Fallait-il qu'il saccage la planète de tous pour venir soulager la misère de quelques autres ?
La question reste ouverte...
Ecrit par : L'Ignoble Infreequentable | 30/06/2008
Bill Gates, très spectaculaire. Perso, ça m'ennuie de devoir dire merci à un "grand généreux". Je m'étais posé cette question quand François Pinault avait généreusement dédommagé les nettoyeurs bénévoles des plages après l'ERIKA alors que Total ne faisait aucun geste. Pinault fait des placements symboliques, tout comme Gates. Tout ça me rappelle trop les systèmes féodaux. Je préfère mettre mon énergie dans les institutions, dans les mécanismes de redistribution des richesses, des activités, des sièges politiques etc...Ce n'est pas du tout contradictoire avec le principe de marché (mise en face d'offres et de demandes et ajustement par les acteurs).
Sur un autre plan, il existe une corrélation entre taux d'incarcération et taux d'inégalité qui me laisse pensif. La corrélation n'est pas complète parce qu'un autre facteur important n'est pas pris en compte: la portance sociale. La portance sociale, c'est la famille, les amis, le clan, la communauté, tous ceux sur qui tu peux compter pour ne pas te laisser tomber en cas de pépin qui te l'apportent. C'est assez évident que plus tu es sociabilisé et moins tu seras contraint à faire des conneries pour t'en sortir.
Ecrit par : Michel MARTIN | 02/07/2008
Naturellement, Michel : on ne devient pas bandit de sang-froid, mais parce que le situationnisme appliqué t'y oblige !
Quoique la "facilité" que cela procure est parfois attractive. Perso j'y songe de temps à autre à devenir voyou.. Je me ferai moins ch... et vivrai mieux.
Mais je me retiens.
Quant à savoir si le féodalisme est ou n'est pas de retour à travers les institutions... Mon ami, on parle bien de baronnie de tel ou tel homme politique, voire de fief, on cause de mandarin dans les facs et les hôpitaux.
En quoi est-ce donc bien différent ?
Ecrit par : Infreequentable | 02/07/2008
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