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Etat Providence Participatif=société des participants - Page 7

  • Le marché social, ou le marché à but non lucratif.

    La structure des sapeurs pompiers m'a inspiré comme modèle de structure d'un état providence participatif. Toutefois, pour être clair, il y a tout de même quelques spécificités liées au travail des sapeurs pompiers qui fait que leur structure ne peut être copiée pour de nombreuses activités de l'état providence participatif dans un cadre non planifié.

    Je retiens de la structure des sapeurs pompiers:

    • La mixité professionnels/volontaires avec un nombre de volontaires très supérieur au nombre de professionnels.
    • La reconnaissance accordée aux volontaires sous la forme d'indemnités de mission et de formation, en plus de la reconnaissance liée à l'image des sapeurs pompiers dans la société.
    • Le fait que le pompier a le droit de prendre son temps de formation sur son temps de travail (ce ne doit pas être si simple dans la pratique étant donné le rapport de force actuel employeur/employé).

    Je ne retiens pas, comme principes transférables:

    • La structuration quasi-militaire, justifiée par le besoin de réagir à l'urgence, mais qui n'aurait pas lieu d'être dans la prise ne charge des dépendants qui requièrent une organisation routinière et très peu hiérarchisée.
    • Le maillage planifié du territoire, justifié par le besoin de couverture organisée du territoire et de la dotation en équipements, qui exclut toute émulation concurentielle.

    Les activités de service à la personne que je vise en premier pourraient, à mon sens socio-libéral, être organisées comme un marché dont les règles et le but ne seraient pas le profit, contrairement au marché marchand. La monnaie fondante est en cohérence avec ce but. Ce marché non marchand, qui existe déjà pour les associations à but non lucratif (on peut en effet pratiquer un sport, par exemple, dans le club sportif que l'on souhaite), pourrait mieux affirmer sa spécificité avec une monnaie fondante. Cette monnaie apporterait une liquidité supplémentaire favorisant l'accès à l'activité d'une façon générale et permettrait d'apporter une reconnaissance aux nombreux bénévoles qui en manquent. 

  • Conflit de génération en vue

    Sans une prise en charge massive et populaire, c'est à dire par la plupart des actifs, des vieux dépendants, nous sommes à peu près certains d'assister à un conflit de générations d'un genre inédit. En effet, comment la population jeune  pourra-t'elle supporter de compter dans ses rangs de plus en plus de chômeurs et de travailleurs pauvres (en particulier dans le domaine du service à la personne) alors que la proportion des vieux dépendants apparaîtra de plus en plus comme celle qui pompe l'énergie et l'argent de la société. Cette catastrophe annoncée peut être évitée en organisant la prise en charge de la dépendance hors du marché et non pas comme on est en train de la faire actuellement dans le marché en comptant ainsi créer des emplois. Tout ce blog propose une piste d'organisation d'un état providence participatif qui pourrait éviter cette catastrophe régressive et violente, n'en doutons pas.

  • Nicolas SARKOZY et la rupture, un autre pacte social? Un chien qui a mordu mordra!

    L'actualité n'est pas l'habitude de ce blog. Un évènement m'oblige à me risquer dans l'actu. Il s'agit de la rupture dont parle Nicolas SARKOZY. Au travers de quelques uns de ses thèmes favoris, il me semble en effet discerner la possibilité d'une rupture avec ... la révolution de 1789 et avec un élément du socle de notre pacte social tacite. La révolution de 1789, c'est, à la racine, la disparition du sang bleu des aristocrates et de toute autre différence liée à la naissance et c'est le citoyen seul face à l'état (Lechapellier, disparition de toutes formes de communautarismes, éthniques, confessionnelles, professionnelles). C'est vrai qu'il y a déjà eu d'autres ruptures avec cette révolution dans les années qui l'ont suivie. Napoléon, par exemple, avait rétabli une sorte de noblesse d'empire. Toutefois, liberté, égalité et fraternité continuent de pouvoir se conjuguer et de servir d'horizon, quand bien même de nombreuses antorses sont faites à cette devise.

