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Le contrat de travail mixte productif/social comme fondement d'un état providence participatif ou de mutualisation du travail social.

Voilà concrètement ce que je souhaite :
Je souhaite pouvoir travailler ½ à 1 journée par semaine (durée à ajuster à l’issue d’un débat) dans le domaine de la dépendance (personnes âgées, handicapés, enfants) ou dans le domaine socio-culturel (associations diverses, accompagnement des toxicomanes, parrainnage de délinquants, aide à la réinsertion de prisonniers...) alors que mon contrat de travail de référence est passé avec une entreprise productive (y compris administration, ou que je sois au chômage). Je souhaite que ce temps soit pris sur mon temps de travail productif et qu’il soit reconnu par une rémunération (monnaie complémentaire (fondante) dédiée?  Chèque Universel Emploi Service*?) ou une indemnité. Je souhaite enfin pouvoir bénéficier de temps de formation pris en charge par la collectivité (l'état providence investisseur dans le domaine social. Le paiement de ce travail en monnaie complémentaire peut se concevoir) pour assurer correctement ce second travail. C'est le souhait que chacun puisse pratiquer un travail productif (privé ou public) et un travail social (privé ou public) comme norme. Symétriquement, tout ce qui est en notre pouvoir doit être fait pour aménager une place à chacun, pour que chacun puisse contribuer à la marche de la société. Par exemple, développer l'incitation à embaucher des handicapés, des anciens prisonniers, des étrangers et tous ceux qui sont exclus du domaine productif parce que décrêtés inemployables.

Dans l'état providence participatif, l'individu ordinaire distribue son temps entre 3 domaines principaux, un domaine affectif, un domaine productif et un domaine social J'ai tenté de définir les dominantes de ces trois domaines en termes d'entités et de caractéristiques. Aujourd'hui, les domaines affectifs (stabilisé par les fonctions de reproduction et d'élevage des enfants) et productifs (stabilisé par son efficacité à produire biens et services standardisables, sans doute à réorienter urgemment afin de vraiment devenir durable, de se désintoxiquer du mythe de la croissance quantitative -cf par exemple le livre de Jean Gadrey 2010 "Adieu à la croissance" et enfin d'adopter une organisation un peu plus démocratique, par exemple qu'il adopte les principes d'organisation sociocrates) sont bien développés, mais le domaine social n'a pas encore trouvé sa place (Ainsi que le fait remarquer Roger Sue par exemple) ni tous les outils adéquats (il y a tout de même le statut associatif loi 1901 et les SCIC, société coopérative d'intérêt collectif) dans une société de l'individu (c'est le coeur de l'état providence Participatif). Dans chaque domaine, les principes de division de l'activité peuvent s'appliquer (appelée division du travail pour le domaine productif), mais le domaine social n'est plus compris ni comme relevant exclusivement de l'état (Etat providence actuel), ni comme un sous-domaine de l'activité productive (c'est la tendance en cours), ni comme un sous-domaine de l'activité affective** (c'était la réalité d'hier).

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Il est aussi possibe de décliner l'organisation de ce travail social autrement qu'hebdomadairement. Une gestion quotidienne peut être mieux adaptée. On peut aussi imaginer grouper ces 10 à 20% de temps actif social mensuellement, annuellement, voire une année sur dix.

Le choix serait donné à chacun soit de participer directement au travail social, soit de cotiser comme nous le faisons aujourd'hui (combinaison participation directe-cotisation ajustable pour ne pas s'enfermer dans une logique binaire). L'idée est qu'il devienne plus intéressant de prendre part au travail social. Les moins favorisés du domaine productif seraient relativement avantagés à une participation au domaine social, à la fois sur le plan des ressources et sur le plan du statut. C'est tant mieux si on se place du côté du besoin de main d'oeuvre social et si on se place du côté de l'équité. Un décalage massif de mentalité est recherché et attendu, pour un peu moins de tyrannie des biens et un peu plus d'humanité. Comme je le propose par ailleurs, dans le cas où les prélèvements obligatoires se déplaceraient  du travail productif vers un prélèvement indirect sur la consommation et sur un prélèvement direct sur le revenu, c'est sur ce prélèvement direct que la cotisation sociale serait appliquée pour ceux qui choisissent de ne pas participer directement au travail du domaine social. Selon la nouvelle terminologie du parti socialiste (mai 2010), la proposition qui est développée ici s'inscrit dans le cadre d'une société de "soin mutuel".

La principale résistance à ce changement d'organisation viendrait très probablement de tous ceux qui sont aujourd'hui engagés professionnellement dans un travail social. Il faudrait leur réserver un rôle très important de formation et d'encadrement de toute cette nouvelle main d'oeuvre peu formée au travail social. Des structures mixtes professionnels/volontaires me semblent pouvoir répondre au problème en douceur. Les structures d'accueil de ce travail pourraient prendre la forme de coopératives municipales sociales ou structures privées, SCIC...

En y regardant d'un peu plus près, une telle proposition serait à même de réduire sensiblement le chômage. Les "actifs" dépenseraient un peu de leur temps dans le domaine social, ce qui créerait une aspiration des chômeurs dans le domaine productif, sans créer de catégorisation du type "les bons dans le domaine productif/les moins bons dans le domaine social". Un autre but recherché est de découpler l'activité sociale des turbulences de la globalisation, afin que la façon dont on s'occupe de grand mère soit le moins possible connectée au CAC 40. Il serait même souhaitable de favoriser encore plus l'emploi de personnes handicapées dans l'entreprise, c'est tout à fait cohérent avec l'idée directrice de faire une place à chacun.

Les trois pôles de la production de richesses que je propose sont liés mais ils ont aussi leur propre autonomie. Dans un premier temps, j'ai pris acte de la forte domination productive sur l'activité, mais le pôle social serait amené à exprimer de plus en plus sa propre dynamique en tant qu'outil de distribution d'accès à l'activité, en tant que support de l'existence sociale. Au fond ce qui m'importe, c'est que les règles sociales  en cours permettent au plus grand nombre, et pourquoi pas à tous, de trouver une place. Si le progrès me semble encore avoir du jus, le productivisme me semble devoir réduire les gaz, sa légitimité perd du terrain tous les jours au gré de la consommation de la planète et des personnes.

*Le chèque emploi service universel (CESU) devrait fortement aider au développement de l'activité "de service à la personne". Il ne s'inscrit pourtant pas dans une démarche d'état providence participatif mais oriente cette activité de façon productiviste fortement subventionnée. En définitive il "nous" maintient dans notre culture de client vis à vis du domaine social et reste donc dans le cadre d'un état providence du client-roi. Ensuite, le succès du CESU serait aussi sa perte par manque de solvabilité s'il venait à se généraliser. D'autre part il n'évitera pas la confusion des genres activité productive/activité sociale, ni une catégorisation des actifs (tout à fait comme elle existe entre actifs du privé et actifs fonctionnaires à cause des fortes différences de statuts). Enfin, le nouvel Eldorado de l'emploi que devait être celui du service à la personne se révèle être un générateur de travailleurs pauvres très inégalitaire (voir "La France des travailleurs pauvres" de Denis Clerc-2008). L'observatoire des inégalités montre que ce système profite aux plus aisés.

