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Les structures collectives

Sommes nous tous désireux de poursuivre l'individualisation de nos modes de vie et en sommes nous tous capables? Nos élites pensent les structures sociales pour les plus autonomes et laissent tomber une bonne part d'entre nous, oubliant les "ornithorynques", les fatigués d'être soi. J'invite à une réflexion et à la construction de nouvelles collectivités ouvertes et démocratiques de façon à donner le choix, de façon à donner du sens à la liberté.

Quatre versions successives de tentative d'élaboration d'une structure collective ouverte centrée sur le care ou le domaine social, écrites entre 1994 et 1998, retracent mes premiers pas naïfs de recherche de solution aux maux de notre individualisme, sans sacrifier notre liberté. Sans le savoir, j'ai mis mes pas dans ceux d'Auguste COMTE qui est l'inventeur du concept de sociocratie qu'il opposait aussi bien à l'aristocratie (dont le paternalisme ou le couple hiérarchie/subordination est un avatar) qu'à la démocratie qui conduit à l'individualisme que nous vivons aujourd'hui. Murray Bookchin aurait aussi pu être un de mes guides si je ne l'avais découvert si tard, tellement je me sens en phase avec son approche politique humaniste. D'autant qu'il a pu vivre en direct les dégâts causés par le bolchévisme sur toute la gauche et qu'il en a tiré les conséquences.

Parmi les structures collectives disponibles:

Mise en perspective de l'identité moderne avec Alain TOURAINE.

La sociocratie qui consiste à faire converger les énergies individuelles afin de créer un collectif moderne me semble être l'approche la plus élaborée pour supporter la refonte de notre pacte social, sans pour autant en changer la devise qui a déjà tout ce qu'il faut, si ce n'est une plus grande ouverture aux réalités écologiques (j'ai proposé de façon littéraire de remplacer fraternité par océanité pour exprimer ce léger décalage dont je souhaite que notre devise prenne acte). Pour passer du citoyen individualiste au citoyen coopératif, je crois qu'on ne peut faire l'impasse des critiques d'Auguste Comte. Je crois que son idée de sociocratie peut être une piste de rénovation de la démocratie afin qu'elle passe d'anarchique à sociale. La sociocratie d'Auguste Comte manque d'outils pratiques, mais celà ne signifie pas qu'on ne peut les forger efficacement. Ainsi, dans les années 70-80, Gérard Endenburg a t'il réussi à mettre sur pied une première formule de mise en synergie des individualités dans l'entreprise dont il a été le patron. Son entreprise a très bien survécu à son départ et a continué avec bonheur a y faire vivre une organisation sociocratique.

La sociocratie épouse naturellement mon parcours personnel. Jiddu Krishnamurti, Oliver Sacks, Aldo Naouri et Alain Touraine forment un panthéon des auteurs qui ont préparé et sous-tendent mon adhésion à la sociocratie. Jiddu Krishnamurti m'y a préparé sur un plan personnel, il m'a aidé à comprendre et sentir ce qu'était le passé, à saisir le poids des idées reçues dans la perception du présent. Il m'a invité à réduire, voire me défaire des idées reçues, y compris celles de la veille ou même celle datant de 5 mn (du passé donc). Mission impossible sans doute, mais discipline si enrichissante parce qu'elle aide considérablement à améliorer la qualité des informations que nous percevons en réduisant le bruit des idéologies. Une des idées forces d'Endenburg et de la conduite des systèmes s'appuie sur l'importance de la qualité des informations qui circulent dans le système. Oliver Sacks (l'Homme qui prenait sa femme pour un chapeau) démontre dans ses expériences auprès de ses patients atteints de troubles neurologiques graves que si on travaille à développer leurs qualités plutôt qu'à réduire leurs insuffisances, alors les résultats étaient bien meilleurs. Ce n'est pas à proprement parler un jugement thérapeutique, mais plutôt un jugement humaniste. Il constate que la qualité de vie de ses patients, leur épanouissement et leur autonomie en sont particulièrement améliorés. La sociocratie consiste à mettre en commun et développer ce qu'on a de meilleur, elle ne pousse pas à valoriser nos travers ni à rechercher la perfection. Aldo Naouri est ma découverte la plus récente. Ce pédiatre montre comment le oui et le non s'articulent et se complètent dans un couple pour favoriser une éducation efficace, ferme et pourtant non-violente des enfants. Le oui est plus féminin, il peut être assimilé à l'écoute, l'attention portée aux informations et à la voix de chacun des éléments du groupe, valeur que la sociocratie encourage, en particulier avec la règle "plus aucune objection d'aucune personne". Le non est aussi une expression du choix, de la capacité de décider, c'est le versant viril du tandem. La sociocratie ne lache rien sur le plan de la structuration hiérarchique du pouvoir, c'est à dire sur sa capacité à dire non, mais sans pour autant encourager et permettre l'abus de pouvoir (l'autonomie de décision à l'intérieur de chaque cercle). Enfin Alain Touraine s'est trouvé à l'origine de ma réflexion sur notre organisation sociale avec "qu'est-ce que la démocratie". Il nous interpelle sur la combinaison de l'individu et du groupe, prenant acte de la dissolution du citoyen dans le marché et refusant la régression vers le communautarisme et les subordinations animales qui l'accompagne, et dont nous nous sommes extraits à la révolution. Il souligne l'intérêt d'Auguste Comte (découverte récente pour moi, en même temps que la sociocratie) pour repenser notre articulation entre le je et le nous. Voilà en quelques mots les chemins qui m'ont conduit à devenir sociocrate, en soutien à mes réflexions et expériences personnelles.