    Par exemple, la position de Nicolas SARKOZY en faveur de mesures de discriminations positives(1) discriminations posistives(2), me semble sortir de notre pacte social. S'attaquer aux discriminations effectives me semble plus conforme à ce pacte. Ne nous propose-t-il pas de nous orienter vers une société assurancielle (vision individuelle, le même état d'esprit que Mme Thatcher avec son "I want my money back") alors que notre pacte serait plutôt celui d'une société mutuelle (plus solidaire et plus conforme aux réalités statistiques d'une société). Préférence marquée pour la répression alors que notre penchant serait du côté de la prévention (avec son travers laxiste de l'apogée bobo) etc....

    D'autre part, à part chez DeGaulle (De Gauche?) le thème de la rupture n'est pas un thème de droite qui se réclame plus de continuité que de rupture. Nicolas SARKOZY se réclamme t-il  de rupture afin de dérober ce thème habituellement réservé à la gauche? Manoeuvre populiste? Brouillage des repères? Gaullisme?

    Au-delà des idées reçues, il me semble important de déterminer si oui ou non Nicolas SARKOZY (en raison du fort potentiel de transformation sociale qu'il incarne ainsi que du nombre très important de personnnes qu'il représente) porte en lui cette contre révolution libérale/communautariste (où une autre "rupture"). Nicolas SARKOZY se déclare anticommunautariste, mais n'a-t-il pas réussi à embaucher l'ancien commissaire au plan Henri GUAINO pour faire ses discours à 180 degrés des précédents? Henri GUAINO a déjà réussi à aider Jacques CHIRAC à se faire élire sur le thème de la fracture sociale, pourquoi pas Nicolas SARKOZY sur le thème de la solidarité? Mon opinion actuelle est que Nicolas SARKOZY c'est la France pour les riches, un coup de pouce au libéralisme et pas à ceux qui en souffrent. Ses déclarations actuelles sont faites pour atteindre son objectif Elyséen et sont donc peu fiables, ses déclarations et actes plus anciens me semblent un repère beaucoup plus fiable. Un chien qui a mordu mordra!

  • Jean BOISSONNAT et la flexsécurité

    Vers 1995, Jean BOISSONNAT rendit un rapport commandé par le commissariat au plan et dont le thème était le travail vers 2015. Le contenu de ce rapport est de plus en plus d'actualité. En effet, il propose un contrat d'activité qui pourrait être une réponse très pertinente au problème du chômage et des manques de main d'oeuvre dans certains secteurs. Il s'agit en quelque sorte d'une proposition de "flexsécurité" à la Française (et au Français aussi!).

    Ce document de seulement 4 pages est toujours disponible en ligne à l'adresse suivante:

    Contrat d'activité de Jean BOISSONNAT

    Bonne lecture

    PS: Voici en lien une critique argumentée du modèle Danois dont on s'inspire souvent comme exemple de flexsécurité. Si je défends le bon sens que sous-tend l'effort d'association de la flexibilité et de la sécurité, la proposition que je formule est bien différente du modèle Danois et a été élaborée à partir de notre société Française et de son pacte social tacite.

  • Volontariat ne veut pas dire bénévolat

    Beaucoup confondent Volontariat et Bénévolat.
    Volontariat veut dire qu'on est volontaire pour faire quelque chose, et Bénévolat veut dire qu'on est prêt à le faire pour rien.

    Les bénévoles représentent aujourd'hui une force économique importante qui s'ignore. Alors que de nombreuses entreprises profitent sans scrupule du bénévolat (exemple du nettoyage des plages de Bretagne par des bénévoles au profit du pollueur) , la générosité des bénévoles maintient debout notre humanité. Y-a-t-il un prix pour celà?