**Ces trois domaines font partie d'un seul dans le schéma de trifonctionnalité du monde Indo-Européen proposé par Georges Dumézil, le domaine de la fécondité et des nourritures. Les 3 domaines de Dumézil sont: 1)un ordre -appuyé ou non sur une mystique; 2)La force guerrière capable de défendre le 1) et 3)la fécondité et les nourritures, les biens. Toutefois, ce domaine de production des richesses présuppose un équilibre entre affectivité, productivité et socialité et non pas une hégémonie du seul pôle productif. Il suppose un équilibre entre le je et le nous, une équité au-dessus des autres valeurs.

MAJ du 16/09/2013 La suppression de l'ANSP démontre que l'activité du domaine social nécessite un étayage institutionnel qui n'est pas celui du domaine productif.

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Commentaires

  • Je ne sais où tout cela nous emmenera, mais l'air du temps est à la diffusion et à la libération des hommes où qu'ils soient, par nos connaissances mutuelles partagées, aussi et pour cette raison que vous entrevoyez un système possible, je souhaite vos commentaires sur ce site: http://akozoom.free.fr/wikini/wakka.php?wiki=EvoLuVe
    à tous ayant des idées ou une expertise, ou bien "son" idée sur un avenir humain, bienvenue...

  • Réponse à "AKOZ", "Evoluv",
    Après un petit tour sur le site en question je n'ai vu aucune possibilité de laisser un commentaire. Je vais donc le faire ici. Evoluv fait beaucoup plus référence, à mon sens,(plus ou moins implicitement) à une démarche de développement personnel qu'à une démarche de création sociale. En parcourant le site, j'ai plus eu l'impression d'une projection de désirs qu'à une recherche construite de développement social. Ca part dans tous les sens tout en se réclamant d'une démarche pragmatique. Je me sens un peu loin de cette démarche qui me semble plus proche de la littérature que de la politique. Ce n'est peut-être qu'un début de démarche constructive? Alors bonne chance tout de même à Evoluv.

  • Croire à l'emploi en termes globaux d' "actifs" ou "chômeurs", et supposer qu'une restriction du temps d'activité "commercial" se traduise par un appel d'emploi à la manière de vases communiquants me paraît aussi illusoire que de croire aux 35 heures. A moins bien sûr d'être son employeur, d'avoir les ressources de temps pour gérer l'emploi d'une personne supplémentaire, et de décider de tenter l'expérience.
    Cependant je vois ce que vous voulez faire, et on est au coeur du "lien social". Petite parenthèse,
    l'approche "à l'envers" mais véritablement à l'endroit (en fin de compte!!!) de la création d'activité me paraît relever davantage de la résolution d'un système au sens mathématique, que de goûts personnels, pour un métier, pour une action, (fin de la parenthèse).
    J'en reviens à votre idée de double activité. Je ne connais pas de domaines où les gens sont encouragés à travailler moins, à prendre soin de leur santé, s'occupper davantage de leur famille, transmettre leur connaissance, bref exister socialement. Il s'agit véritablement d'un projet politique que vous dessinez là, et plus spécifiquement d'un projet dit "socialiste". Ne soyez pas timide.

  • Je tombe un peu "après coup" sur vos notes depuis avril. Les pistes que vous donnez élargissent significativement mon champ de vision, assez pour que je me penche sur les lectures sugérées (et qui n'ont rien de timide).
    Bien à vous.

  • Suite à message LAGLUMIE 14/12/2005
    A une époque, j'avais tenté de relier ma démarche à un courant politique existant et il m'avait semblé que le courant radical, avant sa séparation en deux et sa quasi-extinction aurait pu porter mon projet. Aujourd'hui, je ne vois aucun courant qui pourrait se réclamer d'emblée de cette démarche de construction d'un "état providence participatif". Le socialisme a de la difficulté à sortir de l'état providence redistributif (que je ne souhaite pas détruire, mais que je souhaite épauler par une large participation). La droite me semble trop fortement embarquée dans les options néolibérales... et je ne parle pas du populisme (électoralisme; clientélisme) ambiant. Il y a également une sorte d'économisme diffus qui fait voir dans les services à la personne une bouffée d'oxygène pour l'emploi marchand sans vraiment se poser la question de l'origine de son financement...

  • Merci donc de votre attention; et effectivement lier la démarche de développement personnel à celle du social arrondit bien les angles. Puisqu'en effet l'Evoluve est en cours, elle se base sur une expérience et une intuition toute personnelle d'artiste-architecte, donc à vision globale.
    Les outils ne sont pas en place et les sites blog ou wiki actuels sonnent bien trop en termes subjectifs qu'en termes justes journalistiques ou politiques. Je ne cherche pas une pratique politique mais à décrire comment passer de nos sociétés actuelles fortement basées sur les notions de rendement/profit/travail/capitalisation, d'agrégats légaux comme les entreprises ou les administrations à des sociétés composées essentiellement d'humains : c'est pourquoi la vraie fondation est ce que nous sommes au fond, intuitivement et sans ajout culturelle ni classification statistique.
    Son but premier est la création d'une transition basée sur la notion de contextes... oui encore beaucoup de littérature, mais je vais ouvrir le système pour que chacun puisse participer. C'est hélas toujours en cours, mais malgré le peu de temps, ça prend forme et cohérence, toutefois bien trop théorique encore.

  • A Michel Martin,
    (nous pouvons discuter plus aisément par mail si vous le souhaitez: laglumie@free.fr)
    Je crois dur comme fer au vertus de l'action. Il ne s'agit pas seulement de développement personnel. Gérard Vergnaud en donne cette définition remarquable :
    " Au début n'est pas le verbe, encore moins la théorie. Au début est l'action, ou mieux encore l'activité adaptative d'un être dans son environnement. C'est par l'action que commence la pensée… "
    Dans un cadre lycéen, par exemple, votre proposition prend tout son sens. Mais à quoi bon intéresser les français à la notion de participation puisque notre gouvernement les a déjà vendus comme esclaves à la société marchande ? Ce que nous pourrions faire, vous, moi, n'a plus aucun sens, plus aucune portée. Notre ministre de la cohésion sociale est un infirmier venant soigner des pacifiés aux yeux énucléés.

    Cessons de croire que l'économie peut être locale ou même nationale. Qui peut vérifier dans les mouvements de capitaux de BOSCH que le bateau n'est plus flottable comme le prétend son président ?
    Pointons nos faibles connaissances dans le domaine du droit, de l'économie, à quoi nous pourrions ajouter la banque, et l'économie mondiale.

    Soutenons de toutes nos forces une société de la connaissance et de l'information. Défendons non pas les 35 heures mais l'année de récup (pourquoi devrions-nous nous gêner). Développons de nouvelles formes de sociétés commerciales, qui intégreraient des objectifs sociaux, légiférons, reconstruisons, avançons, et agissons au-delà de nos frontières.

    Je nous incite à appeler de toutes les forces qui nous restent le retour des socialistes pour 2007. Qu'importe les divisions au sein du mouvement. Cent partis socialistes qui se mordent entre eux vaudront toujours mieux qu'un seul parti du capital qui n'a de politique économique et sociale que celle qui lui permettra de planter ses machines à sous dans des pays où les gens acceptent n'importe quoi et où les bonnes manières n'ont pas cours.
    Et par-dessus tout cessons d'ignorer.

