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Etat Providence Participatif

Nom: Michel MARTIN 

"L'essentiel est de mener une vie décente basée sur la solidarité." Oscar Niemeyer.

Frédéric Boyer nous rappelle qu'il n'y a pas de civilisation qui ne se soit pas fondée sur l'hospitalité.


Autre blog sur l'école: L'école désadolescentée.

♡Tous les articles de ce blog sont en ♡Copyheart, mais inutile de les imprimer pour les partager.

Contribuer à réinventer la gauche en faisant appel à l'intelligence collective, dans le désert idéologique français presque abandonné depuis la domination écrasante du marxisme, c'est mon souhait. La démarche politique se veut plus "évolutionniste" que "moraliste", c'est à dire qu'elle recherche des pistes viables.

Identité intellectuelle: La solidarité de Léon Bourgeois, dont je suis héritier, et la socio-organisation ont ma préférence politique théorique et pratique. Pour résumer, je dirais que je suis solidariste et subsidiariste. Le relativisme, celui de Bruno Latour par exemple,  a ma préférence philosophique (j'ai un petit faible pour le tableau de Magritte intitulé "Ceci n'est pas une pipe" qui figure très bien à mes yeux le relativisme). L'autogestion, ainsi qu'une bonne partie de l'idéal de gauche, se paralyse dans une radicalité autogestionnaire neutralisant tout moyen efficace de décider, alors que tout organisme complexe, comme toute organisation comporte une certaine hiérarchie de ses fonctions. Il me semble que la sociocratie d'Endenburg peut être un moyen de faire sortir l'autogestion de son impuissance (cf le fort courant autogestionnaire entre 1970 et 1980 qui n'a débouché sur aucune suite politique).

Vous connaissez Daryush Shayegan? Si oui, vous auriez pu me dire que c'était mon frère jumeau de 20 ans de plus que moi. Si non j'ai le plaisir de vous faire part d'une expérience assez unique, celle de la découverte d'une personne en complet accord avec moi. C'était sur France Culture, Brice Couturier interviewait Daryush Shayegan pour la sortie de son livre "La conscience métisse" et chacune de ses réponses, de ses observations, de ses explications coïncidaient au millimètre avec mes propres convictions, mes observations etc... J'avais déjà découvert un cousin proche en la personne de Amin Maalouf à qui je demandais de faire un petit effort, pour qu'il passe franchement à une conception d'identité cognitive, mais avec Daryush Shayegan, il n'y a pas un iota de différence, si ce n'est sa grande culture et son histoire propre.

Presque tout le blog jusqu'en 2007 en un seul fichier Etat Providence Participatif.pdf

L'expérience qui incarne le mieux l'Etat Providence Participatif comme je le vois, c'est celle de la Maison des Sources de Besançon, elle me semble fondatrice d'une société inclusive que j'appelle de mes voeux. Toutefois, cette structure demeure trop cantonnée aux exclus, ce qui conduit à les stigmatiser de fait malgré tout le remarquable savoir faire, le regard et l'enrichissement des capacités d'échanges des participants,  et pas assez tournée vers le marché. De ce point de vue, la Maison des Sources gagnerait à s'inspirer de la Coopérative Municipale de Jean Zin, ce qui n'a rien d'évident mais me semble prendre en compte l'avènement de l'ère de l'information.

Pourquoi créer un Blog ? Parce que depuis les années 90 je développe en solo, mais selon un état d'esprit proche de celui de Léon Bourgeois, un modèle social alternatif au communisme et au libéralisme (HistoriqueEPP.pdf) qui s'inscrive dans le large domaine socio-démocrate, sans pour autant tomber dans les travers communs aux utopies que met si bien en évidence Jean ZIN. Ce que je tente de faire pourrait se nommer "Sociologie Moléculaire" dans le sens où je crois avoir repéré que le maillon qui conditionne la société se situe au niveau du groupe de base. Il faut remarquer que depuis la chute de l'empire soviétique, l'alternative ne se pose plus tout à fait dans les mêmes termes que par le passé. Aujourd'hui, le productivisme gagne du terrain (voir l'AGCS par exemple). Notre organisation sociale basée sur un état-providence redistributif est de plus en plus contestée pour des raisons de coût et d'efficacité. Notre société est devenue une société des individus dans laquelle la monnaie, outre son rôle économique, est un fort support du lien social. Le choix social pour l'avenir semble aujourd'hui devoir se faire entre rénovation de l'état-providence et multiculturalisme. J'opte pour la rénovation de l'état-providence (qui n'est toutefois pas opposé au multiculturalisme, mais qui permettrait de ne pas le subir comme conséquence du vide de la solidarité effective) en proposant de le faire évoluer vers un état-providence participatif. Ma démarche est avant tout pratique, toutefois j'ai tenté d'inscrire mes propositions dans le droit fil de la révolution et de ce j'ai pu saisir de notre contrat social tacite actuel. Il s'agit avant tout de définir des conditions de solidarité effective sans retomber dans le travers bureaucratique et en évitant une recommunautarisation obligée. Le moment est venu de partager mes réflexions et de les confronter. Les collectivistes pensent avoir le monopole de la justice sociale et de la solidarité. Les libéraux pensent avoir le monopole du développement économique et de la liberté. Tentons de démontrer qu’il n’en est rien et que les deux ne sont pas contradictoires. Quand à la perspective multiculturaliste, je crois qu'elle n'est plus adaptée à la France. Toutefois, il est possible que la laïcité à la française nous conduise à la mort de notre pacte social. Une laïcisation proche du concept et du phénomène de créolisation décrit par Edouard Glissant peut-elle nous aider?