La maison verte de Françoise Dolto, un collectif entièrement en phase avec l'idée de l'état providence participatif.

Un baptême civil adossé à un collectif de parrains pourrait se montrer très efficace pour recoudre concrètement la société au delà des clivages de tous ordres.

Les Voisins Solidaires, une tentative de créer une institution de solidarité ordinaire (ni confessionnelle, ni éthnique) par le bas. J'applaudis.

L'échec des éco-villages ou des éco-lieux des années 1990-2000 illustre que la bonne volonté ne suffit pas et que la création de collectifs viables n'est pas une affaire d'amateurs. Le même phénomène s'atait produit avec les communautés qui avaient fleuri après 68 et qui ont disparu très rapidement pour la très grande majorité. La boîte à outils sociocratique d'Endenburg apporte un moyen 4x4 bien éprouvé de conduite participative d'un collectif qui ne requiert pas de connaissance particulière en sciences sociales ou en capacités de management et que je ne saurais que recommander vigoureusement à tous les créateurs amateurs de collectifs désireux de ne pas créer ce qu'on nomme le plafond de verre qu'on rencontre dans les organisations autoritaires. Le rôle du plafond de verre est d'empêcher certaines informations pertinentes, protégeant des privilèges de dirigeants, de remonter au sommet et à la vue de tous. On retrouve cette structuration dans les organisations religieuses qui jouent un rôle important dans le maintien d'un ordre profitant à un petit nombre. Par exemple Levi-Strauss, dans "Tristes tropiques" décrit très bien le plafond de verre rituel des Bororos et comment il verrouille la parole.

Les coopératives Intégrales initiées à Barcelone en 2009, mouvement très ambitieux qui vise rien moins qu'à apporter concrètement une alternative au capitalisme, et très modeste à la fois dans sa démarche pratique. Une reprise du mouvement des socialistes utopiques, mais cette fois avec des coopératives INTEGRALES et non des coopératives INTEGREES, ce qui peut faire toute la différence du point de vue de la viabilité, puisque toutes les coopératives intégrées des utopistes ont échoué. Espérons que leur déni de toute hiérarchisation fonctionnelle, propre à tous les mouvements autogestionnaires, et la faiblesse des outils de prise de décision, ne viennent pas détruire les processus d'intelligence collective qu'ils ont initié, ce qui signifierait un échec programmé.

Maisons de retraites autogérées, les Babayagas.

L'expérience d'entreprise libérée d'Alain Godard.

Le dernier mot pour Jean Zin: le rôle de la politique (en pdf), et le massacre des utopies pour gagner un peu de temps.

Enfin, le très profond texte d'Henri Laborit sur la Nouvelle grille. La sociocratie garde une structuration hiérarchique, mais elle permet aux membres de chaque sous-groupe de se donner et de remplacer les leaders qu'elle veut (vote sans candidat aux postes clés d'un groupe).

Un texte averti des processus collectifs, à combien pouvons nous coopérer? Par Jean-Michel Cornu. Très intéressant pour développer des processus d'intelligence collective. Et la Fing (Fondation internet nouvelle génération).

Le CIRI, Collective Intelligence Resaerch Institute. Et tout le site de Jean-François Noubel. Une connaissance et une mise en perspective très approfondie de l'intelligence collective appliquée aux groupes humains.

L'intelligence collective, Co-créons en conscience le monde de demain, livre co-écrit à 7: Christine MARSAN, Marine SIMON, Jérôme LAVENS, Gauthier CHAPELLE, Sybille SAINT GIRONS, Thomas Emmanuel GÉRARD, Éric JULIEN

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