  • Rectificatif : question de terminologie...

    Le programme de l'Union Européenne "société de la connaissance", l'ESDIS, entretient un amalgame regrettable avec son programme d'enseignement des technologies de l'information, restreignant et s'appropriant la démarche, au mépris de la multiplicité des initiatives.

    Nous entendons quant à nous cette expression "société de la connaissance" au sens de "toute initiative ou instrument de vulgarisation".

    A ce titre, des initiatives telles que :

    http://www.wikipedia.org/

    sont bien plus représentatives, et donnent bien mieux que l'ESDIS la mesure de la démarche, (il s'agit en l'occurence d'une encyclopédie accessible via internet, dans toutes les langues, et ouverte à participation).

  • Je reviens encore pour développer le wiki dont je parlais, phase ouverte et totalement modifiable, l'Evoluve est un amas en évolution...et il prend forme ainsi ici:
    http://evoluve.info/wiki3/evotiddlywiki.html
    car ce fichier est modifiable et diffusable, il contient l'ensemble à jour d'aujourd'hui. Il est appelé à grandir beaucoup plus dès maintenant, avec le recul et une vue bien plus globale encore que la simple mondialisation. L'EvoluVe ou le retour de l'humain comme fondement.

  • Bonjour,

    Je ne suis pas sûr que votre projet ait un réel avenir, parce que même en imaginant un système économique fondé sur cette pluriactivité et une économie monétaire adaptée à ce système, vos propositions éludent des questions de fond sans les résoudre…

    Il évite de se poser certaines questions plus gênantes, comme :
    - pourquoi certaines personnes n’arrivent pas à se nourrir, à prendre des vacances ou à se déplacer avec leur seule rémunération ? Et il en est de même avec toutes les aides sociales… (Ça ne serait pas plus simple que celles-ci deviennent du salaire ?)
    - pourquoi nous n’arrivons pas à produire suffisamment de richesses pour alimenter, tout également et proportionnellement, nos besoins sociaux croissants ?
    - pourquoi nos choix de société mettent la priorité sur nos besoins de consommation et plus sur l’éducation, la connaissance, la culture, la santé, la solidarité, … ? (D’ailleurs, il y a de moins en moins de gens qui sont prêts à payer plus d’impôts pour cela)

    Et enfin, et ce n’est pas le moindre des problèmes, pourquoi nos modes de vie nous éloignent de plus en plus des fonctionnements en village, où l’entraide et le lien social étaient la loi commune… phénomène d’abord essentiellement urbain qui se déplace à grands pas maintenant, également, dans les campagnes et dans toute l’Europe.

    Par exemple : il y a encore 20 ans en Italie, il était inimaginable de laisser ses parents dans une maison de retraite ou un familier dans la mouise… de même qu’il était dans les usages que chacun aille chez les autres pour passer des soirées à discuter, jouer, échanger, …
    Dans la plaine du Pô, il a perduré longtemps de servir l’assiette du pauvre ou du voyageur, que l’on accueillait à sa table sans poser de question… Moi-même, il y a 40 ans, j’ai connu cela quand j’étais petit : mon père (simple ouvrier sans fortune, émigré à Paris) ramenait à la maison les clodos qu’ils trouvaient dans la rue, pour un repas et un coucher, quand toutes les pièces n’étaient pas déjà prises par d’autres invités dans le besoin… Et tout le monde trouvait ça normal… sauf ma mère, mais c’est surtout que du coup, elle n’arrivait plus à boucler les fins de mois…
    Aujourd’hui, c’est chacun chez soi, devant sa télé ou son ordinateur, les fous en asile, les parents en maison de retraite, les malades à l’hôpital, et cetera… et je m’étonne toujours d’être le seul (ou presque) à m’arrêter pour aller vérifier si un clodo inanimé dans la rue n’a pas un plus grave problème que celui de cuver son vin…

    Pour moi ce sont ça les « vraies » questions et il y a de multiples réponses à ces phénomènes de société qui détruisent le lien social et nous éloignent de plus en plus de notre humanité, de nos responsabilités, … à commencer par les choix urbanistiques concentrationnaires et architecturaux qui ont été et continuent à être faits depuis 50 ans… Mais j’arrête là les raisons, car sinon je vais vous réécrire tout mon blog…

    Voilà, vous vouliez un avis, c’est le mien… Je pense qu’il y a vraiment des mesures bien plus urgentes à mettre en place pour arriver à répondre à la demande d’aide sociale croissante… y compris celle d’imposer des comptabilités valorisant les activités dites non productives, selon d’autres critères que ceux du monde dit productif… comme j’avais commencé à le faire sur certaines associations, en valorisant économiquement dans les comptes les heures des bénévoles, dans le but de faire comprendre aux organismes financeurs que leurs subsides étaient une goutte d’eau dans l’océan des besoins sociaux…

    En tout état de cause, comme je vous le disais dans une précédente réponse, je ne vois pas ce qui vous empêche, dès aujourd’hui, de réorganiser votre vie pour faire ce que vous souhaitez en termes de pluriactivité…

    Amicalement.

  • Bonjour Incognitototo et merci pour ce commentaire.

    Beaucoup de points d'accord sur le constat de dérive individualiste incompatible avec la solidarité pourtant indispensable si nous souhaitons rester humains. Le projet que je formule tente d'y répondre de façon nouvelle.
    Je crois que la monnaie capitalisable associée au libéralisme porte en elle cette évolution. L'idée est de cantonner cette monnaie en cohérence avec des objectifs productivistes légitimes et le besoin en investissements (biens et services qui se prètent au gain de temps et d'efficacité). Si cette monnaie s'aventure sur le terrain social du service à dominante relationnelle (évolution en cours des services à la personne par exemple), elle pervertira ce domaine en y appliquant des critères inadaptés et elle se pervertira en retour.
    Je suis totalement en accord avec votre projet de valorisation de l'activité des bénévoles en faisant évoluer les règles comptables, mais je crois que c'est insuffisant pour les raisons ci-dessus.
    Si je pratique des activités bénévoles ou pas ne change rien au système. Mais le manque de reconnaissance, la quasi absence de gratification à le faire (en partie du fait de l'évolution individualiste dans lequel je n'ai même pas le regard des autres pour me payer) finit par m'épuiser. C'est au point d'eau que les animaux vont boire, et le bénévole meurt de soif!
    Nos tentatives de réponses au constat de la dérive individualiste de nos modes de vie sont différentes mais elles poursuivent exactement le même objectif. Si votre projet comporte un fort volet de rénovation et d'assainissement économique et institutionnel (avec lequel j'adhère totalement, au moins pour ce que j'en ai compris avec mes faibles moyens en la matière), le mien met l'accent sur les limites de cette démarche et propose de mobiliser le stock de temps dont notre société dispose pour s'occuper directement des services relationnels (s'occuper des vieux, des dépendants, des enfants...) plutôt que de donner de l'argent à un état providence qui a échoué à le faire, qui a échoué à tisser du lien social. Comme ma démarche attache de l'importance à la liberté, je propose de créer un marché du service relationnel pour lequel une monnaie fondante me semble bien mieux adaptée que la monnaie capitalisable.
    La façon dont on s'occupe (collectivement) de grand-mère ne peut pas être trop assujétie aux aléas de la bourse (on peut aussi retourner humoristiquement le problème à propos des fonds de pension qui inversent la situation).
    Amicalement.

