08/06/2009
Socio-démocrate en errance
En plus des préoccupations écologiques que toute démarche politique non suicidaire doit aujourd'hui intégrer (voir le PIBED par exemple ou le ministère de la bonne bouffe), ce que je demande au PS (c'est à dire aux socio-démocrates), c'est de construire un programme clairement socio-démocrate en accord avec le monde actuel (individus, frontières poreuses, forts moyens d'échanges). Les trois principaux points que je souhaite qu'il développe sont les suivants:
- Empêcher les riches de plumer les pauvres et non pas prendre aux riches pour donner aux pauvres. Il s'agit en fait d'interdire les paris sur la variation des prix (spéculation), afin que l'économie se débarasse de l'énorme parasite qu'elle trimballe sur son dos. Je dois à Paul Jorion cette requête et aussi d'avoir très clairement établi la différence entre le libre échange et le parasitisme économique de la spéculation court-terme qui s'abrite derrière l'alibi du libre échange. Permettons au libre-échange d'exister, là ou la concurrence peut être effective, en interdisant les paris sur la variation des prix afin d'évaluer des éventuelles corrections à lui appliquer.
- Promouvoir un régime de retraite par répartition unique basé sur des comptes individuels. C'est le système défendu par Bozio et Piketti dans un petit fascicule du CEPREMAP.
- Opérer un déplacement fiscal massif de l'entreprise vers l'individu afin de se mettre en accord avec la réalité de la société individuelle dont notre révolution était porteuse et qui est devenue une réalité. Il s'agit d'arrêter d'être anti-entreprise (donc pourquoi les pénaliser dans un contexte de mondialisation des échanges) sous prétexte de défendre l'employé et il s'agit de donner toute sa chance à l'initiative. L'impôt se déclinerait en indirect avec une TVA (y compris sociale) , et direct avec l'impôt sur les revenus (tous les revenus, y compris ceux provenant du capital) très progressif, des taxes foncières et des impôts locaux. Le système actuel comporte tellement d'exceptions (les niches) qu'il est temps d'en changer.
En ce qui concerne l'état providence, je milite ici pour qu'il devienne participatif, mais je ne crois pas que les esprits soient encore tout à fait mûrs pour que ce projet puisse être accueilli favorablement et nous pousserons certainement l'expérience désastreuse en cours de marchandisation de l'aide à la personne avant de se pencher sur ce projet (ou pour être plus précis que "marchandisation" et être fidèle à la catégorisation développée dans ce blog, de son développement "productiviste"). Je note toutefois une progression, très modeste, de l'utilisation de l'expression "Etat Providence Participatif" sur le net (ICEA; santé pour tous; auteur inconnu; dossier canadien 2003 qui antériorise l'expression; AIMF 2006; dossier UNESCO de PF)
Faut-il acquérir une connaissance de l'acteur-réseau comme le suggère Y. Rumpala? On peut parier que bon nombre de ceux qui dominent aujourd'hui pratiquent déjà.
21:53 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note













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Commentaires
Mon cher ami,
3 - On supprimerait toutes les niches fiscales (et pas seulement 4 ou 5) et cela reviendrait à doubler l'IR...
On pourrait alors effectivement supprimer l'IS sans rien tooucher à quoique ce soit d'autre...
Pour ce qui est de la fiscalité indirecte, t'en fais pas, la taxe carbonne refait surface : ça va faire "chaud au porte-monnaie" et ça va lever un concert de protestations dans le monde entier, parce que c'est directement assimilable à un droit de douane...
Le problème, c'est que c'est fait pour compenser la réforme de la Taxe professionnelle : personne (même pas les entreprises qui deviendront "collectrices de la taxe" n'en verra donc les "fruits", et même pas les communes...
C'est un peu... "pas banal" !
2 - Promouvoir la retraite par répartition "à unité de compte", c'est une bonne idée, mais n'évitera pas la faillite du système (qui va accuser 20 milliards de déficit sous peu).
Et revient à faire "cotiser plus pour gagner moins"...
Si tu veux pousser les délocalisations des "hauts et moyens revenus", c'et superbe comme idée.
Et ça ne fera qu'accentuer la dégringolade des recettes et, au final, mettre les gens dans la rue.
La bonne idée serait plutôt d'assurer par l'impôt des minimums vieillesses revaloriser au plus démunis et de laisser libre toute autre forme de retraite pour les jeunes (et tout autre qui y trouverait intérêt) : à chacun ses responabilités en somme !
Pour le moment, les "ceux-ce" qui peuvent faire, sont "ceux-ce" qui intègrent des groupes transnationaux... Quand même dommage que ce soit réservé à une minorité qui en a les moyens !
Je t'expliquerai un jour les mécanismes : c'est super et a été mis au point par Athur Andersen, puis Price-Coopers-Whaterhouse.
Enfin, passons !
1 - Interdire la spéculation à court terme, ou la taxer fortement, finalement ça ne concerne que très peu de monde, mais fera disparaître le métier de "banquier d'affaires" : Pas grave, ils iront à Londres ou à Luxembourg...
Conclusion : De bonness idées, mais qui se casseront le nez (et le reste) sur les réalités économiques et financières.
Faudrait plutôt que le PS les prennent en compte et avance sur la "remise au milieu de tout" du facteur humain.
Mais comme je l'expliquerai la semaine prochaine, remettre l'Homme au centre de tout, c'est du gaullisme appliqué.
Je ne pense pas que les socialistes en soient capables...
Je te rassure, depuis que l'UMP et son Président "Bling-bling" a pris d'assaut "le parti" pour devenir atlantiste, libéral à outrance et capitalistique d'Etat, ce ne sont plus non plus des gaullistes...
Ecrit par : L'ignoble | 10/06/2009
Un complément qui commence à susciter des réflexions pour donner des bases à l'action : tracer les réseaux de notre monde pour garder des prises sur celui-ci et aider à (re)construire un projet politique collectif : http://yannickrumpala.wordpress.com/2009/01/04/cartographier-le-contemporain/
Ecrit par : TT | 10/10/2009
Intéressant. Tenter de discerner les "nouveaux" acteurs est en effet indispensable pour comprendre et éventuellement garder prise.
Ecrit par : Michel MARTIN | 16/10/2009
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