    Il existe une loi sur le volontariat associatif dont on trouvera les détails sur le site du gouvernement: loi sur le volontariat associatif du 23 Mai 2006. Bien que cette loi ne pourra toucher qu'un nombre très limité de personnes (quelques dizaines de milliers tout au plus), elle permet toutefois de bien tenir compte de la différence entre bénévole et volontaire et de définir les conditions pour qu'une structure donnée ait le droit d'accueillir ces volontaires. De plus elle a l'avantage de s'adresser à la catégorie de personnes les plus touchées par la crise de l'emploi: les jeunes. Par rapport à mon projet, elle interdit à un volontaire d'avoir un travail usuel en plus de son travail de volontaire (ainsi que les pompiers volontaires peuvent le faire), alors que c'est un des points-clés de ma démarche qui vise un développement de masse, une normalisation de la pluriactivité . Je souhaite toutefois fermement que cette loi développe la notion juridique de volontaire (selon le principe que tout travail mérite reconnaissance) et qu'elle puisse être l'amorce d'un contrepoint au "tout marchand" (l'homo economicus) là où l'activité et le profit se marient mal.

    Roger Sue, dans "Quelle démocratie voulons-nous" 2006 aux éditions La découverte p. 29, adhère à l'idée d'étendre le statut de volontaire: il propose ..."l'extension du statut de volontaire aux associations d'intérêt général. Les Etats-Unis ont montré l'exemple en la matière (Unis-Cité, city year). Passer de plus en plus de temps dans les associations tout en apportant des compétences souvent pointues ne peut s'accomoder du seul bénévolat. Entre salariat (les permanents) et bénévolat, un statut du volontariat donnant droit à rétribution et à des droits sociaux (santé, retraite) se cherche encore. Un tel statut ouvert à tous aurait le double avantage d'attirer plus de salariés vers des tâches d'intérêt général et de donner une activité et un revenu minimum à tout chômeur."

  • La division du travail, jusqu'où?

    La division du travail c'est le fait de se spécialiser individuellement pour devenir plus efficace collectivement et aussi pour développer les complémentarités plutôt que la concurrence. Les sociétés plus traditionnelles ont peu developpé la division du travail en comparaison des sociétés modernes où la division du travail est un trait prédominant. La division du travail peut même servir de mesure du degré de modernité d'une société (avec le même type de limite que la signification du QI pour l'intelligence!). Quelques références sur le sujet: division du travail. division du travail 2 division du travail 3

    On parle de division du travail dans plusieurs cas de figures:

    • On parle de division du travail quand dans un groupe chacun se spécialise. Il y a celui qui s'occupe de la fabrication, celui qui s'occupe du commerce, celui qui s'occupe des comptes etc..
    • Il y a division du travail quand un groupe (une entreprise) se spécialise. Il y a les entreprises spécialisées dans la fabrication de téléphones, il y a les entreprises spécialisées dans la fabrication des automobiles, il y les entreprises spécialisées dans le commerce international de petits pois....
    • Il y a division (internationale) du travail quand un pays se spécialise dans une activité donnée. Par exemple, la Chine est en train de se spécialiser dans la fabrication d'objets, les Etats-Unis d'Amérique se spécialisent dans les services, La France se spécialise dans le tourisme...

    La division du travail s'appuie sur les gains d'efficacité qu'elle permet (On s'est toutefois apperçu que, poussée à l'extrême, la division du travail pouvait conduire à une productivité moins importante qu'une division moindre. C'est ainsi que certaines chaines linéaires de montage d'automobiles ont pu être avantageusement remplacées par des groupes de travail plus polyvalents et plus responsables). Elle limite aussi les frictions quand la dimenssion complémentarité/concurrence intervient.

    Et si le critère d'efficacité ne s'applique pas ou mal à une activité, que devient-elle dans cette ultra-division du travail qui nous baigne? C'est à mon sens ce qui est en train de se produire avec les services à la personne. La notion de gain de temps associée au gain d'efficacité n'est pas, à mon sens, adaptée à l'activité de service à la personne. C'est tout à fait comme si le temps passé en famille avait un quelconque intérêt à être réduit par une opération d'accroissement d'efficacité. Qu'est-ce que cela veut dire? En second, si l'activité de service à la personne rentre dans la catégorie marchande, c'est tout l'édifice marchand qui en sera perverti, tout le sens et l'intérêt de la division du travail qui en sera affaibli. Il n'y a donc pas seulement danger pour le domaine du service à la personne à intégrer le  domaine marchand, ce danger existe aussi pour tout le domaine marchand par perte de sens de ses principes fondateurs. Le Chèque universel emploi-service peut-il opérer correctement la différenciation domaine marchand/domaine social dans la mesure où il confond catégorisation de l'activité/catégorisation des personnes avec un caractère discriminatoire qui s'ignore du type "les bons dans le domaine marchand/les moins bons avec le chèque aidé emploi service"?