  • Peut-être sans vous en rendre compte, vous avez mis le doigt sur une donnée qu’il faut traiter en amont si vous voulez que votre projet puisse être viable un jour : c’est celle du temps disponible, celui dont nous disposons chacun en dehors des heures de travail et des trajets pour nous y rendre… C’est un mur incontournable, j’ai même fait un article pour expliquer pourquoi les expériences dites de « démocratie participative » (et d’autres) trouvaient leur limite dans cette réalité triviale… http://solutions-politiques.over-blog.com/article-4374504.html

    Par ailleurs, je m’étonne que vous attendiez de la reconnaissance pour vos actions bénévoles… Peut-être que votre idée de reconnaissance institutionnelle à travers le système que vous proposez est surtout destinée à pallier à cette absence de valorisation des « gens qui font le bien »… Je continue donc à être sceptique sur vos chances d’aboutir et d’y intéresser le plus grand nombre…

    Enfin, je vous réitère que je pense que dans notre contexte actuel, l’institutionnalisation que vous proposez ne résoudra rien au fond… Je pense qu’il est beaucoup plus urgent de créer les conditions économiques et institutionnelles d’une surproduction de richesses (pour alimenter les besoins sociaux) ou encore de travailler plus intelligemment pour travailler moins... C’est d’ailleurs le prochain article qui sera mis sur mon blog, dès que j’aurai quelques heures devant moi pour le finaliser.

    Amicalement.

  • Chaque point de notre discussion mériterait d'être développé de manière à ce que nous allions au bout de nos accords (qui me semblent largement majoritaires) et de nos désaccords qui me semblent plus porter sur la méthode et les priorités.

    Parmi les désaccords, je crois avoir décelé celui du rôle de la reconnaissance dans un projet social (pas du point de vue éthique personnelle), je vous re-cite ci-dessous une note du blog pour préciser ma vision de ce point (Pierre Bourdieu, dans "Questions de sociologie" m'a considérablement aidé à former mon jugement sur cette question):

    "Sauf pour les saints, les hommes fonctionnent à une énergie particulière appelée reconnaissance. Je n’ai rien contre la gratuité, bien au contraire, mais je crois qu’on ne peut compter dessus pour organiser la société. La reconnaissance peut prendre diverses formes. Dans les anciennes sociétés intégrées, le simple regard des autres pouvait suffire à encourager telle ou telle action. Aujourd’hui, l’argent a très bien réussi à dynamiser l’activité là ou les accroissements de productivité ont un sens. La réussite de l’argent est-elle aussi bonne là où les gains de productivité sont insensés, comme partager du temps avec des personnes agées seules ou handicapées? Je crois que non. Voilà pourquoi le projet que je porte vise à développer et soutenir la reconnaissance d’une manière adaptée à notre société des individus. L’oubli de la reconnaissance effective conduit à l’incantation en matière d’innovation sociale. La plupart des propositions d'économie plurielle comptent sur la seule bonne volonté. Il me semble que c'est une erreur très importante qui relègue l'économie plurielle en général et l'économie solidaire en particulier dans les utopies sympathiques et peu dérangeantes."

  • Bé écoute... Ma directrice cherche désespérément un auxiliaire pour garder 8 gamins de temps à autres dans la structure qu'elle gère...
    On peut même te fournir un "vrai salaire", à temps partiel si tu insistes, avec heures sup exonérées si ça te chante, Michel.

    Tu comprends, elle est tenue d'offrir 39 places (fixées par décret), pedant 221 jours de 11 heures. Pour cela il lui faut entre 8 et 9 adultes (d'après les normes imposées par la réglementation qui pense au bien être des petits bouts de choux et aux normes de sécurité qu'exigent les parents (ce qui est bien naturel)).

    Elle n'en a que 7 et du coup c'est 4 à 6 gamins qui restent chez eux ou mobilise une grand-mère toute la journée.
    Parce que le CESU, même prépayé par l'employeur ou le comité d'entreprise des emplois marchands, ce n'est pas le panard : entre 8 €/h plus les crédits d'impots qui vont avec et 2,95 €/h, il n'y a pas photo !

    Si tu mets en marche la calculette de windows, 6 gamins x 2,95 x 221 jours x 11 heures, j'ai un budget de 43.000 € pour t'indemniser, même payer ta retraite et tes charges sociales et même indemniser ton patron qui te ne verrait pas, ni toi, ni tes collègues qui prendraient le relais le reste de la semaine !

    Pas si simple de faire du social, même avec de bonnes intentions, mon ami !



    PS : merci d'avoir remis ce post à jour d'aujourd'hui : je ne l'aurais jamais retrouvé sans ça !

  • Juste sur la façon de retrouver les notes de ce blog (pour le fond un peu plus tard): tu as dans la colonne de gauche "archives", tu choisis une thématique et ensuite tu peux afficher, en bas de page, "toutes les notes" de cette thématique sous forme de liste et faire ton choix.

  • I2, est-ce que tu peux un peu détailller?
    2€95, c'est le prix payé par les parents pour un enfant? Dans une autre note sur le blog de Toto tu parlais de 6€.
    Tu peux détailler les prises en charge par l'état (CESU compris), les prises en charge par les entreprises au travers du CE. etc...
    Qu'est-ce que tu veux démontrer?

  • Ca me revient effectivement à 6 € de l'heure en terme de CA. 2,95 c'est ce que paye les parents + la Caf.
    Mais je touche 3 € de la municipalité pour rembourser les investissements et payer les loyers.
    Mon problème, c'est que je ne sais pas quoi faire de ces 3 €, parce que j'ai fini par tout rembourser. Résulat des courses, je génère 6 mois de trésorerie excédentaire par an (enfin un peu moins, parce que je vais au restaurant d'en face en fin de Bureau ou de Conseil d'administration et j'ai fais offrir des chocolats et une prime au personnel méritant en fin d'année : normal, ils ont couché sur place pendant les grèves de novembre pour faire l'ouverture à 8 heures du mat).

    Avec les 3 €, j'envisage de financer une seconde crèche... si le futur maire veut bien (il se trouve que sa femme est une pote et ancienne cliente de ma directrice : elle connaît bien la structure et pond toujours un nouveau-né tous les deux ans ! On va se la bichonner celle-là !)

    Ou alors je rends ma trésorerie à la mairie, mais qui va bien se poser des questions, parce que les leurs, les municipales, ça leur coûte 12 € de l'heure... Je crois qu'ils n'en voudront pas, même si je les leur donne : ça ferait des jaloux ! Ou un scandale à doubler les tirages du Canard enchaîné.