Eviter les boucs-émissaires La démarche que j'ai adoptée est essentiellement institutionnelle. Il m'a semblé inutile de rechercher des boucs-émissaires pour expliquer et combattre la situation de forte exclusion que nous vivons douloureusement aujourd'hui. Douloureusement pour ceux qui sont le plus exclus et douloureusement pour ceux qui les voient sans trop savoir que faire et qui voient notre pacte social implicite se dissoudre dans le quotidien. Il me semble qu'il existe des marges de manoeuvre hors des sentiers battus de l'économie, des marges de manoeuvre sociales et participatives que je vais tenter d'exposer dans ce blog.

 Solidarité ou pas solidarité ? Je fais le choix délibéré de la solidarité. C’est à la mode, mais je vais tenter de sortir de l’incantation. Je ne vois aucune raison de sacrifier une seule personne sur l’autel de l’économie à partir du moment où la redistribution est en panne et que ce sont surtout les actionnaires qui profitent des efforts de tous (avec les règles du jeu actuelles, "tous actionnaires" est une utopie pour ceux dont les fins de mois sont déjà plus que difficiles).

Le progrès est-il compatible avec la solidarité ? Depuis au moins 1789 nous sommes devenu une civilisation du progrès. Le progrès est-il compatible avec la solidarité ? C’est une question difficile.

 Liberté ou pas liberté ? De quelle liberté s’agit-il ? En effet, LA liberté est indéfinissable. Le choix de "Solidarité Libérale" vient du fait qu'il s'agit ici de définir des institutions, des structures sociales (comme la famille, l'entreprise, l'association ...) auxquelles celui qui le souhaite pourra participer librement. Il me semble que la liberté nait de la division de notre activité en domaines assez autonomes (domaine productif, domaine affectif, domaine social), de façon à ce que les dominations d'un domaine ne conditionne pas toute notre vie. Les possibilités d'émancipation tirent un parti de cette division de notre activité en domaines. Pour exemple, l'émancipation des femmes de la domination masculine qui tentait de les retenir au foyer s'est fortement appuyée sur le travail, donc sur la possibilité de ne pas rester enfermées dans le cercle familial. Vouloir structurer le domaine social pour qu'il pèse plus et acquiert une certaine autonomie me semble donc concourrir au développement concrèt de la liberté et des capacités d'émancipation des individus, tout en renforçant leur solidarité.

Le domaine public comme cœur transcendant. Chaque société a le domaine public qu’elle se donne. Il n’y a pas de définition universelle du domaine public. On peut dire que le domaine public appartient à tout le monde et qu’il n’appartient à personne. Dans mon esprit, le domaine public recèle la plus haute valeur sociale. De fait, le domaine public est l’objet de luttes de pouvoir depuis toujours. En France, l’église a occupé ce terrain pendant longtemps. Dans les pays communistes, la bureaucratie s’en est crue propriétaire. Presque partout sur la planète, ceux que nous appelons les marchands tentent aujourd’hui de se l’approprier. Nous confondons domaine public et fonctionnaires et c’est dommage. Je propose que notre « état providence redistributif » évolue vers un « état providence participatif », dans un premier temps en ce qui concerne le domaine de la dépendance avec la création d'un marché non capitaliste muni d'une monnaie fondante dédiée et dans un deuxième temps peut-être aux services publics avec une structure très proche de celle des sapeurs pompiers.

La reconnaissance comme source d’énergie. Sauf pour les saints, les hommes fonctionnent à une énergie particulière appelée reconnaissance. Je n’ai rien contre la gratuité, bien au contraire, mais je crois qu’on ne peut compter dessus pour organiser la société. La reconnaissance peut prendre diverses formes. Dans les anciennes sociétés intégrées, le simple regard des autres pouvait suffire à encourager telle ou telle action. Aujourd’hui, l’argent a très bien réussi à dynamiser l’activité là ou les accroissements de productivité ont un sens (il faudrait aujourd'hui relativiser, à l'heure où la finance a pris le dessus pour son propre intérêt et capte une bonne part des décisions et efforts collectifs). La réussite de l’argent est-elle aussi bonne là où les gains de productivité sont insensés, comme partager du temps avec des personnes agées seules ou handicapées? Je crois que non. Voilà pourquoi le projet que je porte vise à développer et soutenir la reconnaissance de l'activité dans les domaines non-marchands d’une manière adaptée à notre société des individus. L’oubli de la reconnaissance effective conduit à l’incantation en matière d’innovation sociale.