    Si on reconnaît que la pratique de la division du travail s'applique mal au domaine du service à la personne parce que les critères d'efficacité et de gain de productivité s'y prètent mal, alors il est important de concevoir une autre façon de remplir cette activité. Ma proposition est que chacun puisse passer une partie de son temps dans le domaine marchand et une partie de son temps dans le domaine du service à la personne (en plus de la famille ou du groupe affectif). Chacun de ces domaines peut être assez différencié et suivre des logiques assez différentes pour passer de la division du travail à une division de l'activité ou pluriactivité. Dans la division du travail on suppose les critères de rentabilité universels et la division ne passe pas par les individus, chacun se spécialisant dans un ou un autre travail. Dans la division de l'activité, l'individu répartit son temps entre une activité spécialisée à caractère marchand et une activité à caractère non-marchand.

    La division du travail n'a pas encore touché le domaine affectif, est-ce la prochaine étape de la conquête marchande? Allons nous dégrader l'activité affective en activité marchande de reproduction. Cette option ne manquerait pas de bénéficier des arguments rationnels des eugénistes de tous poils, soutenus par des financiers sans état d'âme voyant un nouveau champ de développement économique et une nouvelle source de profits. S'agit-il de développement ou de barbarie?

  • La grève du coeur; heart on strike

    Bénévoles du monde entier

    Unissons-nous

    Dans un jour de

    Grève mondial,

    Existons

    Formidablement,

    Ne serait-ce qu’un jour par an.

    Refusons

    Un jour

    De soigner

    Gratuitement

    Les plaies

    De la marchandisation,

    Faisons

    La grève du cœur,

    Nous connaîtrons alors

    Notre grande valeur.

     

     

     

    Volunteers from everywhere in the world, let's unite for a one-day strike. Let's live intensively, would that only be one day a year.
    Let us refuse to take in charge, without gratification, the wounds from overexploitation of the world .
    Let's make a strike of the heart , we will then know our big value.

  • L'isolement comme trait social caractéristique. People isolation as main feature.

    Beaucoup d’analyses de ce qu’on appelle la crise actuelle de la société partent du chômage. Sans négliger le chômage, l’isolement des personnes m’a paru être un trait beaucoup plus caractéristique de notre société. L’observation directe de notre mode de vie, confortée par les indicateurs des organismes de statistiques (Familles monoparentales, personnes vivant seules..) démontre l’ampleur de cet isolement. J’ai fini par aboutir à une formulation très simple de l’exclusion :
    Chômage + Isolement => Exclusion.
    Pour l’essentiel, une personne seule ayant un travail n’est pas exclue, ainsi qu’une personne au chômage soutenue par une famille ou un entourage présent.
    Si on admet cette formulation, vouloir réduire l’exclusion passe par une action positive à la fois sur le chômage et sur l’isolement.

    On ne peut se passer de remarquer que les nouvelles TIC (technologies de l'information et de la communication) ont un impact direct sur l'isolement. Les TIC réduisent-elles massivement l'isolement? Est-ce valable pour toutes les catégories de personnes? ... à suivre...

     

    Many analyses of what we call the current crisis of the society start from unemployment. Without neglecting the unemployment, the isolation of the persons appeared to me to be a much more characteristic feature of our society. The direct observation of our way of life, consolidated by the indicators of the bodies of statistics (Single-parent families, persons living alone) demonstrate the scale of this isolation. I finaly propose a very simple formulation of the exclusion:
    Unemployment + Isolation = > Exclusion.
    For the main part, a single person having a work is not excluded, as well as a person in the unemployment supported by a family or a present circle of acquaintances. If we admit this formulation, to want to reduce the exclusion passes by a positive action at the same moment on the unemployment and on the isolation.