    Pour le CESU, tu payes à ton banquier des sous, dont partie va au salarié et autre partie aux URSSAF. C'est l'organisme de collecte du Cesu qui se démerde.
    Est attaché aux emplois à domicile, mais seulement à domicile, un crédit d'impôt du quart des paiements, notamment par Cesu. Globalement, quand tu donnes 8 par heure au répétiteur de ton fils, ça te revient donc à 12 - 3, soit 9 €.
    Quand c'est pré-payé par le CE de ton entreprise ou ton patron, il te finance entre 4 et 6 pour le prix de 12.
    12 - 6 - 3, c'est bon, ça te revient donc à 3... à condition de te démerder pour recruter le répétiteur ou la nounou.
    Dans une crèche, la nounou, tu ne t'en occupes pas et quand elle tombe malade, ton gosse est quand même pris en charge : pas de souci.
    Mais quand ce n'est pas pré-payé, voire même seulement à hauteur de 30 %, ça donne 12 - 4 - 3 = 6 ! Minimum le double du prix en crèche (les emmerdements en moins) => il n'y a pas photo !

    Le problème des tout petits, c'est qu'il n'y a que 28 % de demandes satisfaites (stat nationale). Et encore, ça ne dure que trois ans.
    Donc j'ai bien envie d'aller voir le maire dès la semaine prochaine et qu'il m'autorise à ouvrir un deuxième établissement en septembre, avec inauguration en grande pompe, la presse locale, etc.

    Bref, ta "monnaie molle", en tout cas pour la petite enfance, ce n'est pas ça !
    Pour les vieux, c'est complètement différent. Il vaut mieux les garder dans leurs meubles ! Si tu les déménages hors e chez eux, ils ont une espérance de vie de 5 ans maximum à condition d'entrer en bonne santé.
    Et là désolé, à moins de 12 € de l'heure, je ne sais pas faire (et encore, en milieu urbain seulemen). Le Cesu peut redevenir compétitif.

    Mais c'est encore un leurre. Je le vois bien : payer un de mes salarié, je sais faire, mais je supporte les charges. A quoi cela servirait-il qu'elles soient pré-payées auprès du banquier ?
    D'autant que le crédit d'impot subsiste et que le CESU, je l'encaisse à 90 jours, avec une commission de 5 % et mes salairiés me font un crédit de seulement 15 jours (la paye à lieu en fin de mois, comme partout et non pas à la journée ou à la semaine depuis les accords de Grenelle, les vrais).
    De quoi mourir la bouche ouverte.
    Donc je n'en prends pas, ou alors de façon exceptionnelle.

    C'est plus clair ?

  • Bonjour,
    Les pistes de réflexion que tu ouvres sont pertinentes. Il me semble que, par exemple, ces pistes peuvent à terme encourager le "bénévolat" qui pose véritablement des problèmes en raison de son absence de reconnaissance matérielle officielle (alors que son utilité sociale est évidente). Cela nous impose donc une réflexion sur le statut de ces activités.
    Il me semble que dans les années 1990, il y avait tout un débat sur le concept de revenu d'existence qui posait ce type de problématique.

  • Christophe,
    Oui, une absence de reconnaissance matérielle et aussi, ce qui n'est pas moindre, une faiblesse de reconnaissance symbolique (je dois à Pierre Bourdieu de m'avoir ouvert les yeux sur "l'économie des biens symboliques", bien plus primordiale que l'économie monétaire).
    Le débat sur le revenu d'existence existe toujours, mais de façon moins aigüe que par le passé. Certains socio-libéraux sont pour, de façon à traiter globalement les dégats colatéraux du libéralisme économique. André Gorz (et tout un courant qui appelle à la métamorphose du travail), après pas mal de tergiversations, a opté pour le revenu d'existence, mais l'optique est différente, c'est pour s'orienter vers un monde où le travail ne serait plus central, c'est donc dans une optique d'une société du temps choisi. Il s'agit de déconnecter les droits et le travail.
    Mon opinion n'est pas complètement formée à ce sujet, je ne partage ni l'optique socio-libérale ni l'optique de Gorz. Je partage l'idée de Gorz de s'éloigner de la centralité du travail productif contraint, mais je souhaite le faire d'une façon positive, c'est à dire en définissant le cap: donner plus de place à une activité sociale.

  • @ Christophe : Oui le débat s'est ouvert dans les années 90 (à la suite du scandale de la MNEF) pour aboutir, en 1992, à une loi de révision de celle sur les associations de 1901.
    En fait, c'est un toilletage "a minima" mais qui permet de valoriser le travail bénévole avec quelques "niches fiscales" intéressantes.
    J'en use personnellement...

    Plus tard est intervenu dans un domaine connexe, les lois sur le travail à domicile (qui a donné le CESU, mais c'est une façon détournée de redonner un "statuts" fiscal et social à une "économie souterraine") et celle sur le mécennat (et ses propres "niches fiscales" qui ne seront pas remise en cause, au moins pour l'instant).

    Globalement et d'un point de vue pratique (excuse Michel, je ne suis pas un "théoricien" aussi cultivé que toi, maniant mieux que moi les concepts... conceptuels), on est encore assez loin du souhait exprimé par l'auteur de ce blog.

    Mais je considère que ce sont de sacrées avancées : pour moi, près d'un tiers, mais au moins un quart des activités laborieuses échappent aux statistiques du "secteur marchand", parce que justement elles sont "à caractère non lucratif" (ce qui techniquement est faux : on peut "faire du pognon" sans que cela ne se sache dans de telles structures juridiques).

    Reste "10 % d'occulte" qui a tendance à grossir, là subitement sous nos yeux, qui échappent à peu près à tout : mais c'est de la fraude, au moins dans son essence.

    Tant qu'on ne parviendra pas à éradiquer ces 10 % là, ils seront toujours en concurrence avec les propositions de Michel...
    C'est comme ça !

  • Le marché de l'emploi des services à la personne est un générateur de précarité, c'est une des sources principales de travailleurs pauvres. Denis Clerc publie "La France des travailleurs pauvres" dans lequel il fait le point sur ce sujet. Il insiste sur le fait que la qualité des emplois créés est aussi importante que leur quantité vis à vis de la précarité. La démonstration est en train d'être faite que le service à la personne ne peut donner lieu à un marché de l'emploi de qualité. Les règles de pluriactivité que je propose donnent une réponse beaucoup plus satisfaisante sur beaucoup de points: réduction de l'assistanat, pratique large d'une activité sociale, réduction du chômage, meilleure qualité de l'emploi.

  • Il y a toujours eu des "travailleurs pauvres". Marx (j'en ai repris la lecture pour un post futur sur le capitalisme) en démontrait déjà le mécanisme.
    Je dirai que c'est inhérent au "marché". L'abondance de biens et de services crée en définitive la pénurie de labeur.
    Au même titre que la pénurie de biens et de service crée la flambée des prix.

    Le modèle néokeynésien nous indique que la réponse sociale de l'Autorité reste donc la réglementation accrue, notamment des niches que tu cites (le service à la personne).
    Et je constate sur le terrain que la réglementation crée de la pénurie de main-d'oeuvre (qualifiée pour le coup).
    Du coup, le prix monte, même quand il est encadré.
    Résultat, "les courbes se croisent" dans le mauvais sens et on est forcé de détendre la réglementation qui amène dans le pire des cas une explosion et un effondrement (c'est ce que l'on constate dans l'actuelle crise de la finance).