 L’isolement des personnes comme point de départ. Beaucoup d’analyses de ce qu’on appelle la crise actuelle de la société partent du chômage. Sans négliger le chômage, l’isolement des personnes m’a paru être un trait beaucoup plus caractéristique de notre société. L’observation directe de notre mode de vie, confortée par les indicateurs des organismes de statistique (Familles monoparentales, personnes vivant seules..) démontre l’ampleur de cet isolement. J’ai fini par aboutir à une formulation très simple de l’exclusion : Chômage + Isolement => Exclusion. Pour l’essentiel, une personne seule ayant un travail n’est pas exclue, ainsi qu’une personne au chômage soutenue par une famille ou un entourage présent. Si on admet cette formulation, vouloir réduire l’exclusion passe par une action positive à la fois sur le chômage et sur l’isolement.

Premier projet concret censé inspirer un texte de loi sur le travail. Voilà concrètement ce que je souhaite et pourquoi : Je souhaite pouvoir travailler ½ à 1 journée par semaine (durée à ajuster à l’issue d’un débat) dans le secteur non marchand, social ou associatif, alors que mon contrat de travail de référence est passé avec une entreprise privée. Je souhaite que ce temps soit pris sur mon temps de travail marchand (ou administratif)et qu'il soit reconnu par une rémunération ou une indemnité ou des billets pour le ciné ou des bons d’achats etc.…Je souhaite enfin pouvoir bénéficier de temps de formation pris en charge par l’entreprise ou la collectivité pour assurer correctement mon travail dans le secteur non marchand. Et pourquoi est-ce que je veux cela ? • Parce que le domaine de la solidarité vis à vis des personnes dépendantes doit absolument être pris en charge directement par chacun d'entre nous, sans liaison avec le marché. Ni les fonctionnaires ni les marchands ne doivent se l’approprier. • Parce que tout travail mérite salaire et que tout don attend un contre-don équivalent. L’illusion du pur don disparaît quand il n’y a plus assez d’yeux pour le voir, pour le « payer ». La crise actuelle du bénévolat dans les associations ne me semble pas avoir d’autre origine importante. • Parce qu’il me semble qu’il soit nécessaire que le domaine marchand reconnaisse qu’une partie de sa réussite lui est fournie par le secteur non marchand. • Parce qu’il existe déjà un cas de service public efficace et qui fonctionne suivant ce principe et qui concerne plus de 200 000 personnes dont plus de 80% de volontaires reconnus : la sécurité civile assurée par les sapeurs pompiers. • Parce que l’intégration des immigrés (qui occupent une situation voisine des exclus de l’intérieur) serait plus efficace si un moteur d’intégration du type sapeurs pompiers volontaires généralisé venait s’ajouter à l’école (seulement valable pour les jeunes, donc lent à l’échelle d’une population) et au travail de référence. • Parce que ce contrat mixte fournit un paramètre de plus pour réguler le chômage en jouant sur le temps maximum reconnu et permis dans le domaine non-marchand et sur la hauteur de sa reconnaissance. On pourrait ainsi envisager de réguler le chômage au taux frictionnel par exemple. • Parce qu’un tel contrat de travail mixte passé avec le secteur marchand et le secteur non marchand permettrait d’agir positivement à la fois sur le chômage et l’isolement qui sont les deux principaux facteurs de l’exclusion (des échanges). • Pour limiter la catégorisation sociale (« la société à deux vitesses » comme on dit). • Afin de donner la possibilité à chacun de nous d’être un acteur d’un état providence participatif. Les travailleurs du social ne seront peut-être pas d'accord avec cette proposition. Ils pourraient pourtant s'y associer de la même manière que les pompiers professionnels assurent un encadrement solide aux pompiers volontaires. Peu d’entrepreneurs applaudiront un projet qui dévaluera leur importance et limitera leur emprise sur leurs employés. Toutefois, je parie que l'économie plurielle a plus d’avenir que le marché (dans son sens restrictif actuel) dont l’usure est déjà plus que perceptible. Suis-je seul ? Il faut convaincre les fonctionnaires et les marchands qu’ils profiteront d’autant plus du domaine de la solidarité qu’ils auront renoncé à sa conquête.

 A quel domaine prioritaire appliquer ce principe de contrat de travail mixte ? Les personnes dépendantes ont besoin des valides et réciproquement (voir la référence à Charles GARDOU dans la rubrique "livre" par exemple)! C’est une évidence, les personnes âgées, les handicapés et les enfants doivent faire l’objet d’une dépense de temps bien supérieure à celle que nous leur consacrons aujourd’hui. Il en va de notre humanité. La marchandisation des services liés à ces catégories me semble être une utopie pour deux raisons : l’insolvabilité globale et une réponse qualitativement inadaptée. Le contexte de forte concurrence socio-économique internationale devrait nous inciter à une réflexion plus approfondie sur la solvabilité et sur les effets de catégorisation sociale que le développement de services marchands, pour l’aide à domicile par exemple, induiront. L'expérience remarquable du collectif Stalingrad créé par François Nicolas pour reconquérir la rue sur les dealers est tout à fait dans l'esprit de ma démarche.

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