    We cannot miss to notice that new ICT (information and communication tools) have a direct impact on the isolation. Do ICT reduce massively the isolation? Is it valid for any person category?...

  • Economie plurielle: sortir du bricolage ou devenir de faux esquimaux?

    Depuis les années 90, le concept d’économie plurielle se (re)développe et donne lieu à débat Jean-Marie HARRIBEY-2000, Pilippe CHANIAL et Jean-Louis LAVILLE 2001, Université Québecoise, Louis FAVREAU. Il s’agit la plupart du temps de développer une « économie solidaire » à côté de l’économie marchande et des services publics. Je vais tenter de définir pourquoi nous avons absolument besoin de développer une économie solidaire et plurielle et faire une proposition pour sortir du bricolage.

    Tout d’abord, pourquoi avons-nous besoin de développer une économie solidaire et sur quel domaine d’activité ? Il faut dégager une nécessité profonde, non liée à la conjoncture économique défavorable actuelle pour développer une économie solidaire. Je vois cette nécessité en ce qui concerne la prise en charge des personnes dépendantes (enfants, personnes âgées, handicapés). Il n’y a guère que les Esquimaux vivant dans des conditions très rudes pour pouvoir justifier la nécessité de l’abandon, d’ailleurs consenti, des personnes âgées sur la glace et sans doute de l’euthanasie des handicapés. Notre richesse économique est telle que nous avons l’absolu devoir de prendre en charge le mieux possible les personnes dépendantes, il en va de notre humanité. Nous ne pouvons tolérer de laisser cette prise en charge soumise aux aléas du marché et de la bourse. Voilà, à mon sens, un domaine d’activité qui répond indiscutablement à la nécessité de créer une économie solidaire. Il faut remarquer que ce domaine a surtout un besoin de temps consacré à s’en occuper, et le temps est la ressource dont nous disposons le plus. De plus cette ressource est disponible partout en proportion du besoin.

    Note un peu plus développée dans: économie plurielle

  • Monnaie fondante + Monnaie capitalisable: trop compliqué?

    Deux monnaies en tandem dont une monnaie fondante pour les échanges où le profit est insensé et une monnaie capitalisable là où l'investissement, l'épargne, l'exportation et l'importation sont pertinents serait-il trop compliqué? Il se trouve que la réponse à cette question existe grâce à tous les pionniers des "Système d'Echange Local" (SEL) et également des diverses expériences concrètes et efficaces de monnaie fondantes dans le monde (plusieurs dizaines voire centaines de milliers de personnes). Si tous ces pionniers qui appartiennent à des cultures différentes et à des milieux sociaux variés sont capables de maîtriser sans difficulté particulière le maniement de ces deux monnaies, alors celà prouve que l'argument de complexité ne tient pas et que la question n'est pas là.

  • Monnaie fondante, épargne et investissement

    L'économie classique régie par une monnaie capitalisable vérifie le principe d'échange international suivant:

    • Epargne-Investissement = Exportation-Importation

    Avec une monnaie fondante, pas d'épargne, pas d'investissement et donc ni importation ni exportation. Cette monnaie fondante est donc tout à fait compatible avec les activités à caractère local et immédiat pour lesquelles le temps passé est le premier critère et pour lesquelles l'investissement et le profit n'ont pas de sens. Les activités de service à la personne et toutes les activités socio-culturelle correspondent très bien à ce type de fonctionnement.

  • Monnaie fondante et rareté monétaire.

    Si beaucoup de personnes ne trouvent pas à échanger leur force de travail avec la société alors qu'elles sont volontaires c'est en partie à cause de la rareté monétaire (La France fait partie du peloton de tête des épargnants). Vouloir créer une monnaie fondante redonnerait une marge de manoeuvre monétaire à l'économie. Réserver cette monnaie fondante à un domaine bien défini, celui de la dépendance et des activités socio-culturelles aurait plusieurs avantage:

    • Stimuler cette activité qui manque de bras.
    • Démontrer chaque jour et à chacun que l'activité ne se réduit pas au triste règne du profit.
    • Réduire la pression sur les autres revenus, c'est à dire réduire le coût du travail du domaine marchand en réduisant les charges.