    Donc, je ne comprends pas quel impact peut avoir ton modèle. Dans l'idéal, il précarise encore plus en étant "consommateur" (pour être non monétaire ou seulement à la marge) de "création de valeur". Et après tout, pourquoi pas ?
    Dans la réalité, il va détruire ce qui existe déjà, les outils qu'on met en place pour répondre à la demande, sans pour autant avoir les moyens de créer les outils de remplacement.
    C'est pour cette raison que je ne parviens pas à y adhérer.

    Ce qui manque, c'est bien le "passage", les moyens du passage de l'un à l'autre modèle.
    On peut toujours faire des plans sur la comète, mais tant qu'on n'a pas les moyens d'atteindre la comète, ça reste du "doux rêve"...

  • Il faut faire une analyse QUALITATIVE sérieuse de l'impact qu'ont eues les 35h sur les emplois qui ont alors été créés (en quantité aux alentours de 300 000 à 400 000). Je sais que tu es résolument contre les 35h, mais il n'empèche que les emplois qui ont été créés avec la mise en place des 35h sont de qualité bien meilleure que ceux générés par toutes les exonérations ou subventions sur les bas salaires. Le système que je propose est voisin dans la mesure où une partie de ton temps productif est réduit (10% à 20% environ). La grande différence avec les 35h, c'est que cette RTT n'est pas donnée contre rien (enfin en général, ce n'était pas tout à fait contre rien mais contre une plus grande flexibilité, j'ai vu ce mécanisme de très très près. Par contre pour les boulots où il n'y a aucune marge de flexibilité, la mise en place des 35h est contre rien), mais contre du temps que tu vas passer dans le domaine social, ce qui justifie que tes cotisations sociales soient réduites puisque tu fais directement le boulot au lieu de le déléguer. Comme je fais une proposition libérale, je te laisse le choix, soit de passer une partie de ton temps de travail dans le domaine social, soit de cotiser plus, quitte à travailler 6 jours par semaine si tu veux.

  • Ouaip !
    Tu connais mon "diagnoistic terrain". La RTT a créé presque 500.000 emplois, mais à l'étranger !
    Et ça continue.

    Je ne te parle pas des emplois dans l'administration (on en souffre encore pour un service qui ne s'est guère amélioré, ou alors à la marge).
    Je ne te parle pas des emplois créés dans les services comptables, commerciaux ou autres : les gens on fait le travail de 39 heures en 35 ou ne comptait pas les heures sup.

    Dans l'industrie à flux continu, ça en a détruit et ça continue : dans une usine de 100 personnes, quand tu mets 10 gugusses de plus, il faut pousser les murs !
    Donc tu déménages et quand tu déménages tu cherches autre chose que de loger 10 meks de plus : tu pars à ourzazate, en roumanie, pologne ou dans les zones franches paradisiaque !
    C'est bien ce que l'on constate encore : c'est un mouvement de fond qui n'est pas près de s'arrêter (n'en déplaise à "bling-bling" !

    Il ne restera plus que des "emplois de proximité" (et encore, ta couronne dentaire est fabriquée en Corée et le centre d'appel de ton banquier au Sri Lanka ou ailleurs : on a réussi à en sauver qu'un, et là encore, avec un loi d'urgence l'autorisant à ouvrir le dimanche sous Vil-pain).

    Or, la proximité, c'est aussi le social : on ne déplace pas les gens comme ça.
    Résultat des courses, si tu mets des meks en bénévolat sur ce secteur là, tu le tues aussi sec et renvoi des dizaines de milliers de gens pointer au chômage (puisque c'est encore un des rares secteurs porteurs).
    Je ne vois pas d'inconvénient si tu crois que c'est l'avenir, mais au final, on risque donc de se retrouver qu'avec que des meks non cotisants travaillant à l'oeil !

    Je ne sais pas bien sur quoi ça va déboucher, ton "zinzin", dans ces conditions...

    Relis quand même tes fondamentaux : la monnaie a permis de s'affranchir du troc, de décaler dans le temps les entrées et les sorties de constituer des stocks, de répondre aux besoins de sécurité etc.
    C'est irremplaçable. Il faut donc que tu nous recrées l'équivalent si tu veux que ça marche.
    Mais à partir de ce constat, finalement, tu recréerais le système qui est le nôtre.

    Ce n'est pas par hasard qu'il existe : c'est qu'il n'y a pas mieux dans le principe, crois-je...

  • Oups...je vois que j'ai dit ce qu'il ne fallait pas, genre chiffon rouge. Désolé de t'avoir ainsi polarisé, j'obtiens le but inverse de celui recherché, c'est à dire de t'inviter à avoir une vue d'ensemble sans laquelle le projet que je propose ne tient pas. Je continue à ne pas reconnaître mon projet dans tes remarques.

  • Mais si, rajoute !

    Faut arriver à construire un "modèle alternatif".
    Tu liras lundi une première approche : La distinction tient entre les 4 natures de "capitalisme" que j'ai cru détecter.

    Notre mal vient d'un "inceste" dans la tête des gens (post encore dans le porte-plume : je suis à la bourre depuis quelques semaines et samedi je pars en urgence en Corsica Bella tchi-tchi et mardi à Lyon : je n'aurai pas le temps de l'écrire) entre ces 4 là.
    Il faut revoir notre "modèle économique", mais je ne sais pas encore comment !

    Toi, peut-être, tu sais.

  • Bon, nos 2 derniers messages se sont un peu croisés, j'avais pas tout à fait fini.
    Revoir notre modèle économique? C'est au-dessus de mes compétences, toutefois, ce que je propose en fait partie puisque je propose de démarchandiser (je dirais déproductiviser pour être cohérent) les activités sociales. Pour répondre à tes précédentes critiques, je te propose une lecture approfondie du bouquin de Denis CLERC "La France des travailleurs pauvres". Il connait bien tous les fondamentaux de l'économie et j'ai beau confronter mon système à son bouquin, je ne vois que des effets positifs sur le plan économique (avec des limites: dans mon système je ne parle pas de l'importance de l'employabilité dans le domaine productif, Denis CLERC insiste sur ce point et je suis aussi d'accord avec lui). Sans doute la notion de capital social n'est-elle pas assez développée aujourd'hui pour définitivement faire pencher la balance du côté de l'état providence participatif? Ca viendra!

  • Je ne lis pas "le nombril des z'autres"... Déjà qu'avec le mien, j'ai du mal et beaucoup à faire !

    Je reprends ton mot : "démarchandiser", "déproductiviser"... Pour en revenir au "troc" capital social ?

    Mais non mon ami : revenir au "troc", c'était ce que je voulais dire à l'occasion de mon dernier commentaire, c'est l'empêcher de se développer.
    Et quand tu empêches le développement d'un truc, il meurt !
    C'est exactement la leçon du "marxisme-léninisme" appliqué que nous ont laissé les "économies planifiées".

    Ca ne "colle" donc pas !

  • i2,
    Rarement vu une telle bouillie idéologique! Pire que tout ce que tu m'as objecté jusqu'ici, comme si un martien et un terrien tentaient vainement de se parler. Je décroche.

