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L'idéologie et l'intelligence collective

LES MÊMES ET LES DIFFÉRENTS

Je fais le choix de forcer un peu le trait, quitte à revenir un peu en arrière ensuite.

L'idéologie agit comme un processus de formatage de personnes sur le même modèle. Ceux qui sont différents sont éliminés du groupe dans les moments les plus critiques. On peut citer la religion avec l'inquisition, le communisme avec les "ennemis du peuple" etc... Même dans les moments moins aigus, ce mécanisme de rejet des différents est observable dans les groupes dominés par l'idéologie. On peut résumer ce trait par la formule: l'idéologie est indissociable de la fabrique des "mêmes". Le principal facteur de différenciation des "mêmes" se situe au niveau de la lutte des places au sein du groupe idéologique.

L'intelligence collective d'un groupe est l'art de mettre en commun les points de vue divers de ses membres, de les métaboliser. A ce titre, la gestion de l'intelligence collective cultive la détection et la protection des différences qui permettent d'enrichir son information. Un groupe régi par une culture, une pratique de la gestion de l'intelligence collective, sera donc plus riche en "différents".

Il est possible de savoir le degré d'idéologie et le degré d'intelligence collective d'un groupe dans lequel on se trouve à son degré de tolérance de la différence, ou inversement à sa tendance à exclure ceux qui sont différents.

Il est commun d'affirmer que les membres d'une communauté d'animaux sociaux, comme les abeilles ou les fourmis, forment une communauté de "mêmes". Ce n'est qu'une première apparence. Des expérimentations d'abeilles "mêmes" sont rapportées par JC Ameisen (Sur les épaules de Darwin). Ces communautés d'abeilles ayant le même patrimoine génétique ne sont pas viables. Elles ne régulent pas, elles sont incapables de produire assez d'intelligence collective, contrairement à une ruche "sauvage" qui comporte une assez grande variété génétique (la reine est fécondée par plusieurs bourdons, jusqu'à plus de dix, et pas ceux de sa propre ruche. Elle conserve tout leur sperme dans une spermathèque).

Ne serions-nous pas à une période de changement culturel profond? Un changement qui nous ferait passer progressivement d'une période essentiellement idéologique qui a cours depuis le début de l'humanité à une période maîtrisant la gestion de l'intelligence collective. C'est à dire d'une période dominée par la fabrication des "mêmes" à une période où les "différents" deviennent dominants? Les mécanismes qui sous-tendraient cette mutation sans précédent seraient poussés par la révolution numérique et les NTIC. Par exemple, les entreprises qui se mettent au management agile, qui est un management des "différents", ne le font pas par plaisir, mais plutôt parce que c'est plus performant et en adéquation avec la situation, avec les données de l'époque. Quand Gerard Endenburg met au cœur de son dispositif de management (la sociocratie) le principe suivant:  toutes les objections argumentées, sans exception, doivent être prises en compte, il y place résolument, audacieusement, radicalement un antidote puissant à l'idéologie, il met les "différents" en sécurité, il protège à la fois les objecteurs et les objections. Des groupes comme le Groupe SOS sont-ils des précurseurs ou des points singuliers?

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