    Il y a de quoi satisfaire à la fois les tenants du marché et les défenseurs de l'état providence. Il faudrait que chacun des protagonistes s'interroge. Les marchands devraient se poser la question de l'avancée du marché dans le domaine des services à la personne (financés en grande part par les prélèvement sociaux) et les tenants de l'état-providence redistributif sur les effets de la ponction sociale sur les salaires marchands. On peut rêver. L'avancée marchande dans le domaine des services à la personne ne serait-elle pas la captation de fonds sociaux issus des prélèvements obligatoires (on tourne en rond)? L'état providence redistributif peut-il éviter la banqueroute sans ponctionner de plus en plus les "actifs" compte tenu du vieillissement de la population?

    Citation tirée de la Gazette de Berlin du 13/3/2007 démontrant le caractère non capitaliste d'une monnaie fondante en cours, le "Berliner":  

    « Le problème, nuance Silvia Rottenberger, vendeuse dans une échoppe de maillots de bain, c'est que les Berliner perdent très vite de leur valeur [2% tous les six mois] et que l'on doit les utiliser très vite. » Et pourtant, l'idée selon laquelle « l'argent doit circuler » plutôt que de rembourrer les poches de quelques uns est à la base même des monnaies complémentaires. Le système est ainsi fait que la spéculation et l'accumulation ne sont pas possibles. Manière de gonfler artificiellement la masse monétaire et, par conséquent, de rendre l'argent plus accessible.

     

  • Grand-mère au CAC 40

    Développer la marchandisation du tiers secteur, et en particulier ce qu’on appelle l’aide à la personne, c’est décider que la manière dont on prendra soin des personnes âgées, par exemple, soit dépendante de la bourse. Travaillez, petites fourmis du social, créez et développez ce secteur. Quand il sera mûr, il se trouvera quelque groupe multinational pour s’y implanter et y faire régner la loi du marché marchand.
    Si on souhaite que sa grand-mère soit autre chose qu’une marchandise, il faut développer une autre manière de dépenser du temps à s’occuper d’elle. Il faut que l’activité marchande pour ce secteur devienne l’exception et non la règle. Il faut éloigner le secteur de la dépendance de la concurrence marchande. Comment ? En dévelopant une économie plurielle comportant un marché à but non lucratif assorti à une monnaie fondante sur le domaine d'activité où le profit a peu de sens. Je vous invite à suivre une piste d'"état providence participatif" dans mon blog du même nom.

  • L'état providence participatif existe déjà pour au moins 200 000 Français

    Plus de 200 000 personnes en France vivent déjà selon les principes d'un état providence participatif. Il s'agit des sapeurs pompiers. En effet, la sécurité civile est assurée par environ 20000 pompiers professionnels épaulés par 200000 pompiers volontaires mais pas bénévoles. Les pompiers volontaires ont en effet un niveau de reconnaissance plus élevé que la plupart des bénévoles. Ils sont payés pour les missions qu'ils exécutent, ils ont le droit d'être formés pendant leur temps de travail sans que leur patron puisse s'y opposer, et ils ont de plus une reconnaissance populaire certaine.
    Les pompiers ont une particularité: ils doivent pouvoir intervenir rapidement et efficacement sur les lieux des sinistres. Cette particularité implique une excellente coordination dans l'action et c'est pourquoi les pompiers ont adopté une structuration militaire adaptée à leur fonction.
    Le secteur social de la dépendance (personnes agées, handicapés, enfants) pourrait bénéficier d'une organisation du type des sapeurs pompiers en ce qui concerne la mixité professionnels/volontaires, toutefois, rien ne justifierait de copier la structure militaire des sapeurs pompiers pour ce secteur qui réclame plus une organisation routinière très peu hiérarchisée qu'une structure forte adaptée à l'urgence. Les associations qui commencent à occuper ce terrain pourraient tout à fait servir de base à une telle organisation.