    Il y a vraiment beaucoup à apprendre et à comprendre dans le bouquin de Denis Clerc(ce qui ne veut pas dire que je partage tous ses points de vue, entre autres sur la TVA sociale). Il a aussi le gros avantage d'être très pragmatique, très synthétique (tout en ayant une connaissance complète des tendances et arguments de tous bords)et pas du tout nombriliste .

  • Evidement, mon propos n'est pas de l'idéologie !
    C'est du constat pur et simple.

    C'est bien ce que j'affirme (mon ami, mais me considères-tu encore assez pour être "ton" ami après un pareil commentaire) : tu classes comme tu veux "ma" bouillie, mais elle restera inclassable "idéologiquement", parce que c'en n'est pas une !

    Et c'est bien tout le drame de la "pensée à la française" qui veut tout classer, étiqueter selon un filtre idéologique pour mieux comprendre et accuser ou adouber !
    Mais jamais dépasser les faits.

    Qui reste pourtant têtus...

  • i2, t'inquiètes! comme disent les jeunes. On va éviter de placer la discussion sur un plan affectif, si possible. Mille excuses si je t'ai blessé avec la bouillie, mais je maintiens. Où as tu vu le troc? Où as-tu vu que la proposition qu je fais couvrait l'ensemble des activités (10 à 20% tout au plus pour les activités pour lesquelles la notion de productivité et gains de temps s'applique mal; on a déjà eu exactement la même discussion je sais plus où). Où as-tu vu le bénévolat? C'est quoi la pensée à la française, et où est-elle dans ce qui précède?

  • Tu ne m'as pas "blessé" : j'ai simplement voulu dire que quand quelque chose n'entre pas dans le syndrome du taxinomane (que je sais que tu n'es pas forcément), on le met de côté parce qu'il n'entre dans aucun genre connu...
    Du coup il est rejeté : c'est purement "franco-gaulois", issu sans doute de l'esprit encyclopédiste... Passons !

    Qu'elle est donc la contrepartie de l'activité bénévole... Telle est la question que je pose en 1.000 formulations ?
    Peut-être que j'arriverai à comprendre si tu avais la gentillesse de m'éclairer.

  • i2, La contrepartie de l'activité volontaire (j'ai fait un petit article pour expliquer ce que j'entendais par là, mais tu continues à appeler ce que je propose de bénévole ou bien tu me ramène à la corvée)? Je crois t'avoir déjà répondu mille fois aussi, sur ce blog et sur celui de Toto, mais comme ce n'est pas en Euros, tu considères que ma réponse est nulle. Pourtant, tu vois bien ces jours-ci que la monnaie c'est avant tout de la confiance. Tu peux contrôler que les monnaies fondantes ont été expulsées par le pouvoir et non à cause d'un échec technique (tu peux faire un tour dans les liens que je donne à la rubrique monnaie). Alors, je ne vois pas ce que tu attends de plus. (Est-ce une question de taxinomanie?).

  • Peut-être !
    Je suis peut-être nul à ne pas comprendre ce que tu expliques depuis des lustres, parce que justement je n'arrive pas à "classer" ta monnaie fondante.

    Ce n'est pas seulement le "pouvoir" qui a déclassé cette monnaie là.
    C'est peut-être tout simplement le bon sens, peut-être la nécessité.
    Mais reconnais qu'elle l'est (déclassée) puisqu'elle est "méconnue" et inusitée (même si on en fait tous l'expérience tous les jours) : il y a bien une raison !
    Economique, celle-là.
    Non ?

  • i2, Oui, il y a une raison, c'est qu'elle ne permet que difficilement de faire des investissements, en particulier par des acteurs privés. Mais les activités que je propose de financer par cette monnaie n'ont aucun besoin de capitaux, c'est juste du temps en parfait accord avec une monnaie de flux. Le capital que je propose de revaloriser est du capital social et non du capital financier qui est déjà en très grande surchauffe.

  • Mais alors, Michel, pourquoi m'empêcher de capitaliser de financer ce capital ?

    Je t'ai dit, ici ou ailleurs, qu'une partie de mes activités, c'est justement dans le social.
    Parce que je n'ai pas un esprit de lucre éhonté, tout le monde (sauf peut-être les frères trois points qui m'entoure, sentant que la "bonne affaire" leur échappent) est d'accord pour que je capitalise et m'encourage (les portes s'ouvrent, on me dit que je suis génial, que mon montage est brillant, etc, etc), parce que mon ambition c'est justement de démultiplier les offres dans ce secteur-là !

    Autrement dit, je me sers des leviers financiers (ceux que j'arrive encore à maîtriser) pour réaliser cette opération et les suivantes qui sont déjà dans les tuyaux, avec leurs effets de levier.
    Comment aurais-tu fait autrement avec ta "monnaie fondante" ?

    Je ne demande qu'à apprendre, toujours dans l'objectif de m'en servir pour restituer en le multipliant ce que j'ai reçu.
    Tu sais, la parabole du talent...

  • Que ton montage soit génial ou non, il suppose une éthique que tu as sans doute, mais rassures-toi, les frères 3 points te rattraperont, eux-mêmes doublés par les frères 4 points, etc...Question d'optimisation des profits qui ne peut que refaire son apparition, puisque c'est la règle du jeu de cette main invisible, liée à la monnaie capitalisable, qui nous étrangle.
    Toutefois, en attendant le jour improbable où nous mettrions en place un état providence participatif, je salue ta démarche, ici et maintenant, avec les outils qui sont à ta disposition, et qui vont en effet dans le sens d'un accroissement de notre capital social. Accueillir les petits dans des crèches pas chère et de qualité, c'est une des bases de l'équité et d'une lutte contre la "reproduction sociale". Les pays scandinaves ont mis le paquet là-dessus, pour tous, et on ne peut que les féliciter.

    Comment j'aurais fait avec ma monnaie fondante? Un des principes est d'injecter une quantité voisine de la fonte au moyen d'une caisse faite pour ça, selon des critères décidés démocratiquement. Par exemple, pour les enfants il y aurait une allocation qui permettrait aux familles de "payer" les entreprises sociales (crèches en l'occurence) de leur choix (principe de marché). Les parents qui travaillent eux-même dans le domaine social (éventuellement cette même crèche) auront donc un salaire en monnaie fondante qu'ils pourront dépenser dans ce même domaine...etc, c'est un marché. La délimitation entre domaine productif et domaine social serait basée sur la pertinence de la notion de gains de productivité comme critère principal.

  • Mais ça, ça existe déjà : ce sont les crèches familiales !

    Le principe est que se sont les parents qui montent la crèche de leur gamin. Ils la financent soit par des dons ou un prix, soit par des vacations à fournir, soit par de l'acquisition de matériel ou de "jetables".
    Pas compliqué.
    D'autant que la dernière loi les autorise à faire des "micro-structures" de 9 gamins.

    Sauf que...
    Ca marche avec deux/trois familles, une dizaine c'est bien.
    A condition de trouver des locaux (je ne te parle même pas du personnel bénévole et pas forcément formé : y'a quand même quelques réflexes "pro" à acquérir).