  • La solidarité est-elle compatible avec le progrès?

    Depuis au moins 1789 nous sommes devenus une civilisation du progrès. Le progrès est-il compatible avec la solidarité ? C’est une question difficile. Il me semble toutefois qu'à partir du moment où les activités ne sont pas intégrées comme dans les sociétés "primitives", le progrès peut suivre son chemin. Le droit individuel stable est un fort soutien au progrès. Il y a toutefois dans l'idée de progrès la foi dans la perfection, la croyance que la perfection peut être atteinte par la construction humaine. Cet aspect du progrès peut devenir fortement néfaste et destructeur (voir la note sur "l'imperfection comme richesse"). Comme la liberté, le progrès a besoin de modération (de principe de précaution?) pour ne pas finir par s'autodétruire.

  • Domaines et division de l'activité.

    La définition de domaines d'activité résulte de choix faits au cours de l'histoire.

    • On peut donc envisager de modifier le découpage de l'activité.
    • Aucun découpage n'est indiscutable ni parfait.

    On parle en général plus de la division du travail que de la division de l'activité qui a pourtant une portée plus générale pour décrire notre organisation sociale. Il faut sans doute y voir l'importance que le travail revêt à nos yeux. Nous vivons déjà dans un système où l'activité est découpée en domaines qui seront différents suivant les critères retenus. On peut par exemple distinguer le privé du public, le marchand du non marchand, le professionnel de l'amateur, le travail du loisir, le culturel du naturel, le monétaire du non monétaire, l'individuel du collectif, le religieux du laïc, l'éthnique du laïc, le politique de l'administratif etc. Toutes ces catégories ont été élaborées au cours du temps et forment déjà une économie plurielle. Toutefois, le domaine marchand est actuellement en train de s'étendre fortement et on peut se demander si le monde, et nous en même temps, ne serait pas en train de se réduire à une marchandise.

    Les projets actuels d'économie plurielle proposent de découper l'activité différemment afin que l'accès pour chacun à une activité reconnue par la société soit plus facile pour réduire le chômage et aussi pour enrichir (ou ne pas appauvrir) les types d'activité que nous pratiquons. Ils sont actuellement essentiellement tournés contre l'envahissement du capitalisme et pour tenter de redonner un sens à l'activité. Leurs racines sont à découvrir chez Saint-Simon, Fourier, Leroux, Proudhon, et quantité d'autres utopistes du socialisme du 19ème siècle dont la pensée avait été éclipsée par la puissance du rayonnement de Marx. On ne peut oublier Jean-Baptiste André Godin pour la concrétisation de son utopie dans le Familistère qui a fonctionné de 1880 à 1968. Il faut aussi citer Silvio Gessell au 20ème siècle qui inventa avec succès une monnaie fondante locale.

  • L'imperfection comme richesse

    La société zéro défaut nous guette. J'ai même entendu parler de "normose" (pour rappeler et par analogie avec la névrose ou la psychose) pour qualifier le syndrome. La société nazie avait développé ce syndrome de normose très loin en réduisant un handicapé, par exemple, à un coût. Pourtant, tous les dépendants (dont nous faisons tous partie un jour ou l'autre) sont une richesse que je place au coeur de notre société. Ils sont pour tous la chance d'apprendre que nul n'est parfait.

  • La reconnaissance comme source d'énergie.

    Sauf pour les saints, les hommes fonctionnent à une énergie particulière appelée reconnaissance (employé ici dans le sens d'une gratification, un encouragement à notre action, pas dans le sens de la reconnaissance identitaire). Je n’ai rien contre la gratuité, bien au contraire, mais je crois qu’on ne peut compter dessus pour organiser la société. La reconnaissance peut prendre diverses formes. Dans les anciennes sociétés intégrées, le simple regard des autres pouvait suffire à encourager telle ou telle action. Aujourd’hui, l’argent a très bien réussi à dynamiser l’activité là ou les accroissements de productivité ont un sens. La réussite de l’argent est-elle aussi bonne là où les gains de productivité sont insensés, comme partager du temps avec des personnes agées seules ou handicapées? Je crois que non. Voilà pourquoi le projet que je porte vise à développer et soutenir la reconnaissance d’une manière adaptée à notre société des individus. L’oubli de la reconnaissance effective conduit à l’incantation en matière d’innovation sociale. La plupart des propositions d'économie plurielle comptent sur la seule bonne volonté. Il me semble que c'est une erreur très importante qui relègue l'économie plurielle en général et l'économie solidaire en particulier dans les utopies sympathiques et peu dérangeantes.

  • Collectivisme Libéral et société de la connaissance

    Les mots « collectivisme » et « libéral » s’entrechoquent. C’est que nous sommes habités par le modèle soviétique de collectivisme et par le modèle américain de libéralisme. Pourtant il existe des structures collectives libérales, c'est-à-dire ouvertes. Je pense en particulier aux Kibboutz d’Israël. Ces fermes collectives ne sont pas des lieux clos dans un univers collectiviste. Ce sont des collectivités organisées démocratiquement dans un pays démocratique régi par l’économie de marché. Bien entendu, les Kibboutz sont datés et localisés. Au plus fort de leur existence, ils ont compté jusqu’à 6% de la population Israélienne. Aujourd’hui ils représentent moins de 2% de cette société. Il est à noter qu’Israël est le pays qui a eu à intégrer un des plus grand nombre d’immigrants de toute l’histoire.
    Sans vouloir copier les Kibboutz, ils représentent la preuve qu’une organisation collective ouverte peut être efficace sur le plan économique et sur le plan de l’intégration. Une telle structure peut agir à la fois sur l’isolement et sur le chômage.
    Je rêve de voir se développer un mouvement politique collectiviste qui ne soit pas à la recherche de la conquête de l’état et qui n’ait pas la planification de l’économie comme credo. La société de la connaissance qui s’intensifie fera à coup sûr le lit d’innombrables exclus de la connaissance. Or, la connaissance c’est l’autonomie.
    Je rêve de voir un mouvement collectiviste concret, attaché à développer des structures collectives modernes, ouvertes et séduisantes capables d’accueillir les moins autonomes d’entre nous.

    Remarque : le site de la CE sur la société de la connaissance en devenir
    ( http://europa.eu.int/comm/employment_social/knowledge_society/index_fr.htm) fait beaucoup état de la solidarité indispensable qui doit accompagner cette utopie, mais bien malin qui saura y décrypter comment on pourra s’y prendre.

    Copainville, un Foyer de jeunes travailleurs pas comme les autres, un exemple de réalisation de structure collective ouverte et tournée vers l'avenir.

  • La connaissance au service de la solidarité

    Nous serons bientôt dans la "société de la connaissance". C'est du moins ce qui circule dans le monde politique et en particulier à Bruxelles: Société de la connaissance
    Cela veut-il dire que cette connaissance sera mise au service de la solidarité? Rien n'est moins sûr. En effet la connaissance a depuis toujours été une source d'autonomie essentielle. De plus, d'un point de vue démographique, l'Europe a une moyenne d'âge élevée peu propice au renouvellement des connaissances. Il va donc falloir un effort, une volonté particulière pour que cette connaissance soit source de solidarité ("cohésion sociale" selon le jargon bruxellois).
    La connaissance sociologique, la connaissance psychosociale et la connaissance juridique peuvent peut être mises au service de la solidarité par la création de structures collectives modernes et attractives. Les "élites" qui possèdent toutes ces connaissances d'ingénierie sociale peuvent établir au préalable que plus on a de connaissances et moins on a besoin de structures sur lesquelles s'appuyer pour être autonome.
    De même qu'il n'est pas besoin d'être architecte pour habiter efficacement une maison, n'importe qui devrait pouvoir s'appuyer efficacement sur des structures collectives bien construites.
    Voilà une piste de mise de la connaissance au service de la slidarité.