    Passé ces deux étapes, ça marche et vient un troisième écueil : trouver des familles de remplacement qui adhèrent au système.
    Bref, elles tiennent trois/quatre ans, parfois plus et ensuite on se retrouve avec un local en déshérence, loyer pas payé (et je ne te dis pas s'il s'agit de l'acheter) avec du matos irrécupérable : même des "pro" ne peuvent plus reprendre le truc parce que rien n'est aux normes (qui sont drastiques).
    Par exemple : 6 m² par enfant putatif. 9 enfants = 54 m² plus les dégagements, les accès, la cuisine le pipitier des parents, le vestiaire, le local à landeau.
    Minimum 70 à 80 m².
    Soit un loyer minimum de 19 à 20.000 euros/an en ville...
    Pour 9 gamins, c'est lourd !
    Et encore, ça représente à peine 30 % du budget quand tu ne payes pas le personnel (puisqu'ils sont bénévoles).
    Et pour 9, sur 10 ou 11 heures de garde, il faut au minimum 3 personnes.
    Si on devait les payer, je ne te raconte pas !

    Alors que dans une crèche normale, tu peux te débrouiller avec 5 à 6 personnes pour 40 gamins : c'est autre chose !

  • i2, je te renvoie à cette note et les discussions qui suivent sur le fait que ça existe déjà.
    http://solidariteliberale.hautetfort.com/archive/2008/05/04/le-poids-de-l-institution.html#comments
    Pour le cas des crèches, l'ensemble de la société est capable à la fois de donner beaucoup pour les petits et de comprendre qu'il s'agit d'un investissement. Donc il est possible de trouver des solutions qui s'encastrent correctement dans l'économie standard. Ce n'est pas le cas pour beaucoup d'autres activités, par exemple les services à la personne.

  • Détrompe toi : 1 - Pour les crèche, le gouvernement envisage d'adoucir la norme des 6 m², mais il y a résistance de la PMI,
    2 - De passer à la norme 1 adulte pour 12 enfants...
    C'est-à-dire une dégradation de l'effort consenti pour les petits.
    A mon avis, mais ce n'est que mon avis, on coure à la catastrophe... Perso, ma Directrice m'a convaincu d'avoir 1 adulte pour 8 + 1 personne en plus... Toujours et partout !

    Pour ce qui est du service à la personne en général, tu sais que c'est ma deuxième corde à mon arc dans ce domaine : je suis de très près une "pote"...
    Malgré les facilités réglementaires, elle a un mal fou à gérer les "officiants".
    Et encore, ils sont payés...
    Alors des bénévoles ???
    Et je reste persuadé qu'en payant mieux, on doit pouvoir offrir plus et mieux à ceux qui en ont besoin sans que ce soit plus coûtatif pour eux ou la phynance publique.
    C'est à mon avis une question de taille critique à dépasser.
    Je m'y attèle à la "booster". Après je dupliquerai le modèle à l'envi.

    Un temps, j'ai aussi audité la Croix-Rouge française (dans une de mes nombreuses vies) : ces types-là, à faire dans l'humanitaire, très "pro", font des excédents nets de gestion absolument faramineux... Justement parce qu'ils sont "pro" et pas bénévoles !

    Mais bon, on ne va pas continuer à poluer ton blog et tes convictions avec mes observations "terrains"...

  • i2, ce ne sont ni tes convictions ni tes observations terrains qui polluent mon blog et mes convictions, mais la grande difficulté que nous avons à parler de la même chose, malgré toute notre bonne volonté. Il y a comme une incompatibilité culturelle entre nous, comme si un martien voulait parler à un terrien. Si je réussis, non pas à te convaincre, mais seulement à te faire voir la cohérence de mon projet, je n'aurais pas sué pour rien.
    Exemple: quand je te dis qu'on peut comprendre que les dépenses qu'on fait pour les petits puissent être comprises comme un investissement, tu me montres qu'on est en train de faire le contraire en France. Ce que tu démontres c'est que la vision politique actuelle en France est guidée par une courte vue gestionnaire, mais pas que ce soit incompréhensible ni réalisable en démocratie capitaliste. Si tu vas voir dans les pays nordiques qui fonctionnent aussi en économie de marché, ils ont un système démocratique assez intelligent pour dépenser ce qu'il faut pour les petits et pour tous les petits. Donc, cela te démontre que c'est possible.
    Quand tu me dis que les bénévoles ne donnent pas un très bon service et que les pros font mieux, je ne peux qu'être d'accord avec toi. Ce que je propose n'est pas du bénévolat, mais vise à organiser de façon assez gratifiante et avec la formation qu'il faut les volontaires. Par rapport à des bénévoles, ma proposition va bien dans le sens d'une professionnalisation mais avec un contenu un peu différent du système productif qui marche si bien pour les biens et services standardisables. Il me semble naturel que dans le contexte égoïste actuel il soit très difficile de motiver des bénévoles. Pourquoi il y en aurait qui se casseraient le cul pour la collectivité pour rien alors que d'autres s'en mettent plein les fouilles en exploitant les fruits de ce travail bénévole?(l'exemple du foot est très parlant, des bénévoles s'occupent pour rien des gamins et ensuite ils voient tout une jet set du foot qui gagnent des sommes énormes; en gros, ils ont semé et soigné et n'ont rien récolté en retour que les engueulades des parents qui se déchargeaient sur eux de leurs mômes - je le sais, c'est aussi du terrain).
    Là où tu coinces, c'est que tu ne perçois pas (ou que tu ne crois pas) l'ensemble du dispositif qui construirait la reconnaissance des volontaires. Tu dévalorises illico ma monnaie fondante et tu continues à me parler de bénévoles comme si on ne s'était rien dit à ce sujet. Je crois que tu n'es toujours pas allé voir de plus près les expériences très positives de l'histoire des monnaies fondantes que je t'ai proposée. Tu ne vois pas le poids que représenterait une institutionnalisation (dans le sens de la mise en place de règles, reconnaissance d'un domaine social adossé à un droit, possibilité de partager son temps entre productif et social) etc...il y a sans doute d'autres suggestions à faire pour construire un domaine social crédible qui apporte réellement une gratification suffisante à ceux qui y participeraient (pas exceptionnellement comme aujourd'hui, mais banalement, naturellement) et satisfaisante sur le plan du service rendu.

  • Mais quelle "gratification" ?
    Qu'est-ce qui peut "bouger les foules", bon Dieu ?

    Je ne demande qu'à te croire, puisque c'est bien l'origine de nos discussions : la motivation individuelle, semi-collective, voire collective !
    Tu sais bien que c'est un de "mes métiers" : je suis très intéressé, naturellement !

  • Bien entendu, la réponse que tu attends et seulement celle-là, c'est l'argent! Donc toute autre réponse est à-priori invalide, bien que tu peux, comme moi, constater que de nombreuses formes de reconnaissances, de gratifications sont pratiquées par tout le monde, y compris par toi! Je te renvoie à nos innombrables discussions qui n'ont eu sur toi que l'effet de l'eau sur les plumes d'un canard:
    http://solidariteliberale.hautetfort.com/archive/2005/04/29/la_reconnaissance_comme_source.html

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